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Publié par Saoudi Abdelaziz

Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens des Santé publique (SNPSP). Photo DR

Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens des Santé publique (SNPSP). Photo DR

Quelles sont les revendications urgentes du monde du travail actuellement ? Concrètement, il faut commencer par l’amélioration et la mise en place de mécanismes de protection du pouvoir d’achat.

Propos recueillis par Nissa Hammadi, 10 novembre 2018. Liberté

Le Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP) est l’un des adhérents de la confédération nationale des syndicats autonomes. Son président nous explique le pourquoi d’un tel projet et l’impact recherché.

Le projet de création d’une confédération de syndicats autonomes entre dans sa phase finale puisque la date du 10 novembre a été arrêtée pour la tenue d’une assemblée constitutive. Pensez-vous que le mouvement syndical est aujourd’hui assez mûr pour franchir ce pas ?
 

Lyes Merabet. Il est essentiel pour nous de rappeler que le droit à l’exercice syndical est reconnu et donc garanti par la Constitution pour tous les citoyens (article 70). À ce titre, le projet de création de la Confédération des syndicats algériens (CSA) se veut être une traduction pratique de l’esprit de la Constitution conformément aussi aux dispositions précisées par les articles 4 et 7 de la loi 90-14 du 02 juin 1990 portant modalités d’exercice syndical.
Trente ans après l’entrée en vigueur du pluralisme syndical dans notre pays, il est important de relever le capital-expérience accumulé par les syndicats autonomes dans les différents secteurs d’activité tant sur le plan de la structuration, de la formation des cadres syndicaux, que sur celui de la lutte à travers la négociation et la protestation.
Nous considérons aujourd’hui que les efforts doivent converger pour concrétiser ce projet convoité par tant de syndicalistes depuis l’avènement de la pluralité dans notre pays.

Les syndicats autonomes ne sont pas à la première tentative d’union. Qu’est-ce qui a retardé la concrétisation de ce projet ?

Les raisons du retard sont à rechercher dans la relation répulsive qu’a de tout temps entretenue le gouvernement avec les syndicats autonomes de manière générale, mais pas que, puisque d’autres raisons, aussi objectives, dépendent des organisations syndicales elles-mêmes, comme le problème de leadership et les différents conflits ayant atomisé des syndicats ou conduit à leur clonage.

Comment sera articulé le plan de travail de cette confédération ? Quelles seront ses priorités en termes de revendications des droits des travailleurs ?

Pour l’essentiel, je dirais que relever le défi et concrétiser l’objectif de la création d’une nouvelle confédération syndicale à côté de l’UGTA serait déjà un exploit. Dans l’urgence, il y a la plateforme de l’Intersyndicale qui reste intéressante et qu’on pourrait actualiser.
Il s’agit notamment de la défense des libertés syndicale et du droit de grève, d’établir les voies d’un véritable dialogue social entre le gouvernement et les organisations syndicales représentatives des travailleurs, d’améliorer et de protéger le pouvoir d’achat des Algériens, de préserver le droit acquis des travailleurs algériens pour une retraite proportionnelle ou sans condition d’âge après 32 ans de cotisations, participer concrètement à l’élaboration du nouveau code du travail.
Le but recherché à travers cette union des syndicats autonomes est de constituer un contrepoids aux politiques du gouvernement et aux plans d’action du patronat représenté, lui, par plusieurs fédérations et confédérations dans le seul espace de dialogue social que constitue la tripartite dont les syndicats autonomes sont constamment exclus.

Appréhendez-vous des obstacles visant à faire échouer cette initiative ?

Certainement. On s’attend à rencontrer des difficultés dans la concrétisation du projet. Les conditions de l’exercice syndical ont évolué dans le bon sens dans beaucoup de pays ces dernières années et le concept du dialogue social a été consacré par l’assemblée générale de l’Organisation mondiale du travail comme un indice de bonne gouvernance. Il n'est pas question pour nous de suggérer à l'autorité compétente des raisons éventuelles qui pourraient motiver un refus.
Nous nous sommes attelés au respect strict des dispositions réglementaires prévues par la loi 90-14 dans l'esprit des conventions internationales ratifiées par notre pays, notamment la convention n°87 de l'OIT.

Quelle appréciation portez-vous sur le projet du code du travail ?

En fait, on est au stade de l’avant-projet. Je rappelle que l’ex-ministre du Travail nous l’a remis officiellement le 29 janvier 2017 avec l’engagement ferme de travailler en concertation pour finaliser de manière consensuelle un projet de texte de loi. Son départ a remis en cause tout ce processus et, depuis, plus aucune information n’est donnée sur le nouveau code du travail. Objectivement, la mouture de l’avant-projet que nous avons remise en cause entrave le droit syndical et le droit de grève.
Ce texte prône plus de flexibilité dans l’emploi à travers la généralisation de l’emploi précaire et individualisé (contrat à durée déterminée), l’introduction de facilitations pour le travail des enfants dès l’âge de 16 ans et même à 6 ans dans certains cas, en plus des insuffisances en matière de protection des travailleurs contre toutes les formes de harcèlement et le licenciement.

Quelles sont les revendications urgentes du monde du travail actuellement ?

Concrètement, il faut commencer par l’amélioration et la mise en place de mécanismes de protection du pouvoir d’achat.

Source : Liberté

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