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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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La soutenance aura lieu le samedi 6 décembre, à 9h, à l’IEP de Paris. Cette thèse de doctorat en science politique de Farida Souiah est intitulée : "Les harraga en Algérie. Émigration et contestation".

Résumé :

Cette thèse est consacrée aux « brûleurs » de frontières – les harraga – qui tentent de quitter l’Algérie sans passeport, ni visa sur des embarcations de fortune, au péril de leur vie.

Elle s’appuie et discute le modèle « exit, voice et loyalty » développé par Albert Hirschman afin de stimuler la réflexion et explorer la relation entre émigration et contestation.

À partir de sources très diverses – des entretiens semi-directifs avec des harraga et des membres de leur famille, l’observation de procès de harraga, des articles de presse, des productions culturelles, des discours politiques, des textes de lois et des documents d’orientation politique – cette thèse documente les facteurs et les modalités de départ des harraga. Elle s’intéresse également au processus de publicisation et politisation de ce phénomène migratoire en Algérie et analyse les politiques mises en œuvre par les autorités algériennes afin de lutter contre la harga.

Les harraga estiment qu’ils appartiennent aux marges d’un système socio-économique corrompu et inégalitaire dans lequel ils n’ont aucune perspective d’amélioration. Confrontés aux politiques migratoires restrictives, ils ne peuvent quitter le pays en respectant les lois imposées par les États. C’est pourquoi ils tentent de quitter le pays sur des embarcations de fortune au péril de leur vie.

En raison des profils des harraga et de la dangerosité des itinéraires migratoires empruntés, la harga nourrit un discours critique à l’égard des dirigeants algériens. De très nombreux articles de presse et des productions culturelles sont consacrés à la harga. La harga nourrit un discours critique qui porte à la fois sur la responsabilité des autorités dans la perpétuation d’un ordre socio-économique et politique qui pousse de jeunes algériens à quitter le pays, et sur la politique répressive mise en œuvre en réponse à la harga. Contrairement à ce que suggère le modèle d’Albert Hirschman, l’exit n’est pas une modalité dichotomique et silencieuse de réaction au mécontentement.

En réponse à ce phénomène migratoire, les autorités algériennes mettent en œuvre une politique répressive qui s’inscrit dans des dynamiques de politique intérieure et extérieure. Le durcissement des lois sur l’émigration-immigration « irrégulière » en Algérie s’inscrit dans un contexte régional et dans le cadre de l’externalisation des frontières de l’Union européenne.

Source : Les Amis de l'Algérie-Rennes

 

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