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Publié par Saoudi Abdelaziz

Vote pour le 4è mandat, avril 2014. Photo DR

Vote pour le 4è mandat, avril 2014. Photo DR

"Le seul rapport de force bénéfique n’est pas celui entre des égoïsmes claniques et divers appareils au sommet, mais celui qui exprime les besoins et les aspirations du pays profond". (Sadek Hadjerès).

"Il a osé!" s'exclame en gros titre la une d'El Watan. L'éditorial est à l'avenant. Intitulé "le caprice d'un roi", il décrit sa  "psychologie particulièrement névrotique à son seul profit, faisant fi des intérêts suprêmes de l’Algérie".

Maghreb Emergent titre : "Bouteflika double l'armée et opère un passage en force". Abed Charef explique : "Des informations recoupées permettent d’affirmer qu’au sein de l’appareil militaire et sécuritaire, des voix, nombreuses, se sont exprimées pour émettre des réserves, ou affirmer une hostilité tranchée envers l’idée d’un quatrième mandat".

"Sans surprise" titre le commentaire de Liberté. Pour Mustapha Hammouche "il s’agit de “la confirmation” d’une candidature ne faisant pas l’ombre d’un doute depuis l’été." Evoquant "la crise du système" révélée par les controverse récentes il écrit : "La crise est, d’ailleurs, probablement née de ce dilemme : le système a besoin, pour son lifting, d’abréger l’emprise durable d’un même clan sur l’État et les ressources du pays, mais le régime en place n’est pas prêt à s’effacer pour les besoins de la vitrine. Trop d’intérêts le retiennent. Si, dans d’autres circonstances, il a pu “convaincre” Chadli, puis Zeroual, de se retirer de la scène, il n’a pas pu rééditer la démarche auprès de Bouteflika".

TSA-Algérie titre: "Election présidentielle inédite en Algérie". Lounes Guemache y affirme : "Le seul point à retenir : pour la première fois, un président algérien ne sera pas élu avec l’aval du DRS et donc en l’absence de consensus au sommet de l'Etat".

Kharroubi Habib, ne partage cette interprétation dans le Quotidien d'Oran, où il affirme : "Malgré leurs «divergences» les cercles du pouvoir ont acté l'option d'un quatrième mandat en dépit du problème de santé du chef de l'Etat". Pour lui la question du pouvoir n'est pas définitivement tranchée: "Ce qui les oppose est comment assurer cette succession après le 17 avril".

Dans le même journal, K. Selim, qui ne cachait pas les espoirs suscités par "l'option Hamrouche", ne voit plus de renouveau politique possible par le sommet. Il écrit : "L'Algérie n'est pas en crise depuis les déclarations de Saadani. Elle l'est au moins depuis octobre 1988 (...) Le statuquo entretenu par les moyens sécuritaires et la redistribution clientéliste devient intenable". Et d'en conclure  : "Si la sortie par le haut et par le compromis est fermée, il ne restera que les refondations par le bas alimentées par une situation politique et sociale particulièrement préoccupante". 

Un an auparavant, Sadek Hadjerès, l'ancien secrétaire général du Pags semblait anticiper la déception des adeptes d'une sortie de crise par le "haut", lorsqu'il écrivait  le 21 février 2013 dans Socialgérie:

"Aucune solution bénéfique à la crise n’adviendra par les seuls consensus au sommet des appareils d’ !Etat, si l’opinion populaire, les couches sociales jusqu’ici désabusées, les organisations associatives et les forces les plus conscientes dans toutes les formations politiques de sensibilités idéologiques différentes, ne pèsent pas de tout leur poids en faveur d’issue consensuelle et démocratique.

D’abord en refusant de se laisser entraîner, de s’aligner et de s’associer à toute faction intéressée par les seules visées de repartage des pouvoirs en vase clos. Le seul rapport de force bénéfique n’est pas celui entre des égoïsmes claniques et divers appareils au sommet, mais celui qui exprime les besoins et les aspirations du pays profond. En même temps en défendant par toutes les initiatives et actions pacifiques et unitaires possibles les revendications démocratiques et sociales légitimes très concrètes de la population.

À chaque secteur et citoyen de trouver les meilleures formes d’expression et d’action qui doivent interpeller l’ensemble des acteurs se disant concernés par la mise en place d’une transition et d’une alternative constructive au système de pouvoir qui a mené l’Algérie au bord des périls actuels".

 

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