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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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La rupture demandée par les Algériens doit être rapide pour ce qui est des revendications immédiatement réalisables. Concernant la corruption, des juges algériens sont capables de faire leur travail, et les charges sérieuses existent déjà.  Les dossiers de la Cour des comptes et ceux de l'Inspection générale des finances, jusqu'ici cachés dans les tiroirs, doivent être enfin donnés aux juges.

Comme l'a confirmé hier son président  Abdelmalek Benmaarouf, la Cour des Comptes, a produit et publié des rapports des dossiers sérieux sur le fonctionnement de l'économie et sur la corruption. Enquêtes passés jusqu'ici sous silence, depuis des décennies, y compris dans la presse "indépendante".

Aujourd'hui, des journalistes relaient souvent la démarche pseudo rationnelle de ténors transitionnistes qui consiste à laisser en suspend le dossier de la corruption en attendant la fin d'une période de transition plus ou moins longue. Les poursuites judiciaires en cours seraient alors inopportunes, voire des règlements de comptes. "Un renversement des priorités", selon une journaliste qui, depuis une décennie, était spécialisée dans les sujets sensibles grâce à ses "sources" dans le sérail. Son journal, le Quotidien d'Oran titre d'ailleurs : "Un justice instrumentalisée."

Un extrait de son article confirme pourtant l'urgence de débloquer l'action judiciaire  sans attendre la fin d'une "transition politique" pendant laquelle la justice suspend son cours.  Le reste de l'article,  sont des analyses hasardeuses sur les dessous des affaires liées à Sonatrach, que l'on peut trouver sur les posts de comptoir de Facebook. Avec une sorte de plaidoyer en faveur du Pdg déchu de Sonatrach.

Ghania Oukazi écrit notamment:

"Les pressions de l'institution militaire ont fait réagir une justice qui excelle ces jours-ci en matière de traitement «rapide et efficace» de dossiers de corruption, objets de discussions populaires courantes depuis de longues années. Les propos que le président de la Cour des comptes a tenus hier confirment que la justice a été destinataire «en sus de son rapport annuel, de plusieurs dossiers constitués sur la base d'enquêtes menées par la Cour», a-t-il affirmé.

Abdelmalek Benmaarouf est venu ainsi mettre au grand jour un état de fait auquel le parquet d'Alger ne fera jamais allusion. Le président de la Cour des comptes regrette que le rapport établi par les magistrats de l'institution qu'il gère n'a jamais été rendu public. Rapport tout autant que ceux élaborés par l'IGF (Inspection général des finances) qui ont toujours été mis dans les tiroirs au su de toutes les institutions habilitées à leur donner une suite concrète.

L'on rappelle qu'au début des années 2000, l'IGF a ficelé un lourd dossier de corruption à charge du désormais ex-patron des résidences d'Etat Sahel. Dossier où il était fait état d'infractions scandaleuses aux lois et aux règles de la République. Elles ont été confortées par une requête présentée par Wahid Bouabdallah alors député FLN.

Ce qui paraissait étonnant à cette période, aucune institution ni aucun média, fût-il considéré comme étant le plus libre, n'a eu le courage de les rendre publics. Hamid Melzi était intouchable et narguait même ceux qui osaient lui faire le moindre reproche.

Aujourd'hui, son limogeage est signé par Abdelkader Bensalah à qui il reste à peine deux mois pour quitter son poste de chef d'Etat. Tout le monde pensait que Bensalah n'avait aucune prérogative que celle de garder ouverte la porte de la présidence de la République à qui accepterait bien de dialoguer avec lui. Or, il se retrouve à limoger et à nommer de hauts cadres. Retenu et chargé de préparer les conditions nécessaires pour la tenue des élections présidentielles qu'il a annoncée pour le 4 juillet prochain, Bensalah devient «l'institution» par laquelle l'état-major militaire fait tomber des têtes considérées comme inaccessibles auparavant.

Il semble avoir été chargé de lever le moindre indice d'immunité que pourraient détenir des haut responsables et ce, en vue de permettre qu'ils soient déferlés devant le parquet."

 

Texte intégral : Le Quotidien d'Oran

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Tabet 01/08/2019 21:53

Excellent travail bon courage