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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

18 décembre 2018

Il y a quelques années, les Algériens se sont mis dans la tête, par on ne sait quel tour de magie, que les gouvernants de leur pays étaient disposés à accéder à toutes les attentes sociales parce que leur seul cauchemar serait la contagion du «printemps arabe» dont il fallait se prémunir à n’importe quel prix.

On les a certainement aidés à gober cette énormité mais, dans une large mesure, ils se sont infligé l’imposture tout seuls. D’abord pour l’évidente raison que l’immense majorité de ceux qui récitaient le «tube du printemps» étaient bien placés pour savoir qu’il n’en était rien. Ils ne saisissaient peut-être pas tout mais ils savaient tout de même faire la différence entre le manteau de fourrure et la couverture de survie.

Il a suffi qu’on annonce en grande pompe que l’augmentation des prix du pain, du lait, de l’huile et du sucre subventionnés n’était pas «à l’ordre du jour», qu’on augmente substantiellement les salaires de quelques corps professionnels à réelles ou supposées grandes capacités de… nuisance et voilà qu’on s’enflamme.

Dans la foulée, on a autant ergoté sur l’Algérien devenu tube digestif prêt à vendre sa dignité pour un plat de lentilles que sur les capacités corruptives du pouvoir, virtuellement disposé à toutes les concessions pour prolonger le statu quo, la manne pétrolière n’étant pas parvenue alors au niveau d’érosion d’aujourd’hui.

Les Algériens, un tant soit peu avertis, savaient pourtant que les autorités ne faisaient que «gérer» la situation avec un investissement au rabais. Les subventions étaient déjà une vieillerie et si elles sont économiquement coûteuses, elles ne requéraient pas d’efforts supplémentaires. Elles sont anachroniques parce que conçues à et pour une autre période. Et elles sont socialement injustes parce qu’elles ne profitent pas aux plus faibles.

Quant aux revalorisations salariales, elles sont trop «ciblées» pour impacter de façon significative le pouvoir d’achat dont l’érosion touche de plus en plus de monde.

On ne sait donc pas si l’imposture de «l’arrosage social» nous a prémunis contre le printemps arabe mais on attend toujours qu’il nous illumine de sa générosité. Maintenant que le pouvoir nous a invités à ajouter un trou à la ceinture, après nous avoir informés que nous mangeons trop de yaourts, on devrait normalement savoir à quoi nous en tenir. Mais nous reproduisons paradoxalement le même discours.

Il paraît que le pouvoir distribue des logements et en distribuera encore à satiété parce qu’il y a une élection présidentielle. On sait que le volume du logement social vaut plus par les caméras de télévision que par son volume, on sait que des souscripteurs AADL de… 2001 attendent toujours et que ceux de 2013 vont attendre plus mais on continue à seriner encore que tout le monde sera arrosé d’ici le printemps. Dans la vraie vie, le logement reste encore un fantasme, la pomme de terre inaccessible et le lait toujours problématique.

Le pouvoir, lui, continue d’entretenir des «certitudes» qu’il n’a pas toutes créées.

 

Source : Le Soir d'Algérie

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