Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

La taxe additionnelle (DAPS) sur l'importation de la tomate industrielle n'est pas de 200% comme prévu. Les importateurs du Triple concentré de tomate ont exercé leur lobbying avec succès. Le ministère du commerce revoit sa copie et descend à 120%. "C’est un coup de poignard dans le dos de cette filière qui emploie des milliers de personnes et qui sera enterrée cette année» affirme un producteur.

La presse s'était fait l'écho de la grave crise provoquée par l’excès d’importation du triple concentré de tomate qui est passée de 30 000 tonnes en 2011 à 130 000 tonnes actuellement. Le directeur général de la régulation et de l’organisation des activités au ministère du Commerce, Aissa Bekai, avait alors affirmé que la prochaine mise en œuvre du dispositif du droit additionnel provisoire de sauvegarde (DAPS), qui vise à décourager l’importation de marchandises déjà produites localement, devrait protéger la production nationale.

Douche froide

De fait, après le temps de l’euphorie, transformateurs et producteurs viennent de subir, à leurs dépens, une douche froide. Daoud Allam rapporte ce matin dans Le Soir d'Algérie le vif mécontentement des professionnels de la filière. Le fameux DAPS appliqué à l’importation du triple concentré de tomate (TCT), est de 120% au lieu des 200% annoncés en grande pompe par les autorités.

Interrogés, des transformateurs de la région d’El Tarf, estiment que «les grands importateurs du TCT ont exercé un véritable lobbying pour pousser le ministère du commerce à revoir sa copie. Le taux reste en faveur des deux grands importateurs ayant pignon sur rue.
Le transfert des devises continuera de plus belle et l’importation de fûts de TCE va reprendre avec une cadence, encore, plus soutenue. C’est un coup de poignard dans le dos de cette filière qui emploie des milliers de personnes et qui sera enterrée cette année».

Pour leur part, des producteurs qui ont voulu garder l’anonymat ont soutenu, imperturbables, que «dans le cas où le ministre n’augmenterait pas le taux de la DAPS, nous serons contraints de changer de culture. Aucun hectare ne sera réservé à la tomate industrielle. La production nationale est suffisante pour le marché local et même pour l’exportation. La décision de 120% est insuffisante, antiéconomique et un non-sens. Le plus judicieux est d’interdire, carrément, l’importation de DCT et TCT». Les 7 000 hectares de tomates industrielles prévus dans la wilaya d’El Tarf, pour l’actuelle campagne, ne seront qu’une vue de l’esprit, une chimère.
Le pouvoir de l’argent a eu son dernier mot sur celui de la raison économique et l’intérêt national.

 

Lire aussi : La tomate algérienne face à l'Empire de l'Or rouge

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article