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Publié par Saoudi Abdelaziz

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Après son appel du 29 janvier où il appelait à "Un changement structurel de système, dans les plus brefs délais", le collectif des Jeunes engagés rejette aujourd'hui "la énième ruse du pouvoir". "Les Algérien(ne)s refusent les vieilles solutions et veulent que l’avenir de l’Algérie soit décidée par les citoyens et non par le régime" affirme-t-il. Les Jeunes engagés  veulent "la mise en place d’un processus constituant".

 

Citoyennes, Citoyens,

Le Président Abdelaziz Bouteflika vient d’annoncer son intention de retirer sa candidature et de reporter les élections présidentielles prévues en avril 2019.

Nous, membres du Collectif des Jeunes Engagés, rejetons catégoriquement cette solution. Nous exigeons l’annulation immédiate des élections présidentielles, le départ du régime actuel dans les plus brefs délais, et la mise en place d’un processus constituant.

Le report des élections présidentielles et la réalisation d’une conférence nationale sont une énième ruse du Pouvoir pour prolonger le 4ème mandat et maintenir le statu quo. L’option du “report” ne donne aucune garantie sur la date de fin de mandat du Président Bouteflika, ni sur un changement de système.

Bien au contraire, elle permet au pouvoir de se perpétuer dans l’irrespect de la volonté du peuple algérien. Pire encore, le régime tente de s’accaparer des idéaux du mouvement populaire en aggravant la crise politique actuelle. Les Algérien(ne)s refusent les vieilles solutions et veulent que l’avenir de l’Algérie soit décidée par les citoyens et non pas le régime.

Nous, membres du Collectif des Jeunes Engagés, appelons à une rupture radicale avec le système.

Ceci passe inéluctablement par l’annulation – et non pas le report – des élections, mais surtout, par la mise en place d’une assemblée constituante et d’un gouvernement de transition mené par une personnalité consensuelle et légitime, à même de garantir les revendications du peuple algérien.

Restons mobilisés ! Refusons l’agenda du régime et continuons à défendre une rupture radicale, celle qui concrétise un État de droit et une démocratie authentique.

Par le Collectif des Jeunes Engagés, 12 mars 2019

 

Le 29 janvier 2019, avant  le début des manifestations de rue, la presse avait publié un texte de ce collectif de  25 jeunes Algériens qui lançait un appel à tous les jeunes algériens à agir pour des "ruptures radicales".

Appel des jeunes engagés pour l’Algérie

Nous, jeunes citoyens engagés, signataires de la présente lettre, sommes profondément inquiets pour l’avenir de notre pays.

À la veille d’une échéance politique importante, la prolongation du statu quo constitue un réel danger pour l’Algérie. Un changement structurel de système est nécessaire, dans les plus brefs délais.

Cet appel est un cri de colère et d’espoir qui doit interpeller toutes les Algériennes et tous les Algériens sur la nécessité de prendre leur destin en main.

Notre pays s’enlise dans une crise multidimensionnelle. Les jeunes, qui représentent 70% de la population, sont les premiers à en souffrir. Le chômage touche plus d’un jeune sur trois. La politique économique paupérise les citoyens. Les inégalités se creusent. La harga et la fuite des cerveaux augmentent d’une manière spectaculaire. La corruption et la généralisation de la hogra affaiblissent la confiance des citoyens envers la chose publique. Le malaise économique, social et culturel, aggravé par une paralysie politique destructrice, est visible à tous les niveaux.

Sur le plan international, l’Algérie, autrefois symbole de résistance et de grandeur, est devenue inaudible et porteuse d’une image indigne de son histoire.

Dans ce contexte alarmant, nous, jeunes citoyens engagés, avons la profonde conviction qu’il est indispensable et salutaire d’entendre l’exigence de liberté, de justice et de dignité des citoyens algériens.

Le changement passe par des ruptures inévitables.

Notre société est en mesure de prendre son destin en main et de construire son pays dans la paix et la sécurité. L’heure est à l’émergence des forces vives et positives, piliers d’une Algérie démocratique, moderne et prospère.

Nous, jeunes citoyens engagés, sommes aussi conscients que notre génération doit assumer ses responsabilités et faire face aux innombrables défis de demain tels que la transition énergétique, la croissance démographique, le retard scientifique et technologique, et le réchauffement climatique pour ne nommer que celà.

Le compte à rebours est bien avancé. Chaque jour d’immobilisme est un temps perdu pour notre pays.

À la jeunesse algérienne,

Il est primordial de croire qu’un avenir autre est possible. Face au désespoir et au désarroi ambiant, nous ne devons pas abdiquer. Il nous faut redoubler d’efforts citoyens, d’engagements politiques, et faire converger nos forces pour bâtir l’Algérie de demain.

Malgré les innombrables restrictions, beaucoup de jeunes, vivants en Algérie ou à l’étranger, évoluent déjà au sein de leurs propres espaces d’expression et de création. En assumant leurs droits et leurs devoirs citoyens, ils savent pertinemment que le changement est un projet collectif, essentiel pour le pays et les générations futures.

À ceux qui gouvernent l’Algérie,

Renoncez au statu quo qui nous condamne dans une infernale fuite en avant. Écoutez la voix des jeunes et des citoyens qui auront à construire l’Algérie de demain.

À toutes les Algériennes et à tous les Algériens,

Ayons le courage d’ouvrir un nouveau chapitre de notre histoire nationale, celui de l’État de droit et de la démocratie.

Algérie, 29 janvier 2019

 

Les Signataires

- Lynda Abbou, journaliste

- Yanis Adjlia, activiste

- Fouzi Beggah, docteur en pharmacie

- Okba Bellabas, avocat

- Zakaria Benlahrech, avocat

- Kahina Bouchefa, psychologue et professionnelle en enseignement supérieur

- Yasmine Bouchene, journaliste

- Adel Boucherguine, journaliste

- Mohamed Nadjib Boukersi, docteur en pharmacie

- Lamia Saad Bouzid, activiste politique

- Mehdi Brahimi, data scientist, docteur en ingénierie

- Amina Afaf Chaieb, cheffe d’entreprise et activiste politique

- Mehdi Cherifi, citoyen algérien

- Islam Amine Derradji, politiste et chercheur-universitaire

- Tin Hinan El Kadi, chercheuse en sciences sociales

- Raouf Farrah, analyste politique et chercheur-universitaire

- Mehdi Hachid, artiste visuel et ingénieur en communication - Mohand Hadadou, animateur associatif et militant politique

- Abdel Moumene Khelil, défenseur des droits de l’Homme

- Amine Labter, journaliste - Slimane Mouh, défenseur des droits de l’Homme

- Aissa Rahmoune, avocat et défenseur des droits de l’Homme

- Abderrahmane Salah, avocat - Madjid Serrah, blogueur et militant associatif

- Yasmine Tafat, Chef de Projet Clinique International

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