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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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"Le syndicat autonome des journalistes algériens verra le jour d’ici janvier" annonce aujourd'hui  El Watan. «On a perdu beaucoup de temps jusque-là, il est temps qu’on passe à l’action», confie un des initiateur,le journaliste de Sawt Al Ahrar Aziz Touahar. «Nous sommes arrivés à une situation très sensible. La scène journalistique se retrouve face à de gros problèmes qu’on n’a pas eu même sous le parti unique. Les journalistes souffrent d’insécurité, de mépris des employeurs, de conditions de travail et de rémunérations honteuses… D’ailleurs aujourd’hui, plusieurs journalistes n’ont pas pu assister à la réunion à cause de la sensibilité de leur contrat et par peur de représailles de leurs employeurs». El Watan.

Mais que fait le Syndicat national des journalistes SNJ?

En mai 2014 Redouane Boudjemaa, professeur à la faculté des sciences de l’information et de la communication d'Alger confiait dans Libre Algérie:

"Le SNJ, né en pleine crise politique et sécuritaire, était réputé être proche d’un réseau du système et d’un parti politique, se transforme en pleine crise – sous le gouvernement Belaid Abdesslam – en l’allié de l’association des éditeurs de presse. En réponse au SNJ, au début des années 2000 il y a eu la création de la ligue nationale des journalistes, proche du parti au pouvoir. Les deux syndicats ne se sont pas souciés des problèmes socioprofessionnels des journalistes et ont contribué d’une manière ou d’une autre à l’accélération du processus de dé-professionnalisation, de clochardisation en vérité, de la corporation.".

Des Témoignages de mai 2013 mettaient déjà le doigt sur la plaie:

Rabah Abdellah , ancien secrétaire général du syndicat national des Journalistes (SNJ) :

"Nous avons une dichotomie terrible, avec un secteur public plus au moins gâté au niveau salarial, alors que le secteur privé sombre dans la précarité et dans les différents maux". Selon lui, l'actuel SNJ est "illégitime et exerce dans l'illégalité du fait du non renouvellement de son agrément depuis 2005". "Cette situation est la conséquence de l'illégitimité de la direction actuelle du syndicat. Depuis 2005, aucune structure légale du syndicat ne s'est réunie, ni le bureau national, ni le conseil. Leurs mandats étant dépassés", a-t-il expliqué. "Il y a une seule personne, à la tête du SNJ, qui n'a jamais été élu", a-t-il précisé. Il a ajouté que lorsqu'un syndicat est "illégitime et affaibli, il n'est pas en mesure de défendre les revendications des journalistes".

Mustapha Aït Mouhoub, secrétaire général de la section syndicale de l'APS  pense que "la fragilité" de la corporation "est d'ordre organisationnel", soulignant que si la presse "peine à s'organiser, cela est dû à la précarité des journalistes et à leur conditions socioprofessionnelles catastrophiques". "Les syndicats de journalistes ont été souvent dans des combats qui n'étaient pas les leurs. Ils étaient enrôlés dans des combats idéologiques et partisans, alors qu'il devaient s'investir dans des débats sur la liberté de la presse, l'éthique et la déontologie", a-t-il soutenu.

Zoubir Khlaifia, l'un des initiateurs du projet "malheureux" de création d'un syndicat fédérateur de tous les journalistes  "Nous avions constaté que les journalistes vivaient dans la précarité la plus totale. Pour la plupart, ils percevaient un salaire dérisoire et n'avaient pas où loger. Nous avions décidé de nous mettre à la table des négociations avec les éditeurs de presse pour la création de ce syndicat sous la coupe de l'Union générale des travailleurs algériens", a-t-il raconté. Il a précisé, toutefois que les efforts étaient "faussés et voués à l'échec, du fait de la volonté de certains membre de l'exécutif de l'UGTA de faire main basse sur le syndicat, en imposant des noms à leur guise". "Le projet de création du syndicat a été avorté le jour même de la tenue du congrès. Le syndicat a volé en éclats. J'ai tiré comme conclusion alors que les droits des journalistes ne seront arrachés que s'ils se regroupent au sein d'un syndicat indépendant et qui n'a aucune attache partisane ou autre".

