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Publié par Saoudi Abdelaziz

Les cantines des écoles primaires seront privatisées. Photo DR

Les cantines des écoles primaires seront privatisées. Photo DR

Comme pour d'autres services publics, la prolongation de la gestion bureaucratique autoritaire et hasardeuse ne semble avoir été conçue que pour rendre inévitable la privatisation par le vide. Il était en effet évident que comme partout dans le monde la gestion des cantines scolaires est d'abord la tâche des collectivités locales. En Algérie, en dépit du bon sens, c'est l'Etat central qui en a gardé directement la responsabilité jusqu'en 2017. Le système algérien de pouvoir ayant infantilisé les APC et exclu le contrôle citoyen, ou même parlementaire, l'échec est avant tout celui de la gestion antidémocratique des services publics.

"Que cache cette décision ?» s’interroge Boualem Amoura, président du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef). Pour lui, au lieu de privatiser, «les hautes autorités du pays doivent d’abord améliorer l’état des cantines scolaires qui sont sales. Et si l’Etat ne le fait pas, le privé n’en fera rien ! Il ne cherchera que le profit. Avec la corruption qui a gangrené tous les secteurs en Algérie, nos élèves mourront de faim et d’épidémies. Nous sommes contre cette décision et nous le réaffirmerons à tout moment. Nous lutterons pour l’amélioration des repas des cantines scolaires et aussi l’amélioration de l’hygiène dans ces dernières», conclut notre interlocuteur.

Pour Messaoud Boudiba, porte-parole du Cnapeste, "déléguer la gestion des cantines scolaires aux entreprises privées ne fera qu’ôter à l’école son caractère social et pédagogique et lui attribuer un nouvel aspect purement commercial. Privatiser les cantines est la première marche vers la privatisation de l’école. Chose que nous refusons totalement, surtout que cette décision permet l’intrusion de personnes étrangères au système éducatif.

La solution est de renforcer la liaison entre les cantines scolaires et l’aspect pédagogique de l’école. L’APC ou les collectivités locales doivent subvenir aux besoins matériels et humains de la cantine en léguant la gestion de cet espace aux dirigeants de l’école.

Il faut également lui redonner l’orientation pédagogique qu’elle mérite et la considérer comme un espace d’apprentissage pratique de beaucoup de principes, tels que l’alimentation saine et l’équilibre dans les repas, les bonnes manières à table, le respect des autres, les bases du civisme et de l’hygiène et bien d’autres. Privatiser un tel espace est une préparation à l’atteinte à l’intégrité de l’école publique."

Propos recueillis par Isma Bersali . El Watan

 

POST-SCRIPTUM

La cantine au cœur de l'école

Chaque jour dans le monde, plus de 368 millions d'enfants reçoivent un repas à l'école, selon un rapport publié en 2013 par le Programme alimentaire mondial (PAM). Cette agence des Nations unies évaluait alors le budget mondial de la restauration scolaire entre 36 et 58 milliards d'euros par an. "Ces chiffres illustrent la reconnaissance quasi universelle de l'importance de la restauration scolaire", affirme le rapport.

"La cantine peut faire bien plus que nourrir les enfants, assurent les auteurs du rapport. Il existe deux raisons principales d'instaurer des programmes de restauration scolaire : répondre à des besoins sociaux et fournir un filet de protection sociale pendant les crises ; et soutenir le développement de l'enfant par l'amélioration de la nutrition et de l'apprentissage scolaire."

« Un repas fourni à l’école agit comme un aimant pour maintenir les enfants en classe », constate Ertharin Cousin, la directrice exécutive du Programme alimentaire mondial.

L'expérience a en effet montré l'augmentation significative des résultats scolaires pour les enfants bénéficiant d'un tel programme, ainsi qu'une plus forte croissance : quasiment un centimètre de plus en deux ans par rapport aux autres enfants. La restauration scolaire permet également de fournir des aliments fortifiés pour lutter contre les carences en fer ou en vitamine A.

Source : Le Monde.fr

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anna 25/03/2019 12:21

la pause déjeuner est un moment de partage et de gaieté, l’occasion de reprendre des forces et de goûter, tout ça revient au enfants une énergie positif.