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Publié par Saoudi Abdelaziz

Après un bilan désastreux du néolibéralisme, Maamar Farah évoque le legs de Boumediène (mort le 27 décembre 1978)

"2018 va s’achever dans quelques jours. Comme à chaque fin d’année, nos pensées les plus émues vont à l’homme que le peuple n’oublie pas malgré le mur du silence érigé autour de sa tombe et l’usure des ans. "

Le 21e siècle commence aujourd’hui

 

Par Maamar Farah, 27 décembre 2018

Il est certain que nous n’avons pas la compétence des économistes pour faire des constats et proposer des solutions aux problèmes économiques. Cependant, ce que nous remettons en cause, c’est l’idéologie qui guide cette pensée économique nourrie aux sources du libéralisme et, depuis peu, du néolibéralisme.

Par conséquent, si les constats sont toujours justes, les solutions que l’on nous propose ne sont jamais les bonnes ! Je lis dans les communiqués du FMI et de la Banque mondiale que l’une des mesures à prendre en urgence pour ne pas aller droit au mur est de «privatiser».

Les deux institutions que nous qualifions toujours de vampires suçant le sang des peuples ont la même vision sur les solutions miracles devant moderniser et fortifier nos économies. Elles ont besoin de dirigeants béni-oui-oui qui exécutent rapidement leurs ordres mais qui le regretteront amèrement quelques années plus tard. En fait, ces porte-drapeaux d’un capitalisme en fin de cycle ont pour mission de fructifier l’argent des riches, d’écouler les marchandises des multinationales partout, d’empêcher des politiques autonomes dictées par les Etats-Nations et visant l’émancipation des peuples.

Elles veulent renforcer le pouvoir des oligarchies locales qui, grâce à un partenariat douteux, se mettent au service des oligarchies des puissances occidentales. Elles ont besoin de mener nos pays vers la cessation de paiement pour proposer des crédits qui seront impossibles à rembourser. Et cela ne fera que renforcer leur pouvoir afin qu’elles prennent tout et à leurs conditions.

Récemment, et en plus de cette maléfique «privatisation», le FMI nous proposait de délaisser la planche à billets au profit de l’endettement extérieur ! La meilleure manière de nous faire tomber dans son piège diabolique ! Certes, la planche à billets présente des risques mais elle est préférable à la solution du FMI qui consiste à se mettre une corde autour du cou.

De grandes puissances ont recours à cette méthode d’impression de billets de banque sous forme d’endettement interne, en attendant des jours meilleurs. Chez nous, c’est par l’amélioration de nos performances économiques et certains réajustements structurels que nous arriverons à créer les conditions d’une sortie de crise.

La propriété privée ou publique n’est pas le problème. Ce sont les méthodes de gestion qui font la différence. Beaucoup feignent d’ignorer que les grandes sociétés chinoises qui font des miracles partout dans le monde sont des entreprises publiques ! Sauf que Marx a été «aidé» par Confucius : ces groupes impressionnants par leur taille ont délaissé les anciennes méthodes pour faire du marketing à l’occidentale.

Evidemment, dans le flou actuel, l’oligarchie et ses relais veulent nous démontrer que les privatisations sont indispensables. Or, toutes les précédentes expériences, hormis un ou deux cas, ont été une catastrophe nationale ! N’ayant pas la mémoire courte, nous pouvons rappeler, une à une, les cessions honteuses de biens publics bâtis par la sueur et le sang des patriotes, qu’ils soient concepteurs, cadres ou ouvriers ! La vente des usines aux étrangers s’est soldée par la fermeture de ces mêmes usines ! Une aubaine pour les acheteurs qui ont tout de suite remplacé le produit national par la marchandise importée !

L’autre forme de privatisation a concerné les propriétés cédées aux Algériens ! Double catastrophe : la première mesure teintée de démagogie s’est traduite par la cession des usines et autres sociétés de réalisation aux travailleurs. Cette mesure concernait surtout les entreprises locales appartenant aux municipalités et aux wilayas. Une grave décision qui a privé ces circonscriptions d’un apport financier certain qui participait à la réduction des taux de chômage.

Dernièrement, le ministre de l’Intérieur appelait les élus locaux à plancher sur les moyens d’améliorer les performances de l’économie locale, oubliant que c’est un autre ministre de l’Intérieur qui a privé les communes et les wilayas de leur gagne-pain ! Quant aux travailleurs bénéficiaires, ils n’ont pas mis longtemps à se désorganiser et à se diriger vers le notaire pour céder leurs parts à un potentat local.

