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Publié par Saoudi Abdelaziz

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Une visite aussi embarrassante que provocatrice

Par Kharroubi Habib, 25 novembre 2018

http://www.lequotidien-oran.com/files/spacer.gif La visite que va effectuer en Algérie le sulfureux prince héritier et homme fort de la monarchie Mohamed Ben Salmane embarrasse sans aucun doute les autorités du pays.

Non pas parce qu'elles répugnent à accueillir un homme dont l'implication quasi avérée dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi l'a rendu infréquentable, mais en raison que sa venue provoque dans l'opinion nationale une déferlante d'indignation qui pourrait donner lieu à des démonstrations d'opposition populaire à sa visite tout autant qu'au pouvoir en place qui l'a acceptée.

Il est vrai qu'à moins de provoquer une grave crise diplomatique entre l'Algérie et la pétromonarchie saoudienne, les autorités du pays ne pouvaient qu'accepter de recevoir l'encombrant personnage qui jusqu'à preuve du contraire est toujours aux commandes à Ryad. Les considérations diplomatiques qu'elles ont prises en compte pour donner leur accord à son inconvenante visite ne rendent pas pour autant celle-ci admissible pour la majorité des Algériens.

Bien avant même que n'éclate l'affaire Khashoggi et n'éclabousse de manière indélébile la famille régnante saoudienne, les Algériens n'ont jamais fait mystère de leur aversion à l'endroit de cette dernière et la manifestent sans se préoccuper de ses incidences sur les relations étatiques algéro-saoudiennes.

A beaucoup d'Algériens, il apparaît que les autorités de leur pays font montre d'une coupable faiblesse à l'endroit d'une monarchie dont l'attitude à l'égard de l'Algérie est celle de l'hostilité assumée allant jusqu'à avoir tenté de provoquer sa désintégration en tant que nation en soutenant et voire même en suscitant les extrémismes qui visent au même but.

Ce n'est pas ce que cette monarchie fait contre la Syrie et le Yémen, ni le soutien constant qu'elle accorde au Maroc voisin dans ses différends avec l'Algérie qui peuvent rendre compréhensible pour le citoyen lambda le fait que les autorités de son pays persistent à entretenir avec elle la fiction de relations « fraternelles » et à dérouler le tapis rouge à ses émirs dont l'algérophobie se manifeste ouvertement et a parfois donné lieu à des prises de position de leur part qui reflètent leur détermination à nuire à l'Algérie, coupable selon eux de refuser de plier devant le leadership du monde arabo-musulman dont leur monarchie s'arroge l'inacceptable droit.

Dans le contexte politique algérien bouillonnant en raison de problèmes endogènes qui valent au pouvoir d'être la cible d'une contestation grandissante, la venue de l'encombrant et révulsant prince héritier saoudien risque d'avoir l'effet d'une étincelle qui allumerait le feu dans un terreau dont les autorités semblent sous-estimer qu'il soit propice à l'embrasement.

Source : Le Quotidien d'Oran

Liens économiques algéro-saoudiens: On n’échange rien, ou presque

Par Lyas Hallas, 25 novembre 2018

Hormis les dépenses pour le pèlerinage, hadj et omra, les Algériens n’achètent pas de prestations saoudiennes. Ils ne vendent rien aux Saoudiens non plus.
 

Selon le rapport statistique des Douanes algériennes pour l’année 2017, l’Arabie Saoudite ne figure ni sur la liste des clients ni sur la liste des fournisseurs de l’Algérie. Dans le top 15 des clients et fournisseurs de l’Algérie établi par ce rapport annuel, l’Arabie Saoudite n’a figuré qu’une seule fois, en 2016, comme 14e fournisseur du pays avec 646 millions de dollars, soit 1,38% des importations.

Idem pour les investissements. Chaque année, Algériens et Saoudiens tiennent une session du Conseil d’affaires algéro-saoudien avec des rencontres B to B et promettent d’investir de part et d’autre. Mais, rien de concret pour le moment. Les objectifs de porter le volume des investissements à 15 milliards de dollars restent un vœu pieux.

En effet, les liens économiques entre l’Algérie et l’Arabie Saoudite se résument en le lobbying que les gouvernements des deux pays mènent de temps en temps ensemble au sein de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) pour la régulation du marché de l’or noir. Pis, souvent les deux gouvernements n’ont pas la même vision des choses. L’on se rappelle des polémiques opposant Chakib Khelil à Ali Al-Naïmi.

Aujourd’hui, le ministre saoudien de l’Energie, Khaled Al Faleh, mène la barque de l’Opep tout seul. Il est seul décideur au sein de l’organisation et l’Arabie Saoudite régule le marché plutôt en association avec ses alliés américains.

Bref, les échanges commerciaux entre les deux pays ne vont pas être intensifiés de sitôt parce que les opérateurs des deux pays n’y trouvent pas un intérêt. Et la visite du prince héritier Mohamed Ben Salmane, annoncée pour le 6 décembre prochain, est à lire à l’aune des pressions subies par l’Arabie Saoudite ces derniers temps. Un déploiement diplomatique pour desserrer un peu l’étau qui se resserre sur le royaume wahhabite à cause de l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi.

Source : Le Soir d'Algérie

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