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Publié par Saoudi Abdelaziz

 Mohamed Balhi  est écrivain et journaliste

Mohamed Balhi est écrivain et journaliste

7 juin 2019

Quatre changements perceptibles sont à relever. Il y a l'accessoire et l'essentiel:
 

1- Cette fois-ci le décor a changé, Bensalah, debout derrière un pupitre, lit son texte d’une durée de 10 minutes. Il n’est plus assis et derrière une toile imposante de l'orientaliste Naserddine Dinet. Le mur de céramique à motif floral se veut plus discret.

2- Bensalah n'a pas le physique qu'on lui connaissait : la peau du crâne est à nu et les joues empâtées; effets de la chimiothérapie et des corticoïdes?

Au delà de l'aspect humain pour lequel nous ne pouvons que compatir, un problème pourrait éventuellement se poser: et si, dans sa fonction actuelle, le chef de l'État venait à décéder par qui serait-il remplacé?

Là la Constitution n'est pas muette puisque l'on revient encore une fois à l'article 102: " En cas de conjonction de la démission ou du décès du Président de la République et de la vacance de la Présidence du Conseil de la Nation, pour quelque cause que ce soit, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit et constate à l'unanimité la vacance définitive de la Présidence de la République et l'empêchement du Président du Conseil de la Nation. Dans ce cas, le Président du Conseil constitutionnel assume la charge de Chef de l'État dans les conditions fixées aux alinéas précédents du présent article et à l'article 104 de la Constitution.
Il ne peut être candidat à la Présidence de la République."

Auquel cas, Bensalah sera alors remplacé par le magistrat Kamel Feniche, membre du Conseil constitutionnel depuis 2016.

3- Le chef de l'État n'a pas fermé son jeu, il laisse une feuille de route ouverte, en phase avec le dernier discours du chef d'État-major Ahmed Gaïd Salah. Il ne fixe pas de date précise pour la tenue de l'élection présidentielle. C'est aux civils de se débrouiller pour trouver la bonne formule de sortie de crise.

Là l'armée, en tablant sur le dialogue, ne veut en cas s'apparenter à l'armée du Soudan. Contrairement au Conseil militaire de transition au Soudan, bicéphale ( Abdel Fattah al-Burhane et Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemeti, inféodés à des pays étrangers et impliqués au Yemen), le haut commandement militaire en Algérie parle d'une seule voie et écarte toute interférence étrangère. Les militaires au Soudan ont réprimé les protestataires qui veulent "dégager" l'armée. Ils ont l'appui des islamistes.

Le discours de Bensalah a été précédé par des infos données en exclusivité par la chaine privée Ennahar , selon lesquelles le chef de l'Etat fixerait une feuille de route avec les points suivants: installation d’une commission indépendante chargée des élections constituée de juges et de personnes élues dans toutes les communes, laquelle procédera à son président non issu du sérail et par voie de vote; effacement du ministère de l’Intérieur qui n’aura pas à superviser les élections; date des élections non fixée...

Ballon-sonde?

4- Toujours en phase avec le commandement militaire, Bensalah écarte toute option de Constituante, perçue comme source d'instabilité chronique, et c'est au futur président élu à qui reviendra la charge d'entreprendre les réformes souhaitées par la majorité des Algériens. Il parle de dialogue inclusif, ce qui signifie que celui-ci doit concerner tous les Algériens et non des activistes hypermédiatisés par leurs cercles successifs ( politico-économiques) dans des articles-tracts et qui tentent de confisquer le Hirak pour leur propre compte

Source : Facebook

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