Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

Par Saoudi Abdelaziz, 17 mars 2012

Reda Hamiani, le patron des patrons, continue de nous ensorceler par ses formules magiques. Il dit : « Le pétrole est un voile qu’il faut lever ». En langage chiite, le bâtin qui est caché derrière ce voile, c’est tout simplement, en substance, la vérité suivante : « Donnez cet argent aux entreprises, eux ils sauront le faire prospérer ».  

 

Privatiser la rente, voilà donc la bonne formule!

Le problème c’est que la rente est déjà largement privatisée. Ainsi, c’est bien par des entreprises que passent toutes les activités d’importation qui pompent l’essentiel de nos ressources financières, influent et parfois dictent la conduite de l’Etat, empêchant tout effort d’industrialisation sérieux.

Cette activité compradore est la source principale de cash des conglomérats, ces groupes multi-secteurs qui tiennent le haut du pavé en Algérie, cultivant un « voile » productif, comme le concessionnaire Cevital qui conditionne de l’huile brute importée, activité concédée délibérément par les Européens.

C’est aussi, par exemple, avec l’argent de la rente pétrolière exporté que les entreprises privées hôtelières françaises modernisent et développent leurs capacités au service du tourisme français. De l’argent bien placé et qui rapporte gros.

Cette logique du profit compradore reste dominante. Elle marque toutes les structures de l’Etat, elle pénètre profondément jusqu’aux dépendances bancaires et administratives du crédit pour le détourner de l’encouragement à production. C’est une logique qui s’impose et pas forcément une question d’honnêteté. Cette logique a même saisi, quasi naturellement, les entreprises publiques privatisées où sauf exceptions, le désinvestissement productif est devenu la règle.

Cette logique est le principal obstacle au développement et à l’emploi. C’est le voile qu’il faut déchirer. Il ne fait plus de doute que le salut est dans une inversion radicale de tendance, qui exige un programme économique de rupture.

Dans son éditorial ce matin, K. Selim invite M. Hamiani à « faire de la politique ». Il écrit : « Cette administration, qui, au fil des ans, s'est transformée en hydre bureaucratique, est l'un des principaux obstacles à la mise en œuvre de tout programme digne de ce nom. Elle est la vraie base du système de la rente et le reflet clinique du fait qu'il a sabordé l'Etat en pulvérisant tous les seuils d'incompétence ». Le Quotidien d’Oran

Mais s’agit-il vraiment d’une incompétence bureaucratique incontrôlée ? L’irrationnalité primitive de l’activité compradore a besoin de la bêtise bureaucratique à front de taureau. C’est « normal », dirait l’auteur de Omar Gatlatou.

Le condjador qui n’aime pas l’avidité bureaucratique sera sans doute content d’apprendre qu’on a quand même épinglé deux racketteurs à Sidi-Bel-Abbès. Les deux bureaucrates voulaient leur part sur le crédit pour un véhicule importé.

Cela fera t-il trembler les sièges sous les fesses des bureaucrates ? Le piège a été tendu par la DGSN, nous apprend sa cellule de communication, mais, comme nous sommes entrés depuis bien longtemps dans l’ère du soupçon, on se dit par une sorte de réflexe : c’est pour bien se faire voir avant les élections.

Terminons donc, dans la foulée, par cette invitation présidentielle : « Le patriotisme authentique est synonyme de bonne citoyenneté qui doit prendre forme dans le comportement exemplaire de tous les membres de la société mais également dans leur engagement à assumer leurs responsabilités, accomplir au mieux leur devoir national et exercer pleinement leur droit constitutionnel à travers leur participation massive aux prochaines échéances électorales, à commencer par les élections législatives ». (APS)

Nous sommes entrés dans l’ère du soupçon, Monsieur le Président.

 

Article original : Algérie-infos

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article