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Publié par Saoudi Abdelaziz

2000 tracteurs Cirta en train de rouiller dans l'indifférence. Photo DR

2000 tracteurs Cirta en train de rouiller dans l'indifférence. Photo DR

Les salariés de l'Etrag du Khroub sont catégoriques : Si le directeur ne quitte pas le complexe, l’usine ne tardera pas à fermer ses portes. "L’Etat a importé en 2018 environ 5000 tracteurs agricoles, alors que nous avons 2000 tracteurs invendus depuis 2016".

Est-ce le seul départ du Pdg règlera le problème? Il faut aller plus loin. Pour s'associer à l'Etrag, le géant américain des tracteurs Massey-Ferguson, dont le “premier tracteur algérien” est sorti fin 2012 de l'usine du Khroub , a exigé la disparition de la marque Cirta 100% algérienne, produits au Khroub. Se pose alors le problèmes de la fourniture de pièces de rechange aux agriculteurs qui, dès 1971, se sont équipés de ces tracteurs.

 

Au déclenchement de la grève le 5 avril dernier Ines Boukhalfa rapportait dans Liberté: "Les grévistes qui s’estiment victimes d’injustice et de hogra, érigées en modèle de gestion par la direction de l’entreprise, se disent prêts à aller jusqu’au bout de leur mouvement, et ce, jusqu’à la satisfaction de leurs revendications dont le départ immédiat du directeur général qu’ils accusent d’être à l’origine de la situation désastreuse qui menace l’avenir de l’entreprise et des travailleurs". 

Si le wali ne vient chez nous, nous irons chez lui...

Après avoir rendu compte du déclenchement de la grève, les médias s'en sont détournés. Les salarié ont donc décidé eux aussi de sortir dans la rue pour exister médiatiquement . Le 12 mai, quittant tôt le matin l’entreprise, ils montent vers le centre-ville de Constantine. Même le bon vieux El Moudjahid rend compte de cette action :

"En grève depuis avril dernier pour dénoncer le mode de gestion de cette entreprise qui a entraîné la «mévente des produits fabriqués depuis 2013», les protestataires ont estimé qu’ «à cette cadence, le complexe risque de fermer ses portes».

Yousra Salem rapporte dans El Watan : "Ils ont traversé avec beaucoup de détermination les artères principales de la ville, en scandant : «Traîtres, vous avez pillé l’entreprise». Selon leurs dires, l’objectif de ce mouvement est de «sauver le peu qui reste de l’Etrag» et dénoncer les dépassements inacceptables de la part du directeur général, Abdelaziz Bendjamaa, dont ils veulent le départ. Ce dernier, ajoutent-ils, exerce, depuis 7 ans, toutes les formes d’abus et de hogra sur les travailleurs pour «dissimuler sa mauvaise gestion».

Après une marche de plus de deux heures et en arrivant à la place Colonel Amirouche, les protestataires ont fait encore une fois face aux éléments de l’ordre de la sûreté de wilaya, qui ont fermé tous les accès qui mènent vers le cabinet de du wali. 

 

 

 

Quelques jour plus tôt, les grévistes avait fermé la RN 5 l’un des principal accès routiers vers Constantine via Khroub, en demandant au wali de Constantine Abdessamie Saidoune de venir enregistrer leurs revendications. Ce représentant de l'Etat refuse de faire le déplacement, estimant « qu’il n’était pas question de se rendre sur le lieu de la grève et parlementer avec les grévistes».  

La politique du pouvoir en matière d'équipement agricole est, comme le reste, la résultante des pressions des groupes d'intérêt. Résultante instable, comme l'indique cet article paru en novembre dernier.

De l’importation déguisée ?

"Le dispositif de soutien « à l’acquisition d’équipements agricoles fabriqués localement » semble encourager de tels projets qui, pour certains, ne sont que de l’importation déguisée et bénéficient principalement à des firmes étrangères.

Selon des sources dans l’ex-Société de gestion des participations  “Equipements industriels et agricoles” (holding publique) citées par El Watan, les nouveaux projets de montage d’équipements agricoles ont sonné le glas pour les unités algériennes spécialisées. Les subventions accordées par le FNDIA, déplorent-elles, bénéficient indirectement à des firmes internationales auxquelles elles permettent d’écouler leur production sur le territoire algérien dans des conditions de profit optimales.

Ces sources ont notamment cité le cas du partenariat entre, d’une part, CMA Sidi Bel Abbès et PMAT Alger et, d’autre part, le Finlandais Sampo-Rosenlew. D’après elles, ce partenariat consiste, en réalité, en “l’assemblage de blocs ramenés dans des containers, en faisant payer une main-d’œuvre locale”.

Un autre article d’El Watan  indique que le géant américain des tracteurs Massey-Ferguson, dont le “premier tracteur algérien” est sorti fin 2012, a exigé la disparition de la marque de tracteurs algériens Cirta fabriqués sous licence de l’Allemand Deutz, ce qui entraîne, pour le moins, des problèmes de fourniture de pièces de rechange aux agriculteurs qui, dès 1971, se sont équipés de ces tracteurs100% algériens.

Les tracteurs algériens de Massey-Ferguson (3.500/an en 2017) sont fabriqués à Oued Hamimine (wilaya de Constantine) par la joint-venture Algerian Tractors Company (ATC) au capital de 100 millions de dollars, dans laquelle l’Entreprise publique économique des tracteurs agricoles (ETRAG), créée en 2009, dispose de 51% des parts contre 49% pour Massey-Ferguson.

Source HuffPost-Algérie

 

  

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