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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Au lendemain de l'annonce par le Premier ministre du durcissement de la répression contre les manifestations de rue, on a assisté hier, dans la capitale, à une démonstration massive des brigades anti-émeutes, prenant prétexte d'un "appel anonyme" à un rassemblement. Eclairage.

A l’approche de l’élection présidentielle. La gestion par la peur et la menace du chaos

Par Ali Boukhlef, 2 décembre 2018. Liberté

Dans le message attribué au chef de l’État, il est clairement fait référence à la menace du chaos si Abdelaziz Bouteflika ou son régime ne sont pas reconduits. En presque vingt ans de règne, jamais le chef de l’État n’a usé d’un langage aussi menaçant que celui employé dans le message lu en son nom par Habba El-Oqbi lors de la rencontre gouvernement-walis.

Le message plein de violence et belliqueux  a été suivi le lendemain par une menace à peine voilée du Premier ministre envers les Algériens qui seraient tentés de manifester. Après le temps des promesses électorales et des réalisations tous azimuts, le pouvoir n’a plus rien à donner, sinon le bâton. C’est ainsi qu’en deux jours, les allusions et les attaques lancées dans le message attribué au chef de l’État, lu mercredi par le secrétaire général de la présidence de la République, ont été traduites par une instruction, plus claire, d’Ahmed Ouyahia. “L’État s’est (…) doté d’importantes forces de police et de gendarmerie parfaitement formées pour contenir toute tentative de semer le trouble dans les cités, dans les stades et sur la voie publique”, a lancé le Premier ministre aux walis auxquels il a demandé de “faire usage avec discernement de ces moyens préventifs et de maintien de l’ordre”.

Si le Premier ministre a déjà dénoncé, dans un discours prononcé en septembre dernier, les refus d’appliquer la loi et les actes de délinquance, son propos, ici, est dirigé plutôt contre ceux qui voudront s’opposer aux options du régime. La préparation du 5e mandat (ou d’une succession qui viendrait du régime) et la dégradation de la situation socioéconomique des citoyens sont des sujets de grande préoccupation pour le pouvoir.

Ces problèmes sont tellement pris au sérieux que les autorités se mettent en alerte à la moindre rumeur. Hier, la capitale était quadrillée par un dispositif policier dès qu’un groupe a diffusé sur les réseaux sociaux des rumeurs faisant état de l’organisation d’une manifestation aux alentours de Bab El-Oued, à Alger.

Pis encore, depuis quelque temps, toutes les manifestations culturelles, politiques et même sportives sont interdites sans “autorisation” des autorités administratives. C’est dans ce cadre que les cafés littéraires, animés dans certaines villes, notamment en Kabylie, sont désormais “soumis” à d’étranges autorisations de l’administration sous peine d’être interdites. Alors qu’officiellement, seule Alger est soumise à l’interdiction de manifestations publiques, les marches sont désormais interdites dans les quatre coins du pays. La Kabylie, jusque-là épargnée, va probablement être concernée.

Cela a d’ailleurs commencé avec l’interdiction d’une manifestation qui devait avoir lieu, il y a quelques jours, pour réclamer la libération du blogueur Merzoug Touati. En plus de la fermeture de tous les espaces d’expression, les autorités jouent sur les peurs. Dans le message attribué au Chef de l’État, il est clairement fait référence à la menace du chaos si Abdelaziz Bouteflika ou son régime ne sont pas reconduits.

Ou c’est “la continuité” ou c’est “le chaos”. Telle semble être la nouvelle devise du système politique. Et les jours à venir s’annoncent encore plus noirs pour les Algériens qui voudront remettre en cause un ordre établi, désormais confondu avec “ordre public”.
Source : Liberté

 

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