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Publié par Saoudi Abdelaziz

"Incertitudes au sommet" titre El Watan qui affirme ; "Les signes de colère sont perceptibles dans les éléments de langage utilisés contre les critiques qui ne sont pas nommés dans ce message : «aventuristes», «amateurs de la culture de l’oubli», «partisans de la succession des personnes», «faucilles des massacres»"La Présidence de la République vient de sonner la fin de la récréation", admire au contraire le site Algérie-Part dont le directeur Abdou Semmar vient pourtant de sortir de ce qu'il appelle le "Grand bagne d'Alger" (en fait, la prison préventive d'El Harrach). L'interprétation du message de Bouteflika est ici quasiment dictée par les services de la Présidence. Une allégeance insolite!

Élection présidentielle 2019 : Incertitudes au sommet

Par Madjid Makedhi, 29 novembre 2018

EXTRAIT

"La lettre véhicule, on ne peut plus clairement, un agacement face aux multiples critiques de son bilan général et de la volonté du pouvoir d’imposer un 5e mandat. Les signes de colère sont perceptibles dans les éléments de langage utilisés contre les critiques qui ne sont pas nommés dans ce message : «aventuristes», «amateurs de la culture de l’oubli», «partisans de la succession des personnes», «faucilles des massacres»

Dans son long texte, dont la lecture a été pénible pour Habba El Okbi, qui a dû ingurgiter plusieurs gorgées d’eau pour s’acquitter de cette tâche, le chef de l’Etat, absent de la scène en raison de son état de santé, n’a pas lésiné sur les qualificatifs pour charger ses adversaires. Après un bref rappel de ses «réalisations» sur les plans de la sécurité, la stabilité et la reconstruction du pays, il aborde le débat du moment.

«Manœuvres politiciennes»

«Si certains réduisent les enjeux du présent et de l’avenir au changement et à la succession des responsables et des personnes, et entreprennent, pour des raisons obscures, de propager cette idée, vous savez, vous qui êtes sur le terrain, à relever au quotidien les défis sécuritaires et socioéconomiques, que l’enjeu est beaucoup plus grand», précise-t-il.

Pour lui, ces derniers sont des «aventuristes» qui «promeuvent la culture de l’oubli, du déni et de la négation» et qui «ne seront jamais des forces de construction et d’édification».

«Bien au contraire, ils dissimulent les faucilles du massacre, qu’ils n’hésiteront pas à utiliser pour faire basculer le pays dans l’inconnu», lance-t-il. Dans la foulée, le chef de l’Etat qualifie également d’anormal que «la stabilité de notre pays soit ciblée par des cercles de prédateurs et de cellules dormantes qui s’acharnent à attenter à sa crédibilité et à la volonté de ses enfants».

«Les manœuvres politiciennes, que nous observons à l’approche de chaque échéance cruciale pour le peuple algérien, sont la preuve tangible de ces intentions inavouées et s’éclipsent dès que notre valeureux peuple leur tourne le dos», estime-t-il.

Abdelaziz Bouteflika dénonce, au passage, «l’atteinte à la stabilité des institutions de l’Etat» qui est, selon lui, «une atteinte à la Constitution et à l’un des piliers de ce pays inexpugnable qui nous réunit et nous protège contre les visées des haineux». Poursuivant, il appelle à «l’adhésion autour des institutions de la République et leur défense» pour «barrer la route à toute tentative de leur instrumentalisation pour de funestes visées ou pour leur déstabilisation».

«Nos concitoyens ne sont découragés ni par les défis ni par les enjeux auxquels ils sont confrontés, mais par les manœuvres infâmes et les manigances dans lesquelles certains se positionnent en spectateur, en guetteur ou en conspirateur, bien qu’elles ciblent notre peuple et pays», ajoute-t-il.

«Ces manœuvres infâmes sont, souligne-t-il, des attitudes inacceptables» qui obligent «chacun à assumer sa responsabilité et à s’engager pleinement dans les options politique et économique nationales ou à en sortir définitivement». «L’ère des demi-mesures est révolue», a tranché le Président. Source : El Watan

 

Les « prédateurs », les « aventuristes » et « les faucilles du massacre » :

Que faut-il comprendre de la sévère en garde la Présidence ?

Par La Rédaction, 29 novembre 2018. Algérie-Part

EXTRAITS

Que faut-il réellement comprendre de ce discours unique en son genre ?

D’abord, la Présidence de la République veut en finir une fois pour toute avec cette guerre psychologique que l’on appelle communément dans les médias "la guerre des clans". La décision politique revient, d’abord et avant-tout, à la Présidence de la République. Cette institution est la seule instance dépositaire légitime du pouvoir en Algérie. Les autres « manœuvres » alimentées par des « rumeurs » ne disposent d’aucune légitimité et ne reflètent nullement la volonté de l’Etat.

Ce discours traduit également la colère de la Présidence contre les attaques incessantes lancées par plusieurs officines médiatiques en direction de certaines institutions stratégiques du pays, à l’image des services de renseignement dont l’image et l’intégrité morale ont été brutalement malmenées récemment par les dérives médiatiques de certains organes de presse et une chaîne de télévision privée très sulfureuse obéissant à un sombre agenda politique.  « Toute atteinte à la stabilité des institutions de l’État est une atteinte à la Constitution et à l’un des piliers de ce pays inexpugnable », explique sans ambages le discours présidentiel. Le rappel à l’ordre est sans équivalent.

Enfin, le sort des prochaines élections présidentielles prévues en 2019 constitue le dernier axe de ce discours inédit qui marque un tournant majeur dans l’évolution de la situation politique de notre pays. La présidence parle ouvertement de « l’avenir au changement et à la succession des responsables et des personnes ». A ces voix qui appellent à la succession, le président Bouteflika rétorque « la nécessité de la protection des réalisations accomplies par le peuple ces deux dernières décennies et de leur préservation et valorisation à son profit ».

S’agit-il, pour autant, d’une intention clairement formulée « de briguer un cinquième mandat » ? C’est fort probable. Mais il apparaît en filigrane de ce discours que la Présidence de la République refuse catégoriquement de se plier aux pressions exercées à son encontre en prévision des présidentielles de 2019. Il n’est pas question de laisser des cercles occultes soumettre l’Etat algérien à la paralysie en prétextant l’incertitude d’une élection présidentielle. « Face à ces attitudes inacceptables, il incombe à chacun d’assumer sa responsabilité et de s’engager pleinement dans les options politique et économique nationales ou d’en sortir définitivement. L’ère des demi-mesures est révolue », a prévenu en dernier lieu le discours présidentiel. Le message est on ne peut plus clair : la candidature ou la non-candidature du Président Bouteflika ne concerne en aucun cas les autres hauts responsables du pays. Ces derniers doivent s’occuper seulement et uniquement de leur travail pour répondre aux besoins des Algériens. Tout le reste ne relève pas de leurs missions.  Source : Algerie-Part

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