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Publié par Saoudi Abdelaziz

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Malaise à Souk Ahras

Par A. Djafri, 4 décembre 2018

Des travailleurs sous-payés, non déclarés aux assurances sociales, privés de droits élémentaires, cela existe dans les secteurs du bâtiment, de l’agriculture, des services, dans les carrières et le commerce à Souk Ahras, où tout le monde a tendance à diaboliser les chômeurs et à les qualifier de tous les maux.

Le renforcement de la main-d’œuvre dans le secteur du bâtiment, à titre illustratif, est réclamé à cor et à cri par les entreprises. Celles-ci  butent toutefois sur les réticences des demandeurs d’emploi pour des raisons objectives.

«Les entrepreneurs exploitent manœuvres et maçons en contrepartie d’un salaire versé à dose homéopathique dans le meilleur des cas et point de réclamations pour les autres droits», a tonné B. Amir, ingénieur recruté illégalement par une entreprise privée dans un souci de préalables de surprofits, selon le même interlocuteur.

C’est le cas également pour S. Brahim, un jeune qui vient de rompre avec le secteur du bâtiment, lui qui était maçon expérimenté. «J’ai trimé pendant six longues années dans différentes entreprises privées sans jamais réussir à faire valoir mes droits à la déclaration aux assurances sociales, à un salaire aligné sur le SNMG ou aux congés», a-t-il déclaré.

Les accidents du travail signalés dans ce même secteur dépassent l’entendement, mais ils sont rarement déclarés, et ce sont souvent des solutions à l’amiable qui sont proposées par l’employeur. En guise de parade, les responsables du secteur de l’emploi et les instances de contrôle locales reprochent à tort à ces innombrables victimes leur refus de travailler et les comptabilisent, sans vergogne, sur la liste des employés temporaires afin de mieux doper les taux de fin d’année.

«Ce sont aussi ces mêmes parties qui ne cessent de seriner lors de quelques scandales liés aux accidents mortels de travailleurs non déclarés que c’est la faute à l’employé qui ne prend pas attache avec les services de l’inspection du travail», a déclaré un avocat agréé près la cour de Souk Ahras et qui a eu à défendre des dossiers du genre.

Cette attitude est aussi réfutée par le nombre impressionnant des doléances officielles que ces mêmes instances reçoivent du contrôle. Pour K. Ali, un père de famille chauffeur de poids lourds, qui a découvert à son détriment que la puissance de quelques employeurs est justement dans l’opacité qui caractérise lesdites instances.

«Au niveau de la CNAS, comme du côté de l’inspection du travail, ce sont seulement les employeurs vulnérables qui s’acquittent de leurs devoirs envers les travailleurs, sinon ce sont des doléances que l’on adresse à une destination qui en fera peu cas. Preuve en est, j’ai moi-même fait l’objet d’un licenciement abusif et sans préavis, j’ai été privé des mensualités et d’arriérés de plusieurs mois sans qu’aucune partie s’en inquiète, encore moins la justice qui a tranché en faveur de l’employeur», a-t-il dénoncé, dépité et fortement convaincu que tout un monde sépare les textes de la réalité du monde du travail.

Dans ce même secteur du bâtiment et dans le secteur de l’agriculture, l’emploi des enfants et des ressortissants étrangers n’est plus un secret et l’exploitation de ces derniers risque d’aboutir vers la création de réseaux d’exploitation d’une main-d’œuvre bon marché, au risque de maintenir  le taux déjà élevé de chômage et encourager les employeurs indélicats que l’on sait opulents et bien introduits, à perpétuer le mal.

Source : El Watan

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