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Publié par Saoudi Abdelaziz

Journée des Nations Unies contre la corruption interdite en Algérie

Journée internationale de lutte contre la corruption : Pas d’autorisation pour l’Aacc, dénonce Djilali Hadjadj

Par Wafia Sifouane, 9 décembre 2018

Alors que de nombreux pays dans le monde célébreront aujourd’hui la Journée internationale de la lutte contre la corruption, l’Association algérienne de lutte contre la corruption (Aacc) n’a pu obtenir l’autorisation de célébrer cette journée, a indiqué hier son président Djilali Hadjadj dans un communiqué.

« Le 9 décembre 2018 sera célébrée un peu partout dans le monde la Journée internationale de lutte contre la corruption. Ce ne sera pas le cas malheureusement en Algérie, les pouvoirs publics n’ayant pas inscrit à leur agenda cette ‘’Journée des Nations unies’’ et n’autorisant pas la société civile, dont l’Aacc, à célébrer cette journée », rapporte le document. L’association a exprimé son incompréhension d’autant plus que l’Algérie est signataire de la Convention des Nations unies contre la corruption et cela depuis le 9 décembre 2003 et l’a ratifiée en avril 2004, le 19 avril, précise la même source.

En tout état de cause, l’Aacc n’a pas manqué de dresser un bilan assez alarmant quant au respect de la convention de lutte anti-corruption en Algérie, incombant cela à l’absence de « volonté politique », indique le communiqué. « Faute de volonté politique, le résultat est nul.

Plus grave, au contraire de nombreux pays qui ont ratifié la Cnucc et qui ont fait reculer la corruption, en Algérie, ce fléau ne cesse de faire d’énormes dégâts, aussi bien pour la grande corruption que la petite corruption, toutes les deux s’étant généralisées grâce à un climat de totale impunité », peut-on lire sur le document.

Pire encore, l’association a dénoncé l’absence d’indépendance de l’Organe national de prévention et de lutte contre la corruption. « Une absence confirmée par les faits, cet organisme gouvernemental est totalement absent de la vie publique. Plus grave, 12 années après sa création, il vient de lancer un appel à candidatures pour des experts, des consultants et des hauts fonctionnaires, confirmant par là sa longue hibernation », a déploré Djilali Hadjadj.
Dans ce sens, il a aussi regretté «l’absence d’indépendance des magistrats, incompétence manifeste à traiter des dossiers de grande corruption à prolongement international, impunité pour les corrompus », rapporte le communiqué de l’association.
Dans ce sillage, l’association a tenu à insister sur l’urgence et l’importance de la protection des dénonciateurs et des victimes de la corruption, une action à laquelle fait obstacle la loi algérienne du 20 février 2006 qui «met en avant surtout la pénalisation de la dénonciation calomnieuse.
Disposition qui est là aussi confirmée par les faits : les lanceurs d’alerte en matière de corruption font l’objet systématique de représailles, voire d’emprisonnements arbitraires, pratique abondamment illustrée par l’actualité de ces dernières semaines », rapporte le document.
L’Association algérienne de lutte contre la corruption a conclu son communiqué en indiquant qu’il s’agit d’un « combat de longue haleine que l’Algérie doit mener sans plus tarder ». Pour ce faire, l’Aacc a appelé à « une volonté politique ferme, appuyée par des objectifs clairs, objectifs qui doivent s’inscrire dans une stratégie nationale cohérente, le tout devant baigner dans un contexte démocratique et de libertés. Ce combat doit aussi s’intégrer dans celui de la communauté internationale. L’Algérie en est encore loin mais aucun combat n’est perdu d’avance »

Source : Reporters-dz

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