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Publié par Saoudi Abdelaziz

Au cours du mois de décembre, El Watan a ouvert largement ses colonnes à Ali Ghediri: deux tribunes complétées par une interview. Ensuite, c'est ce quotidien qui annonce, en exclusivité, sa candidature. Ce matin, Ali Bahmane, un des éditorialistes ne cache pas sa préférence.

BALISES

L’après- Bouteflika se dessine

Par Ali Bahmane, 21 janvier 2019

Si le général-major Ghederi est un inconnu pour l’opinion publique, il bénéficie, d’ores et déjà, de deux vagues de sympathie, la première en critiquant ouvertement les deux piliers du système que sont le président Bouteflika et son chef d’état-major Gaïd Salah ; la seconde en se portant candidat à la présidentielle alors même qu’il ne bénéficie pas d’ancrage populaire et qu’il est issu du corps militaire.

Il prend même le risque d’affronter Bouteflika – si celui-ci opte pour un 5e mandat – et donc tout le système qui se mobilisera derrière lui. Tout cela distingue Ali Ghediri de l’ancien chef de gouvernement Mouloud Hamrouche qui, certes, a remis en cause le système actuel, dans ses fondements et sa philosophie, mais d’une manière toute théorique, évitant de pointer du doigt, directement, ses principaux piliers que sont notamment Bouteflika et Gaïd Salah. Ce que détestent les Algériens – et pas seulement – chez un homme politique, c’est son attitude passive, théorique et évasive, ménageant les hommes dont il dénonce les pratiques. En évitant de s’engager dans la compétition électorale, Mouloud Hamrouche ne fructifie pas le capital de sympathie issu de son passé de réformateur.

S’il ne présente pas sa candidature, il perdra l’occasion de se faire connaître par les nouvelles générations d’Algériens et surtout de signer son arrêt de mort politique. Ali Ghederi a fait preuve de courage et d’audace, deux qualités bien appréciées par la population, fondamentalement en quête d’hommes nouveaux, écœurée par tous les septuagénaires et octogénaires qui s’accrochent aux postes les plus élevés du pouvoir, la caricature le plus grossière étant évidemment Bouteflika lourdement handicapé, traîné en chaise roulante. Enfin son appartenance au corps militaire n’est pas nécessairement un handicap, elle ne l’est, aux yeux du commun des mortels, que lorsqu’elle est synonyme de corruption, d’abus de pouvoir et d’autorité. C’est pour son courage que le général Zéroual a été apprécié et plébiscité en 1996 en tant que Président en pleine tourmente terroriste.

Tout comme Boudiaf, moudjahid de première heure, volant au secours de l’Algérie naufragée. De par ses idées novatrices et démocratiques, Ali Ghederi apporte de l’antidote au système et un espoir pour les jeunes générations de voir l’Algérie entrer dans une phase nouvelle, celle du changement. En cela, il rejoint Ali Benflis, lequel vient d’annoncer qu’il renouera avec la compétition présidentielle. Fidèle avec lui-même depuis son basculement dans l’opposition, Ali Benflis apporte tout le poids de son expérience politique et de son engagement démocratique dans une compétition qui s’annonce prometteuse pour peu que le système «joue le jeu», c’est-à-dire ne favorise pas les candidatures de ses hommes, de Bouteflika ou de son dauphin, et bien entendu ne cède pas à la tentation de la fraude électorale.

C’est difficile de croire que le système y renoncera, tant il redoute l’après-Bouteflika, c’est-à-dire le passage à une «nouvelle République» qui ne sera plus celle des clans et des intérêts financiers nourris à la rente pétrolière. Une «nouvelle République» restituée aux Algériens, du domaine du possible pour peu que se jettent dans la bataille tous les démocrates que compte le pays. La compétition électorale promet d’être féroce, mais cette fois-ci, elle vaut la peine d’être tentée, car ne subsiste plus le mythe d’un Bouteflika omniprésent, presque invincible auquel la population, presque par atavisme, donne sa voix automatiquement. Non, les Algériens ne confieront pas la destinée du pays à un homme cloué à son fauteuil roulant depuis cinq années, incapable de gérer au quotidien les problèmes complexes et lancinant que pose une nation de 40 millions d’âmes. Même ceux qui l’estiment le disent ouvertement et de plus en plus : Bouteflika doit quitter le pouvoir et se consacrer à sa maladie. Il a fait son temps, place à de nouvelles figures et à d’autres projets de société.

Source : El Watan

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