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Publié par Saoudi Abdelaziz

Par Saoudi Abdelaziz, 31 mai 2012

 Les débats semblent se cristalliser actuellement dans le FFS autour de la mise en cause de la direction exécutive de ce parti. Jusqu’ici, les discussions, en interne, sur les choix tactiques étaient, dit-on, monnaie courante dans cette formation politique. Des courants de pensée ont cohabité jusqu’ici dans le FFS, où Hocine Aït Ahmed, au tempérament fédérateur, a périodiquement procédé au changement-sans crise notable- de l’exécutif, en fonction des modifications de ligne politique dictées par les circonstances.

 Ainsi, Karim Tabbou a dirigé sous l’égide de Aït Ahmed, pendant quelques années, un exécutif chargée de mettre en œuvre une ligne d’attente, marquée notamment par le boycott parlementaire, mais aussi la prudence à l’égard des mouvements sociaux jugés incontrôlables ou suspects. Après les évènements de 2011 et l’émergence des alternatives parlementaires au Maghreb, la nouvelle direction désignée fin 2011, semble exprimer le choix de la lutte parlementaire comme nouveau centre de gravité de l’action du FFS.

 Aït Ahmed a réussi à préserver jusqu’ici la cohésion du parti, « face au système ». Mais, aujourd’hui, ce système lui-même se fissure et prend eau de toutes parts. Le contexte international aussi change de caractère. Dans le régime algérien, avec la crainte du naufrage, se font jour diverses parades, qui, à la différence des décennies précédentes, ne viennent peut-être plus d’un centre unique tirant toutes les ficelles dans la classe politique et dans la société, mais de cercles travaillant à des projets différents, voire contradictoires.

 La ligne de compromis politico-parlementaire du FFS sera sans doute confortée par la présidence de François Hollande et la bienveillance affichée par la « communauté internationale » à l’égard des expériences parlementaires dans le Maghreb. Cette ligne ne paralyse en aucune manière les militants politiques qui œuvrent de leur côté pour le changement par le bas. Elle ne les lie pas et ne les engage pas. Bien plus, la présence au parlement de députés d’opposition sera largement mise à profit par ceux qui luttent sur le terrain et préparent une véritable alternative au blocage nourri par trente ans de stérile néolibéralisme à l’algérienne.

 L’action politique a connu des changements profonds, comme la société dont elle émane. Elle a gagné en autonomie et en diversité, et fait émerger de nouveaux acteurs. La « crise » du FFS semble s’inscrire dans ces réalités politiques nouvelles.

 Il est probable que si la ligne actuelle d’épuration se poursuit ce parti perdra plus rapidement son caractère frontiste, de toute façon irrémédiablement condamné. Elle encouragera l’autonomisation des courants républicains-sociaux radicaux qui avaient opté, dans le cadre de la ligne présentée par Aït Ahmed à la convention du FFS, pour un appui prioritaire sur l’action politique de masse, comme levier principal pour un changement démocratique et républicain profond.

 Les décantations dans le FFS pourraient sans doute alimenter les recherches en cours en vue d’une nouvelle efficacité politique, parmi les progressistes algériens de filiations idéologiques diverses. Recherches qui rejoignent les processus se développant sur tous les continents, où s’opère, dans de nouveaux mouvements unitaires de masse, la rencontre féconde de la revendication national-républicaine et de la lutte anticapitaliste.

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