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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Par Nordine Grim, 13 janvier 2019

Les salaires des fonctionnaires n’ont pas augmenté depuis 2012, date à laquelle le gouvernement avait décidé de relever les salaires de tous les employés de la fonction publique pour éloigner le spectre du « Printemps arabe ». Les pensions des retraités avaient également été poussées à la hausse et les entreprises publiques invitées à faire un geste envers leurs travailleurs.

Le pouvoir d’achat des salariés avait été ainsi spectaculairement augmenté au point qu’on vit apparaître dans les classes moyennes (enseignants, cadres des entreprises etc.) des signes apparents d’amélioration de leur pouvoir d’achat qui s’est notamment traduit par l’achat d’un véhicule et d’appareils électroménagers.

Depuis cette date les salaires n’ont malheureusement plus bougés tandis que les prix à la consommation ne cessaient de déraper sous l’effet d’une l’inflation couplée à une progressive dévaluation du dinar qui frappaient les produits importés. Le différentiel entre les salaires et les prix est aujourd’hui si grand qu’il a largement laminé le pouvoir d’achat des ouvriers et des classes moyennes.

Alors qu’en 2014 un enseignant parvenait à faire vivre sa famille avec un salaire moyen de 37000 dinars, en 2018 il fallait au minimum 45.000 selon les estimations conjointes de certains syndicats.

Contenue à des proportions gérables durant toute la période de flambée des cours du pétrole, l’inflation a en effet commencé à déraper dès Août 2016 date à la quelle les prix du Brent avaient subi un très fort déclin. Elle a fait un premier bon à 5,8%, puis un second à 7%, à la fin de l’année 2017, selon les chiffres publiés rendus publique par le ministère du Commerce.

Même si les chiffres du gouvernement ne font part que d’une inflation ne dépassant guère 5%, les estimations prospectives émises par la Banque Mondiale et confortées par de nombreux économistes, tablent sur un taux d’inflation d’au minimum 9% d’ici la fin de l’année en cours du fait d’un faisceau d’indices. De nombreux déterminants tendent en effet à conforter ce pronostic, à commencer par les lois de finances de ces trois dernières années qui avaient soumis plus d’un millier de produits importés à des taxes additionnelles, le recours massif à la TVA et l’érosion quasi continue de la parité du dinar. Le pouvoir d’achat des algériens en sera gravement affecté.

Le soutien apporté par l’Etat à certains produits (pain, lait, eau, électricité, gaz, transport public etc.) ne suffira pas à contenir l’inflation dans une proportion acceptable tant l’envolée des prix a affecté toute la panoplie de produits auxquels se réfère l’Office National des Statistiques (ONS) pour calculer les taux officiels de l’inflation.

Il faut en effet savoir que les taux d’inflation officiels  calculés par l’ONS sont des chiffres volontairement comprimés du fait qu’ils ne prennent en considération qu’une centaine de produits et services, dont au minimum une trentaine, bénéficient d’un soutien direct ou indirect des prix (pain, lait, carburants, électricité, gaz et eau etc.) ou de prix administrés (céréales, transport de voyageurs, loyers publics etc.).

Si l’ONS venait à écarter les produits subventionnés les taux d’inflations ne seraient évidemment pas les mêmes que ceux habituellement calculés. On se retrouverait alors avec des taux d’inflation bien plus élevés qui traduiraient plus fidèlement le ressenti des algériens qui se rendent sur les marchés (...)

Texte intégral : Algérie-Eco

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