Journalistes : un faux syndicat et un vrai qui n’en porte pas le nom

Par Saoudi Abdelaziz, 28 novembre 2011

L’initiative nationale pour la dignité du journaliste (INDJ) a organisé lundi 28 novembre à 10h, un sit-in devant l’Assemblée Populaire National (APN). Cernés par un cordon d'une soixantaine de policiers, plus d'une dizaine de journalistes se sont regroupés devant l'APN pour protester contre les articles du nouveau code de l’information qui sera présenté, ce lundi au parlement.

« 60 % des journaux asservissent et exploitent les journalistes. Ils ne sont pas assurés et ne leur donnent pas leurs droits »   s’est exclamé le porte parole de l’Initiative nationale pour la dignité des journalistes (INDJ), avant de s’interroger: « comment voulez-vous que les journalistes soient nombreux  au sit-in ? » « Certains responsables des journaux ont même interdit à leurs journalistes d’assister au sit-in  et ils les ont menacé de licenciement » argumente notre interlocuteur. (El Watan, 28/11/2011)

  Mais que devient le  Syndicat national des journalistes (SNJ), omniprésent dans les colonnes des journaux à défaut de l’être sur le terrain des luttes.

  Sur les 17 points de revendications présentés par ce « Syndicat », à la veille de la session de l’APN consacrée à l’Information, les douze premiers sans doute par parti pris de « privilégier l’exigence démocratique » convergent avec les  intérêts des patrons de presse en place : rendre plus difficile l’agrément de nouvelles publications concurrentes en alourdissant  les conditions d’accès au poste de directeur de publication, « poste si sensible » ; protection des sources ; autorité de régulation réservée aux professionnels ; accès à l’information ; violation de la vie privée ; droit de réponse et droit de rectification.

 Concernant l’économie de la presse, le syndicat préconise la fin du monopole public sur la publicité exercé par l’ANPE, la possibilité pour les journalistes d’accéder au statut d’actionnaires, etc.

Les revendicatiions plus strictement syndicales, c'est-à-dire liée au pouvoir d’achat et aux conditions sociales, sont réléguées en fin de plateforme, et notamment l’exigence d’une grille des salaires commune au public et au privé. (Le Soir d’Algérie, 28/11/2011)

  Prenant leurs revendications par un autre bout les journalistes de l’Initiative pour la dignité des journalistes mettent d’emblée l’accent dès le début du printemps, sur  « une grille salariale nationale digne de la profession et la création d’un fond des œuvres sociales avec la mise en place de son cadre juridique ».

Mais ce partenaire a du être jugé trop remuant par les « instances ». En effet, après avoir été invités à prendre part à la Commission de la grille des salaires regroupant les syndicats de journalistes, les représentants des médias publics et privés, le ministère de la tutelle ainsi que le ministère du Travail, de l’emploi et de la sécurité sociale ; grande fut leur surprise quand ils découvrent qu’on leur a accordé le statut d’observateurs. (DNA, 9/6/2011).

Réunis jeudi dernier à la Maison de la Presse à Alger, les membres de l’Initiative sont revenus à la charge dans un communiqué critiquant «des tergiversations » du ministère de la communication. « Nous avons constaté beaucoup de flou de la part du ministère de la communication concernant la grille de salaire négociée avec l’UGTA et qui exclue le secteur privé » est-il écrit dans le communiqué. « Le ministère de la communication doit assumer ses responsabilités pour trouver des mécanismes légaux à même de permettre à tous les journalistes de bénéficier la nouvelle grille de salaire » est-il encore ajouté dans le communiqué. (Maghreb Emergent, 27/11/2011)

Source : Algérie-Infos

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