Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

Erraguene Souissi. Photo DR

Erraguene Souissi. Photo DR

D’importants moyens mobilisés en faveur des populations

Par Amor Z., 27 janvier 2019

Dans des contrées éloignées, à Erraguene Souissi, les habitants qui occupent toujours des logements précaires se plaignent de l’absence de structures de soins.

Vendredi 25 janvier. Alors que les chutes de neige continuaient de paralyser les routes et d’isoler les localités montagneuses les plus reculées au sud de la wilaya de Jijel, une délégation conduite par le wali, Bachir Far, s’est ébranlée en direction d’Erraguene Souissi et de Selma Ben Ziada. Un long périple à parcourir pour aller s’enquérir de l’état des routes et des conditions de vie des populations coincées par la neige depuis déjà quelques jours.

Si les tempêtes qui frappent ces régions sont loin d’égaler celles de 2005 ou de 2012, qui avaient, à l’époque, bloqué les populations durant des semaines, elles sont néanmoins un motif suffisant pour cette délégation pour aller prendre contact avec les habitants de ces contrées éloignées. Et voilà qu’après avoir emprunté la RN43 jusqu’à Ziama Mansouriah, le cortège bifurque à gauche et prend la direction du CW137.

La route, encore en chantier depuis de longues années, donne déjà un aperçu sur les difficultés à la parcourir. Les travaux, lancés depuis 2014 sur cette voie pour la réfection d’un parcours de 31 km, sont loin d’être achevés. Leur but est pourtant destiné à faciliter le retour et la fixation des populations ayant fui Erraguene et les localités environnantes. Si de nombreux habitants ont repris le chemin inverse pour retrouver les terres qu’ils avaient quittées, la vie n’est pas encore clémente dans ces régions.

Sur une route couverte de neige et dégradée sur plusieurs tronçons, la circulation n’est pas facile. Les premiers contacts dans ces contrées enneigées se font avec des citoyens croisés sur la route. «Ça va, Hamdoullah, on ne se plaint pas trop, la route est ouverte, c’est l’essentiel», se contentent-ils de dire. Avant notre arrivée, des engins sont passés par là. Ils ont dégagé la route jusqu’à Erraguene. Ces mêmes engins sont mobilisés depuis le début des chutes de neige sur cette route pour désenclaver la région.

Au chef-lieu de cette commune, c’est une femme qui est à l’accueil de la délégation, Nadia Bouhenna. Succédant à son mari à la tête de cette APC, elle gère les affaires de ce village depuis les dernières élections locales.

L’armée à la rescousse

Devant le siège de l’APC, elle a accompagné le wali au stock de gaz butane dans un hangar situé non loin de là.

«Même si nous sommes assiégés par la neige, ce n’est pas le gaz qui nous pose des soucis et ce n’est pas la route qui est bloquée, ce qui nous manque ce sont les logements», nous confie un habitant. Il nous montre des constructions en tuile d’apparence précaire. «Elles datent de l’époque coloniale», révèle-t-il.

Devant le wali, un autre citoyen se plaint du manque de  couverture sanitaire. «Nous avons ouvert 15 salles de soins en 2018, on va ouvrir d’autres et on fera en sorte d’affecter des médecins et des infirmiers ici», lui rétorque le chef de l’exécutif. Après cette virée à Erraguene, la délégation rebrousse chemin et met le cap sur Selma Ben Ziada. Un vent glacial et des chutes de neige abondantes n’ont pas cessé de nous accompagner tout au long d’un parcours que des engins ne cessent de débloquer dans un sublime paysage de neige.

Selma Ben Ziada. Photo DR

Nous traversons un «désert» de neige où on ne repère aucune trace de vie, même si quelque part dans cette nature hostile, il y a des hameaux peu peuplés qui comptent sur les militaires dans leur détresse. Des soldats de l’ANP nous saluent à notre passage dans leurs détachements qui assurent la sécurité des lieux.

La neige abondante et le froid sibérien qui règnent dans les lieux n’empêchent pas des engins et des unités de l’armée et de la gendarmerie de veiller à dégager les routes. Si la plupart des habitants préfèrent rester chez eux, quelques citoyens sont là. Ils semblent prendre plutôt du bon côté cette visite et sont même rassurés par la présence des autorités au chef-lieu de la commune de Selma. Ils se plaignent cependant des coupures répétées de l’électricité, de l’absence du réseau des trois opérateurs de la téléphonie mobile et d’internet.

Pour le reste, ils affichent leur aptitude à s’adapter à ces conditions qu’ils ont pris l’habitude de vivre chaque hiver. En prévision de ces circonstances exceptionnelles, ils prévoient chaque saison des stocks de vivres pour faire face à cette situation. Estimé à 250 tonnes, le stock de sel pour le salage des routes et leur ouverture est ce qui compte le plus dans ce monde enclavé.      

Source : El Watan

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article