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Publié par Saoudi Abdelaziz

Atelier Baticim. Photo DR

Atelier Baticim. Photo DR

Le cycle privatisation-destruction sera-t-il bouclé encore une fois? L'Etat offre les actions d'un fleuron métallurique à des prédateurs tout en privant de commandes ses ateliers, au profit des importateurs. La combinaison sera-t-elle mortelle encore une fois?

250 travailleurs de Baticim, une SPA de Rouiba spécialisée dans la construction de structures métalliques ont entamé leur troisième semaine de grève. Les métallos en ont assez du processus de liquidation de l'entreprise.

On se rappelle qu'en 2008, appliquant avec zèle les directives du président Bouteflika, le Premier ministre Ouyahia avait vendu au groupe Libanais Karmide 55% des actions de Baticim. Dans la foulée, l'année suivante, il offrait à ce même groupe libanais et à Domet Metri devenu un symbole de prédation, le prestigieux hôtel Ryadh de Sidi Ferruch. Neuf ans plus tard, la Cour suprême confirmera le 25 janvier 2018 la décision du tribunal de Chéraga qui avait ordonné en première instance aux Libanais de restituer à l'Etat algérien l'hôtel Riadh pour non-respect du cahier des charges et des clauses établies par le CPE.

Privatisation prédatrice contre l'emploi.

Filiale du groupe Batimetal au moment de sa privatisation, la société de Construction de Structures Métalliques Industrialisées (Baticim) active dans le domaine de la métallurgie. Elle était également leader national dans le domaine de transport de l’énergie notamment dans la fabrication, la galvanisation et la commercialisation de pylônes électriques basse, moyenne, haute et très haute tension. En outre , elle s’est imposée dans l’électrification du réseau ferroviaire (chemins de fer et tramways) grâce à la fabrication de poteaux caténaires.

Chez Baticim de Rouiba , le bilan de la privatisation est désastreux. «Cet investisseur avait promis d’améliorer la production et nos conditions de travail. Malheureusement, dans les faits, c’est le contraire qui s’est produit. Il s’est engagé même à exporter nos produits, en vain. Aujourd’hui, il refuse même d’augmenter nos salaires. Pis encore, il a réduit l’effectif de moitié. La filiale employait 600 personnes en 2013. En ce moment, on est 295», indique le secrétaire général du syndicat de l’entreprise, Zitouni Réda. Selon lui, la grève a débuté le 14 novembre, en raison du refus des dirigeants de l’entreprise de donner des réponses claires à leur plateforme de revendications.

"L'Etat dans l'Etat"

La dernière fois que l'entreprise a fait la une des journaux c'était en janvier 2014 lorsqu'un millier d'ouvriers de l'usine de Rouiba avait coupé la route. Ramdane Koubabi expliquait dans El Watan : " Il s’agit des employés de la société de construction de structures métalliques et industrielles (Baticim) qui ont observé un arrêt de travail hier dans plusieurs unités à travers le pays pour dénoncer «l’octroi par Cameg, une filiale de Sonelgaz, d’un marché de 25 milliards de dinars environ portant acquisition de pylônes électriques à une entreprise étrangère alors que la leur est leader dans le domaine en Algérie».

Cameg avait ajouté une clause dans l'avis d’appel d’offres qui permet d'éliminer Baticim automatiquement. Ramdane Koubabi rapporte : "Les protestataires, portant des tenues bleues, ont brandi plusieurs banderoles sur lesquelles on pouvait lire entre autres : «Non à l’importation de pylônes électriques au détriment de la production nationale» ; «N’hypothéquez pas l’avenir de nos enfants !» ; «On est en chômage technique»…

Certains affirment que «Baticim est le premier et meilleur fabricant de pylônes électriques dans le pays», en rappelant qu’«il a obtenu deux certificats ISO, 14001 et 9001, pour le respect des normes internationales».

Présent à la manifestation, le secrétaire général de l’union locale de l’UGTA, M. Messaoudi, n’a pas mâché ses mots à l’égard des responsables du gouvernement. «On ne sait plus qui décide dans ce pays. On dirait qu’on a un Etat dans l’Etat», s’est-il indigné."

Source : Liberté, El Watan, Bourse-dz

Lire aussi: SONELGAZ poursuit impunément la destruction de l'industrie algérienne

 

 

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