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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Dans sa nouvelle analyse parue ce matin dans El Watan, sous le titre "Impasses, menaces et issues" Mouloud Hamrouche  s'efforce de mettre en perspective les événements actuels

Mouloud Hamrouche fut dans sa jeunesse un brillant instructeur des forces spéciales de l'ANP, avant d'être affecté à la présidence de la République sous Boumediene puis sous Chadli.

Diplômé universitaire pour ses travaux sur les questions militaires, il est chargé d'initier à partir de la présidence, au milieu des années 80, une réflexion sur les "réformes " en y associant des cadres de l'économie.

Un an après la révolte d'octobre 1988, nommé Premier ministre par Chadli il entreprend d'appliquer ces "réformes" combinant normes d'économie de marché, désétatisation du secteur économique public, encouragement à la création de journaux privés, pluralisme politique. Au cours de la décennie noire il a soutenu, avec Mehri et Aît Ahmed, un compromis avec le FIS pour mettre fin à la Fitna. Candidat à la présidence en 1999, il se retira de la course avec les autres candidats, tant était évident l'engagement inadmissible de l'ANP, de l'administration et des médias publics en faveur de Bouteflika. Depuis, périodiquement sous titre "Hamrouche sort de son silence", ses tribunes-analyses sont publiées à des moments particuliers de crise, entretenant, à tord ou à raison, la légende de l'homme providentiel.

 

EXTRAITS (sous titres du blog)

Le Hirak

"Cet impressionnant mouvement est une révolte pacifique et austère contre le système. Ce mouvement qui a investi toutes nos villes et tous nos villages a mis à nu des ambiguïtés graves et offert dans le même temps à l’armée et aux partis des possibilités certaines. Ce mouvement du peuple attend d’eux des perspectives prometteuses avant qu’il ne s’estompe ou sombre dans des violences primaires. Par son ampleur unitaire, le mouvement a évité à l’armée d’intervenir et de garder sa cohésion intacte. Ensuite avec l’évolution de la situation au sein du sérail, l’armée a pris naturellement et formellement position avec le peuple. Ce qui lui permet de ne pas être en contradiction avec son statut d’armée nationale et de ne pas être une cible fragile à détruire par d’autres puissances étatiques étrangères, particulièrement méditerranéennes ou de l’OTAN, à l’instar de celles de l’Irak, de la Libye et de la Syrie".

L'ANP

"Seules des armées nationales soumises à contrôle institutionnel et constitutionnel et assujetties à l’obligation de l’Etat et à son contrôle ont un droit d’exister et d’établir des relations internationales et être intégrées dans le système mondial de paix, de maintien de l’ordre et de stabilisation régionale".

"Il faut considérer que le commandement en rejoignant le peuple dans ses revendications légitimes a su sauvegarder le statut national de l’armée. Il lui reste à contribuer au parachèvement de l’édification de l’Etat national par la mise en place d’une Constitution et d’institutions de vrais pouvoirs d’autorisations, de régulations, d’habilitations et de contrôles. Cela mettra l’armée définitivement à l’abri des conflits politiques partisans, permettra de servir de base politique au gouvernement ou d’être un outil entre les mains d’un omnipotent."

Les garanties pour le vote

"Des habitudes et des pratiques de fraude enracinées constituent le soubassement du système algérien. La cooptation et la délégation de l’exercice du pouvoir lui permettent de s’adapter, survivre aux hommes et à ses crises de régénérescence. Les rouages des pouvoirs sont plus disciplinés vis-à-vis des réseaux d’allégeance et d’obédience. Ils ne changeront leurs habitudes que sous la contrainte de la loi et le contrôle de dûment représentants du peuple. Une opération électorale, par exemple, ne débouchera pas sur des garanties de fidélité ni d’efficacité, tant que la norme légale de vérification et de contrôle n’oblige pas au respect des engagements avec l’aide de vrais contre-pouvoirs et de vraies voies de recours. Car, le système sera sensible plus facilement aux soutiens et approbations des réseaux qu’à des forces politiques fragilisées ou soumises à de fortes pressions ou des offres difficiles à refuser."

"Quels seraient les garanties et les engagements que le hirak et ses animateurs viseraient et accepteraient comme préalables pour se prémunir contre toutes sortes de subterfuges, manipulations et de tergiversations ?

Vigilance

"Les semaines à venir seront critiques et décisives pour démontrer si les élites politiques seront capables d’aller de l’avant en mettant à l’abri l’Etat et l’armée par le développement de vrais instruments et mécanismes d’une démocratie gouvernante et d’un vrai contrôle par de vraies institutions et de vrais élus.

L’absence de vigilance et le manque de discernement ont été des failles à partir desquelles toutes les stratégies de déstabilisation, toutes les actions d’instrumentation et toutes les politiques de régression ont été charpentées et menées.

La question n’est pas de savoir qui détient aujourd’hui plus de capacité, suffisamment d’intelligibilité et de ressort pour sauver le pays et son armée, mais comment contribuer à canaliser cette vitalité et ce génie d’un peuple puissant par sa jeunesse et par son émigration, en Europe et par le monde, qui tient à faire aboutir son projet «Algérie» !

Texte intégral : El Watan

 

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