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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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« Haï Essanouber» offre des visions mirifiques, paradisiaques, qui n’existent nulle part ailleurs en Algérie". écrivait un chroniqueur en 2012, évoquant l'occupation des résidences d'état par les "nouveaux colons". Lesquels viennent d'être invités à quitter les lieux. "La nature ayant horreur du vide, qui va occuper ce Club des Pins peuplé par un deal très pervers en récompense de la docilité des notables du régime?" s'interroge Chawki Ammari.

La mer est toujours bleue quelque part

Par Chawki Ammari, 18 juin 2019

Une partie des habitants de Club des Pins est à El Harrach, y compris le gérant de la boîte. Du coup, la célèbre station balnéaire s’est vidée, et le reste de ses habitants vient de recevoir une notification pour quitter les lieux, du moins les indus occupants, c’est-à-dire ceux qui n’ont pas de fonction étatique mais qui bénéficient de résidences payées par l’Etat.

La nature ayant horreur du vide, qui va occuper ce Club des Pins peuplé par un deal très pervers en récompense de la docilité des notables du régime ? Première hypothèse, celle de la proximité. Les habitants de Staouéli vont occuper le Club des Pins et comme à l’époque des biens vacants, vont mettre quelques factures à leur nom pour pouvoir ensuite déposer une demande de régularisation.

Deuxième hypothèse, celle de la primauté du militaire sur l’aquatique, les civils ayant échoué à construire une nation et leurs dirigeants en prison, les militaires vont reprendre du service grâce à Ammi Salah, le sauveur, et occuper les résidences de Club des Pins avec l’accord des médias publics qui idolâtrent le chef d’état-major tout comme ils ont idôlatré le précédent Président.

Troisième hypothèse, celle du droit au retour. Haddad, qui vient d’être condamné à seulement 6 mois de prison, va bientôt sortir et réclamer son droit au Club des Pins, c’est lui qui a construit la guérite des gendarmes en faction à l’entrée, tout comme les autres dirigeants qui vont être libérés pour absence de preuves.

Retour à la case départ avec moins d’arrogance quand même, Haddad en maillot et casquette qui ne nage que la nuit. Quatrième hypothèse enfin, la plus probable, le Club des Pins va être ouvert au public, qui pourra bronzer et nager à l’ombre des luxueuses résidences d’Etat.

Mais qui va y habiter ? Au plus offrant, avec des tarifs prohibitifs, au profit de l’EGT-Centre ou à un privé en concession, pour tous ceux qui ont beaucoup d’argent. Il s’agira là de remplacer une oligarchie par une autre. Au fond, qui se soucie des poissons ?

Source : El Watan

Club des pins ou les nouveaux colons de l’Algérie

30 novembre 2012

C’est un autre monde. Ultra sécurisé et ultrachic. Tout est insolent dans cet endroit. Le luxe, la propreté, l’ordre et la loi. Aucun attentat terroriste, aucune bombe n’a touché le secteur. Aucun détritus n’est visible dans les rues.  Ici, c’est le Club des pins et vous n’êtes pas le bienvenu. Il faut un laisser-passer ou un parrain influent pour entrer.  

« Haï Essanouber» offre des visions mirifiques, paradisiaques, qui n’existent nulle part ailleurs en Algérie. C’est un concentré de belles maisons coloniales, des voitures de luxe à foison, des arbres, des palmiers bien entretenus et des fleurs qui débordent sur les trottoirs. Dans ce havre de paix, l’ambiance est sereine rappelant la climat doux et bon enfant, aujourd’hui disparu, que regrettent amèrement les anciens colons de l’Algérie.

Les habitants se sentent en parfaite sécurité. Pas de mendiants, pas de rôdeurs suspects, pas de foules hagardes ou malfamées. Que du beau monde portant des vêtements chic et roulant carrosse qui vit à l’écart du peuple algérien. C’est une bulle de délicatesse et de raffinement urbain au milieu d’une jungle plein de bêtes fauves.

Les habitants du Club des pins ont tout dans leur secteur. Ils peuvent vivre en autarcie et n’ont besoin que de la manne pétrolière qui se trouve dans un autre secteur ultra sécurisé et dont l’accès est également interdit aux Algériens.

Les privilégiés de ce lieu de haut standing appartiennent à la haute société et sont de hauts officiers militaires ou de hauts commis de l’État. Ils commandent le destin de la basse société et gèrent ses richesses à la manière d’un tuteur qui prend en charge un orphelin.

Leurs enfants aussi ressemblent aux enfants des colons. Futures hauts cadres de la nation, ils sont chics, propres, bien habillés et délurés. Ils se permettent tout devant leurs parents. Ils ont de petites amies avec lesquelles ils se promènent bras dessus bras dessous, fument le meilleur tabac et … et… parlent français, s’il vous plait.  Et quand ils entendent quelqu’un parler arabe, ils tiquent.

Certains diront que cette description est excessive, la réalité dépasse l’imagination. L’ENTV de Mohammed Saïd et de Toufik Khelladi est capable de filmer à l’occasion la misère de « la basse société » pour mieux la banaliser, mais elle ne peut montrer l’insolence du landernau de la bourgeoisie républicaine qui se trouve au Club des pins que tonton Bouteflika vient d’en créer une copie flambant neuf au secteur «Les Dunes» selon le journal El Watan.

Source : Elergechergui

 

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