Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo Salah Badis.

Photo Salah Badis.

Par Chawki Ammari, 20 mai 2019

Pendant que tout le monde appelle au dialogue, opposants et partisans, chef de l’Etat et chef d’état-major, sans que personne ne dialogue, la guerre des positions continue sur ce petit espace de quelques mètres carrés devenu le cœur de la bataille.

Tous les jours, les escaliers de la Grande-Poste à Alger sont pris d’assaut, par les étudiants, les manifestants du quotidien et corporations de contestataires, les chercheurs, comptables ou capitaines de bord, mais étrangement jamais par les facteurs. Tous les matins, c’est à celui qui arrivera le plus tôt pour les occuper, par groupes délogés par les policiers surgis après, reconquis ou reperdus en fonction des rapports de force.

A tel point que d’un côté les manifestants dorment sur place, et les pouvoirs publics de l’autre ont imaginé des travaux d’extension à entamer pour pouvoir fermer ces escaliers. Mais pourquoi sont-ils devenus la zone de guerre par excellence, gradins sacrés de la voix populaire ?

D’abord parce qu’ils sont centraux, au pied d’un édifice institutionnel central, situé au centre d’Alger, la ville capitale au centre du pays. Ensuite, parce ces escaliers représentent le point le plus haut de la zone de marche. Et après ? Après, rien, un escalier ça monte et ça descend, et si le hirak perd ces escaliers, il pourra toujours en gagner d’autres, ce n’est pas ce qui manque à Alger.

Sauf que les lâcher représenterait un abandon de la lutte et un repositionnement sur les options du régime, qui compte beaucoup sur l’essoufflement.

Du coup, dans cette guérilla urbaine, on a oublié la fonction de la Grande-Poste, qui est d’envoyer des lettres. Mais Bouteflika étant parti, plus personne n’envoie de lettre, il serait utile de reconvertir ce bel édifice plus tard en musée du hirak et de la Révolution joyeuse. Et même y trouver une petite place à l’intérieur pour le FLN, qui doit finir au musée, revendication fondamentale du mouvement, toujours pas exaucée. Un musée avec des portes fermées bien sûr, pour éviter qu’il ne ressorte.

Source : El Watan

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article