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Publié par Saoudi Abdelaziz

Le régime algérien ne cesse d’innover dans la diversion et la bêtise.

Un éditorial de Libre Algérie

19 novembre 2018

Les tenants du pouvoir inventent et rénovent dans les techniques de manipulation et de diversion. Grace à une succession d’actes insignifiants mais subtilement amplifiés, ils ont réussi à créer des débats stériles et sans lendemain à travers tous les médias et dans la société.

L’attention détournée ou forcée à s’occuper du quotidien, le citoyen est loin de s’intéresser aux spectacles lamentables et rocambolesques à l’APN. La scène politique a été longtemps dominée par le cadenas « national ». Le régime algérien ne cesse d’innover dans la diversion et la bêtise. Les « événements » qu’avait connu les jours l’APN ont mis à nu le niveau médiocre de députés aux ordres et sans conscience. L’utilisation sans vergogne de ces pseudos représentants du peuple ne visait qu’à détourner l’opinion publique de l’essentiel qui se passe au sein du sérail déjà très opaque.

Etant à la veille d’une élection présidentielle, cette diversion ne peut servir dans l’immédiat qu’a régler le problème de succession à la tête de l’Etat. Si l’utilisation d’un cadenas national peut constituer une solution pour le règlement d’un problème au sommet, cette invention absurde peut aussi se généraliser. Compte tenu des conditions de vie insupportables du citoyen conjuguées aux nombreuses révoltes et au mépris affichés par les autorités, le risque de voir la décentralisation du cadenas est grand. Ainsi à défaut de la décentralisation des moyens et des pouvoirs au profit des élus locaux, nous assistons à la déliquescence avancée des institutions de notre pays.

Pendant que des voix s’élèvent un peu partout pour une solution à la vacance de la présidence et au changement dans le pays, nous assistons à la clochardisation sans précédent d’une assemblée nationale déjà assez avilie et sans aucune crédibilité.
Cette image hideuse de « cadenation » symbolise la fermeture violente du régime algérien depuis l’indépendance du pays.

Ni la violence et la laideur de l’acte, ni l’image sordide exprimée, encore moins l’illégitimité et l’illégalité n’ont fait reculer ces fonctionnaires politiques. L’allégeance pour des postes et des privilèges transcendent toute considération d’éthique et principielle.

Il n’échappe à personne que ces fonctionnaires particuliers sont désignés à l’APN pour accomplir ce genre de basse besogne. C’est avec leur obéissance et soumission sans aucune limite que les décideurs ont créé un blocage artificiel pour ensuite le solutionner. C’est une tradition ancrée depuis des décennies. Il s’agit d’inventer de toutes pièces un problème bien maitrisé dès sa naissance pour ensuite lui apporter une solution préfabriquée depuis le début de la mascarade.

Une triste performance est atteinte avec une confusion au sommet par des attaques d’un ministre contre son premier ministre. Le remue-ménage et les coups bas propres aux dirigeants algériens n’en finissent jamais. Tenant éloignée l’opinion par ces ignobles exutoires, le carnaval durera le temps que le problème de rééquilibrage ou que la solution « idoine » recherchée soit trouvée. Pendant ce temps les atteintes aux droits de l’homme et à la liberté d’expression se multiplient. Des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme sont arbitrairement emprisonnés.

Après avoir usé et abusé de la triche et de l’imposture, les dignitaires du régime en panne d’imagination tombent dans des pratiques humiliantes pour les hommes et les institutions. Aujourd’hui, par cette opération infâme, le pouvoir a réussi aussi discrédité l’ensemble des élus, c’est-à-dire tout ce qui vient du peuple, y compris ses représentants les plus légitimes déjà affaiblis par le manque de moyens et de prérogatives.

Si tous ces débats insensés ne servent qu’à ajouter un mandat aux mandats ou à changer un homme par un autre au sein du régime, nous pouvons dire sans nous tromper que le fond est atteint.

Notre pays n’est pas prêt de se relever de la dictature, de la faillite du système et des choix aux antipodes des aspirations du peuple depuis 1962. Le risque de désintégration est immense. Le véritable débat, sans haine, sans ressentiment et sans conditions consiste à trouver tous ensemble et en urgence les voies et moyens afin d’apporter des solutions à la profonde crise et a l’illégitimité de manière politique, pacifique, démocratique et globale.

Source : Libre Algérie

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