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Publié par Saoudi Abdelaziz

En décembre 2108, le journaliste El Kadi Ihsan, éditeur du site économique néolibéral Maghreb Emergent s'était placé au premier rang des pronostiqueurs sur la succession de Bouteflika. Après le déclenchement inattendu du Hirak, qu'il a expliqué par le fait que le régime était désormais incapable d'acheter la paix sociale, il a exercé avec assurance le rôle d'homme d'influence pour vendre la transition. Grosse déception ce matin, les pièces maîtresses tombent à l'eau. Comme en 2014, lorsqu'il nous assurait qu'il n'y aurait pas de 4è mandat. Avec honnêteté il reconnaissait alors* : « En deux occasions, j’ai pronostiqué le ravalement du système politique algérien sans Abdelaziz Bouteflika à partir d’avril 2014. Ecrits basés sur des sources d’information sérieuses. Erreur complète. Excuses intégrales »

 

Voilà l'échiquier de la succession de bouteflika présenté le 8 décembre 2018

"Dans le contexte des deux dernières années, l’agenda de Mohamed Mediene dit Toufik,  est moins occupé par les chicanes à mettre sur la route des Bouteflika que par le projet de prendre une revanche opérationnelle sur son propre rival le général Gaïd Salah artisan en chef de sa déchéance puis de sa chute en septembre 2015. Saïd Bouteflika a encore une chance de retomber sur ses pieds en cas de banqueroute déclarée au tribunal du commerce de son projet de faire réélire son frère président.

Elle consiste à prendre les devants d’une solution politique portant d’abord l’assentiment de la classe politique et en arrière plan de « l’Etat profond » Cette « solution » opératoire ressemble furieusement à la proposition de « conférence nationale » proposée par Amar Ghoul. Elle a porte également l’ADN de la maison DRS, version Toufik, le compagnon de football du président de TAJ.

Pour les raisons déjà évoquées, Saïd Bouteflika ne peut pas s’avancer le premier et suggérer un candidat soutenu par sa maison. Il peut par contre dissimuler sa démarche dans un processus sophistiqué qui passerait d’abord par l’adoption d’un pacte politique commun avec l’opposition ou une partie de l’opposition, avant d’abattre la carte de l’incarnation politique de la conduite de ce pacte. Il a besoin de s’appuyer « sur le réseau » de Toufik et de son « ingénierie » pour réussir une telle opération et espérer résister au véto du chef d’Etat major."(...)

Le 3 mars 2019 la pièce ayant été interrompue par le départ de deux ou trois acteurs principaux, c'est avec amertume  qu'El Kadi Ihsan écrit après l'ultimatum donné aux gardiens du chef de l'Etat de quitter Zeralda et El Mouradia.

"Le chef d’Etat major a voulu anticiper des décisions de dernières minutes du président Bouteflika et de son entourage qui auraient voulu mettre entre les mains de Liamine Zeroual et d’autres personnalités la gestion d’une transition démocratique. C’est ce que révèle le communiqué de l’ancien président de la république qui reconnaît qu’il a bien reçu une proposition pour « présider une instance chargée de la conduite de la transition » ajoutant dans son message « Il m’a confirmé que cette proposition avait été faite en accord avec Saïd Bouteflika, conseiller à la présidence de la République ». 

Le fait que cela soit le général à la retraite Mohamed Mediene, dit Toufik, qui ait transmis cette proposition est aux yeux de son farouche adversaire, Ahmed Gaïd Salah, une circonstance aggravante, qui ne doit pas faire perdre de vue l’essentiel dans l’analyse. Les Bouteflika tentaient de « racheter leurs âmes » en accédant à la principale revendication du mouvement après celle de leur départ: remettre les clés de la transition à des personnalités validées par le peuple.(...).

 

*Rapportant ces excuses d'El Kadi Ihsan, je citais sur mon blog le génial Baltasar Gracian qui dans le Criticon expliquait en 1651 ce qu’est le pouvoir:

« Un chaos de la raison d’Etat. Tous les politiques courent de cette façon, à l’inverse des autres ; ainsi procèdent-ils pour dérouter l’attention d’autrui, pour confondre les raisonnements. Ils ne voudraient pas que par leurs traces l’on puisse suivre les fins auxquelles ils tendent ; ils montrent un côté et donnent dans l’autre ; ils publient une chose et en exécutent une autre ; pour dire non ils disent oui ; toujours au contraire, occultant leurs desseins par des signes opposés ».

 

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