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Publié par Saoudi Abdelaziz

Une des images que fabriquent les stratèges de la tension contre le Hirak. Photo DR

Une des images que fabriquent les stratèges de la tension contre le Hirak. Photo DR

L'occupation massive hebdomadaire de l'espace public est un phénomène désormais difficilement répressible. Le peuple est redevenu un corps vivant, aux voix innombrables  capables de faire symphonie. Et pour se protéger, il a choisi la solution de rester nombreux et groupés, de ne pas s'aventurer dans des petits groupes vulnérables. Aujourd'hui, les francs tireurs avant gardistes alimentent les manoeuvres des stratèges de la tension visant à isoler le Hirak.

L'instinct social

Nous sommes en voie de confirmer les potentialités décrites par Fernando Pessoa, cet écrivain original qui fut au  début du 20è siècle le principal agent du surgissement de la modernité au Portugal colonialiste et arriéré. Il écrivait: 

« Mais il n’y a qu’une seule chose qui puisse faire sentir à celui qui gouverne qu’il ne peut abuser, c’est la présence sensible, presque corporelle, d’une opinion publique directe, spontanée, unie, organique, dont dispose tout peuple sain en vertu de l’instinct social qui en fait un peuple".

"Candeur infantile"

Makhlouf Mehenni écrit dans TSA ce matin (1) : "le mouvement a pris une telle ampleur qu’il relèverait d’une candeur infantile que de penser pouvoir le mater en faisant appel à la machine répressive du pouvoir, quand bien même elle est anormalement fournie en hommes et en matériel". Il poursuit : "Ce samedi 13 avril "les Bécharis ont tenté d’empêcher une délégation de trois ministres conduite par celui de l’Intérieur de mettre les pieds dans leur ville. « On ne veut pas chez nous d’un membre d’un gouvernement rejeté par le peuple », ont-ils signifié. Plus tard dans journée, les habitants d’El Abadla ont carrément chassé la délégation de trois ministres. Le geste est plus que significatif à l’adresse du pouvoir, il s’agit d’une réponse à son escalade de vendredi, d’un message qui n’a pas deux significations : le peuple a opté exclusivement pour les marches pacifiques mais il a d’autres cartes sous la manche qu’il utilisera au moment opportun".

"Ce n'est pas un défoulement"

Kharroubi Habib note dans Le Quotidien d'Oran (2) : "Après huit semaines d'une contestation qui a certes obtenu le renoncement au cinquième mandat, la démission du président qui en a été le postulant et a sapé les fondements du régime qu'il a incarné, le mouvement citoyen se doit d'envisager d'autres démonstrations de force que les marches du vendredi. Seul moyen pour lui d'établir ce rapport de force qui ferait échec à la contre-révolution se profilant derrière la transition constitutionnelle enclenchée par les tenants du régime. Tout ce qui apparaîtrait envisageable pour ce faire au mouvement citoyen est soumis à la seule condition que cela se fasse tout aussi pacifiquement que le sont les marches du vendredi. La « révolution du sourire» doit continuer mais en faisant comprendre qu'elle n'a rien d'un défoulement populaire qui finirait par s'éteindre sans que les revendications qui sont les siennes soient satisfaites.

NOTES

(1) Le pouvoir face au piège de son escalade

(2)Les limites des marches du vendredi

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