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Publié par Saoudi Abdelaziz

Mme Assoul et son parti UCP ont décidé de soutenir Ali Ghediri. Photo DR

Mme Assoul et son parti UCP ont décidé de soutenir Ali Ghediri. Photo DR


Article publié dans El Watan, le 6 mars 2015

«J'ai choisi le métier de magistrat car c'est moi qui décide. Je n'aime être soumise qu'à ma conscience et à la loi.» Zoubida Assoul n'est pas femme à se laisser marcher sur les pieds.

Elle l'a prouvé en faisant le buzz, en décembre dernier, lors d'une émission sur Echourouk TV, face à Madani Mezrag, lui rappelant ce que disent les textes sur les termes de la réconciliation nationale.

«Il était très tendu, limite agressif, et je voulais que les Algériens voient son vrai visage», raconte-t-elle. En avril 2014, elle a déposé plainte contre Abdelmalek Sellal lorsque ses propos sur les Chaouis («Les Chaouis sauf votre respect», ndlr) avaient enflammé les Aurès. «Quand on est un personnage politique et qu'on représente le gouvernement algérien, on ne doit pas avoir un tel écart de langage. Mais cette plainte, vous n'en entendrez, bien sûr, jamais plus parler», précise-t-elle avec ironie.

Pourtant, rien ne résiste à Zoubida Assoul. A 59 ans, cette ancienne magistrate est à la tête de l'Union pour le changement et le progrès depuis deux ans, devenant ainsi la quatrième femme à présider un parti politique. Cette fille des Aurès obtient son bac lettres à Khenchela en 1976. Par goût, elle suit des études de droit à l'université de Constantine et obtient une licence en droit privé. Elle passe ensuite le concours de magistrat car «depuis toute petite, je rêvais de devenir juge».

En 1987, elle occupe le poste de sous-directrice du département de protection des mineurs de la justice et devient ainsi la première femme à être nommée cadre supérieur à la chancellerie. Jusqu'en 1990, elle occupe le poste de sous-directrice de la justice civile au ministère de la Justice, où elle devient par la suite inspectrice jusqu'à 1993. L'année suivante, elle est chargée des études au secrétariat général du gouvernement.

Zoubida Assoul intègre par la suite le Parlement en tant que rapporteur de la commission des affaires juridiques et y reste jusqu'à 1997. En 2000, elle devient conseillère du président du Conseil de la nation. «Retraitée à 42 ans», affirme-t-elle, elle est aujourd'hui avocate, accréditée par la Cour suprême (Cour de cassation) et le Conseil d'Etat. Autre distinction : Zoubida Assoul a été élue en 2006 présidente du Réseau des femmes juristes arabes, une ONG basée en Jordanie. Celle qui se décrit comme un «électron libre» confie qu'elle n'aime recevoir d'ordre de personne.

Son caractère lui a d'ailleurs valu plusieurs prises de tête avec de nombreux responsables, notamment avec un ancien ministre qui «voulait diminuer mes prérogatives». «Mais finalement j'ai eu le dernier mot car pour moi, quand j'occupe un poste, je dois l'exercer pleinement» confie-elle. «Je suis restée sept ans et demi au ministère et le jour où un ministre a voulu utiliser ma fonction d'inspectrice pour régler un compte personnel, j'ai présenté ma démission. Quand quelque chose ne me plaît pas, je n'hésite pas à le dire, même si cela doit me coûter ma carrière. Je ne peux pas marchander ma liberté pour prendre mes décisions.»

Au travail comme à la maison, Zoubida Assoul dit «être la même». Aînée d'une fratrie de sept enfants, elle se considère aujourd'hui comme «la maman de tous les Algériens». «J'ai deux frères et quatre sœurs, mais je suis la seule à avoir fait des études de droit. Mon père était très fier de moi car je suis une personne entière».

Son modèle ? Houari Boumediène et… son grand-père. «Il a eu beaucoup d'influence sur moi. Il a fait ses études à djamaâ Ezzitouna et à El Azhar et faisait partie de l'Association des savants musulmans. J'ai toujours admiré sa sagesse, son humanité.» Aujourd'hui présidente du parti l'Union pour le changement et le progrès, Zoubida Assoul affirme : «La politique, j'en ai fait toute ma vie car pour être un bon magistrat, il faut s'intéresser à la politique et à ce qui ce passe dans le pays.» Elle estime que faire de la politique est un engagement, un don de soi et «le jour où j'ai considéré que je pouvais apporter du changement, l'UCP a vu le jour».

Si cette partisane du dialogue et de la communication a connu un incroyable parcours professionnel en Algérie, elle a aussi été sollicitée par diverses associations et parties pour faire des communications. Elle assure : «Je n'ai jamais cessé de valoriser l'image de l'Algérie partout dans le monde. Et je suis toujours fière de parler de mon pays dans différents événements auxquels je suis conviée, notamment à la Ligue arabe ou encore lors de formations aux Etats-Unis.» Son rêve : faire de l'UCP un grand parti et former des leaders car dans sa formation, elle le dit bien haut, «on privilégie l'alternance».

Source : El Watan

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