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Publié par Saoudi Abdelaziz

Après la mise en cause judiciaire d'oligarques, le patronat algérien vit un "stress ascendant" selon Ihsan El Kadi le directeur du site Maghreb Emergent. Il indique  :  "Les budgets dédiés à la publicité pour ce mois de Ramadhan 2019 sont là pour témoigner du refroidissement de la conjoncture". Il met en garde les annonceurs : "Des consommateurs algériens émergents vont introduire des normes éthiques dans leur choix de produits".

Extrait de la Semaine éco d'Ihsan El Kadi, publiée ce matin dans El Watan

 

 

(...)

"Les entreprises sont en train de passer en mode attente. Les budgets dédiés à la publicité pour ce mois de Ramadhan 2019 sont là pour témoigner du refroidissement de la conjoncture. Les agences médias ont vu fondre les bons de commande en production de supports. Tandis que les chaînes de télévision ne retrouvent pas les volumes d’écrans publicitaires de l’année dernière. Seules les marques les plus exposées à la concurrence, en particulier durant le mois de la surconsommation alimentaire, qui se trouve être le mois du jeûne, ont encore fait quelques efforts pour ne pas devenir trop discrètes.

(...)

Le business est donc en train de rentrer en Algérie dans un territoire gris, où les bonnes anticipations ne sont pas certaines de compenser les pertes des plans de charge. C’est sans doute l’occasion pour les marques de réfléchir à leur positionnement image dans l’Algérie nouvelle qui va émerger dans les prochaines années. Il existe de trop nombreuses enseignes qui ont lié leur image à celle de l’adulation du système Bouteflika. Tout le monde ne s’en souvient sans doute pas, cette chronique a fait un calcul en mars 2009 pour montrer que le soutien à Bouteflika pouvait être contre-productif.

Il s’agissait de la campagne électorale pour le 3e mandat du Président déchu. Une enseigne distribuant en Algérie les marques du groupe Volkswagen avait affiché en tifo géant le portrait d’Abdelaziz Bouteflika sur toute la hauteur de l’immeuble de sa concession de l’autoroute du Sahel Dély Ibrahim-Zéralda. J’étais alors en phase d’achat d’un véhicule neuf à ce moment-là. Et j’ai exclu d’acheter une des marques de ce distributeur à cause de son outrageant zèle à soutenir un viol constitutionnel qui rendait possible l’extension de la présidence à vie.

J’ai tenté de calculer le nombre de consommateurs qui pourraient faire le même arbitrage que moi et à le rapporter à ceux qui achèteraient un véhicule du groupe allemand par sympathie avec le positionnement politique pro-pouvoir de son distributeur algérien. Le tifo géant de Bouteflika s’avérait, selon ce calcul, plutôt contre-productif sur un plan commercial. Aujourd’hui, le fait d’avoir été une marque «cachir» à l’odeur prononcée pourrait bien avoir une incidence marketing. Des consommateurs algériens émergents vont introduire des normes éthiques dans leur choix de produits.

C’est une tendance mondiale. Elle va arriver en Algérie plus vite que prévu. C’est la couleur de la rue algérienne depuis le 22 février qui nous l’annonce. De même que les consommateurs ailleurs dans les pays avancés préfèrent de plus en plus les circuits courts pour les produits alimentaires, les Algériens feront sans doute plus attention à l’origine des fortunes qui font les produits algériens qu’on leur proposera dans un environnement qui deviendra plus concurrentiel. Et là, les fortunes de circuit court, boostées par l’alliance politique avec le clan présidentiel seraient, à l’inverse des produits alimentaires, un handicap.

Texte intégral : El Watan

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