La seconde a concerné les grandes entreprises cédées aux «copains», c’est-à-dire à ceux qui ont financé la campagne électorale du vainqueur. Ces derniers ont été bien récompensés puisqu’ils se sont vu offrir de grandes sociétés qui n’étaient guère en difficulté. Et le pot-aux-roses, c’est leurs avoirs en dépôts bancaires et en biens immobiliers. Des sommes énormes contre un achat ridiculement bas et de surcroît financé par les banques publiques ! Voilà la privatisation version FMI «retouchée» par l’oligarchie locale.

Ces conseillers à la noix de coco veulent imposer leur choix, leur idéologie, cette conception du monde bâtie sur un ordre désuet, fonctionnant exclusivement au profit des nantis et dont la finalité est leur perpétuel enrichissement ! Et comme rien ne se perd et tout se transforme, cet argent est pris aux pauvres ! C’est par l’endettement que l’on piège les Etats et les citoyens ! Et l’outil premier de ce vol organisé est la banque.

Voilà pourquoi l’Ordre de l’injustice et de l’exploitation a vacillé lorsque la crise a touché le cœur du système, créant une véritable panique chez les gouvernants occidentaux. On a vu les pouvoirs courir au chevet de ces institutions financières frappées par une maladie nouvelle. Non, pas ça ! Tout, sauf les banques. Fin 2008, le gouvernement américain de George Bush mettait sur la table 700 milliards de dollars (oui, vous avez bien lu) pour sauver les banques américaines ! Les Européens en faisaient de même. Certaines banques furent même «nationalisées» ! En Allemagne, on proposa de nationaliser Opel en difficulté !

Ces machiavels n’éprouvaient plus leur répulsion habituelle à entendre le mot «nationalisation» car il s’agissait en fait de sauver des sociétés privées. Il s’agissait de mobiliser l’argent public, l’argent de la communauté, pour éviter à des biens privés de s’écrouler ! Evidemment, et comme l’idéologie reste la même, et une fois la tempête passée, on remettra les banques et les sociétés sauvées à leurs propriétaires !

Personne n’en saura rien. Parce que les moyens d’information ne présenteront jamais les choses telles qu’elles sont. Leur rôle est de manipuler, de dissimuler la vérité, de présenter les événements sous un angle déformé, un angle qui arrange les intérêts de leurs maîtres.

Sauf que, de crise en crise, le capitalisme, qui n’a plus que les guerres injustes et les attentats commandités pour tenter de freiner la révolution citoyenne,  ne peut plus s’inventer chaque jour un nouveau masque pour tromper les peuples. Il est certain que la grande escroquerie née un 11 septembre est en train de s’écrouler.

Le 21e siècle commence aujourd’hui. Les peuples ne veulent plus que les banques commandent. Les peuples ont compris que les télévisions mentent à la vitesse de la lumière. Les peuples qui ont fait l’Histoire ne veulent plus de l’ancien système et de sa dialectique surannée. Ils sont en train d’inventer une nouvelle pensée qui met aux oubliettes les connaissances des profs et les ridicules certitudes des éditorialistes !
 

P. S. : 2018 va s’achever dans quelques jours. Comme à chaque fin d’année, nos pensées les plus émues vont à l’homme que le peuple n’oublie pas malgré le mur du silence érigé autour de sa tombe et l’usure des ans. Les travailleurs, les paysans, les jeunes, les femmes, les masses défavorisées savent qu’elles ont perdu à jamais l’homme qui s’épuisait à poursuivre la voie révolutionnaire tracée par les martyrs. A chaque 27 décembre, nous sommes de plus en plus nombreux à saluer son âme et à prier pour lui. Si nous sommes de plus en plus nombreux, c’est parce que les jeunes générations ont été plus fortes que la falsification, la manipulation et le révisionnisme. Elles savent que si se diriger au dispensaire pour une visite ou se faire opérer à l’hôpital sans débourser un sou, c’est grâce à la médecine gratuite instituée un 1er janvier 1974 ! Elles savent que le logement gratuit, l’école, le lycée et l’université gratuits, sont de grandes décisions historiques prises par Boumediène. Il y a tant d’autres acquis qui perdurent et qui feront que son nom restera à jamais lié à cette terre des humbles et des baroudeurs qu’il a si fièrement incarnée !

Source : Le Soir d'Algérie

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