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Publié par Saoudi Abdelaziz

Comment l'Etat puise dans la caisse de la CNAS pour financer son propre budget sans rapport avec les besoins des cotisants. Comment fonctionnent vraiment les transferts sociaux et le soutien des prix. A l'encontre du discours officiel, les faits ont été révélés par l'expert social Noureddine Bouderba, au cours de la journée d'étude sur le pouvoir d'achat organisée par l'Intersyndicale autonome. A l'ordre du jour aussi la préparation de l'assemblée générale constitutive de la nouvelle confédération syndicale qui permettra d'en finir avec le monopole anachronique de représentation attribué par le régime à la centrale UGTA, "gardienne de la paix sociale".

Extraits des comptes rendus parus ce matin dans la presse quotidienne.

 

Intersyndicale de la fonction publique : Une stratégie de protestation en préparation

Par Asma Bersali, 14 octobre 2018

Noureddine Boudiba du syndicat Cnapeste. DR

(...)  «Les acquis sociaux sont aujourd’hui menacés et nous sommes dans l’obligation d’agir pour les préserver. Un enseignant qui fait partie de la classe moyenne perçoit aujourd’hui un salaire en dessous du seuil moyen de la vie décente. Cela met en déséquilibre l’école, le secteur et tout le pays», explique M. Boudiba (porte-parole du CNPEST, ndlr) qui considère que ces rencontres visent l’information et la mobilisation de tous les travailleurs pour faire face aux politiques gouvernementales qui portent atteinte à l’environnement du travail. Il cite la généralisation des CDD dans le projet de code du travail qu’il qualifie d’incitation à l’exploitation sans retenue de l’employé.

Un avis partagé par Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP), qui juge que le projet de code du travail est plus au service de l’employeur que de l’employé. Il a estimé qu’il est important aujourd’hui de revoir à la hausse les salaires qui n’ont pas évolué depuis plus de 7 ans, au moment où la valeur du dinar est en chute libre et les retenues sur salaires en hausse. Meziane Meriane, président du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest), a appelé à la maîtrise de l’hémorragie de l’évasion fiscale ainsi qu’à mieux répertorier les maladies professionnelles des enseignants. En plus des maladies de la gorge, il demande à ajouter celles liées au stress, telles que les maladies cardiovasculaires.

Après une matinée de débat, les syndicats présents à cette rencontre ont tenu, dans l’après-midi, une réunion de préparation pour l’assemblée générale constitutive de la confédération nationale des syndicats autonomes.

Une autre réunion est prévue pour les prochains jours afin d’annoncer la date exacte de cette AG. Pour les syndicalistes, cette organisation ne vise pas à tenir tête à l’UGTA ou à la prendre pour cible, mais plutôt à représenter les travailleurs et défendre leurs intérêts et leur pouvoir d’achat face aux décisions du gouvernement. Dans le volet Sécurité sociale, thème de cette rencontre, plusieurs recommandations ont été émises, dont la création d’un observatoire de retraite, l’augmentation du SNMG de 50% sur 2 ans et rétablir la retraite sans condition d’âge, qui en réalité n’avait pas d’effet important sur l’équilibre de la Caisse nationale des retraites.

Source : El Watan

L’Intersyndicale au chevet du pouvoir d’achat

Par Wafia Sifouane, 14 octobre 2018

(...) Noureddine Bouderba explique clairement comment la Sécurité sociale algérienne s’est éloignée de ses principaux objectifs pour servir comme une sorte de caisse de renfort pour l’Etat algérien. « La Sécurité sociale est l’un des plus grands accomplissements de l’Algérie mais, au lieu de la juger d’un point de vue financier, on doit se référer aux bases et objectifs de la Sécurité sociale, car ils n’ont jamais été vraiment respectés », a indiqué Noureddine Bouderba.

Les mécanismes et ressources de la Sécurité sociale n’ont pas évolué : «Durant les années 1970, la médecine était gratuite, le citoyen algérien bénéficiait d’une prise en charge de 100 %, alors que ce n’est plus le cas aujourd’hui. En 1990, les dépenses de la Cnas en matière de remboursement de médicaments ont été de 4,6 %, alors qu’en 2017, elles sont de 46%, soit 200 milliards de dinars », a précisé l’expert.

En plus des mutations de la société non prises en considération par la Cnas, le conférencier a déploré le recours systématique du gouvernement aux caisses de la Sécurité sociale alors qu’il s’agit de l’argent des travailleurs. « La Sécurité sociale n’a jamais eu le plein pouvoir sur ses ressources, patrimoine et dépenses. Surtout ce que j’appelle les dépenses de solidarité nationale qui ne devraient en aucun cas être assurées par la Caisse nationale de la retraite (CNR).

Entre 1985 et 1989, 223 structures appartenant à la Sécurité sociale ont été reprises par le gouvernement et affectées vers des structures de l’Etat sans débourser un centime, alors que le prix de ces structures est estimé à 22 milliards de dinars », a-t-il fait savoir.
Dans ce sens, il a également fait savoir que durant la même période, «11,5 milliards de dinars ont été pris des caisses de la Sécurité sociale et investis dans le secteur de la Santé ainsi que 300 millions de dinars pour indemniser les victimes du 5 Octobre 88 ».

Noureddine Bouderba, qui s’est toujours opposé au fait que les pensions de solidarité, à l’instar de celles délivrées aux gardes communaux et aux enfants de chouhada soient allouées par les caisses de sécurité, a également souligné que le gouvernement a commis une grande erreur en supprimant la retraite sans condition d’âge, ce qui a conduit à une véritable hémorragie dans de nombreux secteurs.  (...)

Source : Reporters

Quand les pauvres paient pour les riches !       

(...) Les salaires en Algérie, regrette Noureddine Bouderba, sont très bas et ne représentent que 28% du PIB contre 50 % voire 75 % pour les pays développés. Par ailleurs, précise-t-il , et ce n'est un secret pour personne, l'impôt sur le revenu des salaires, a, depuis 2011, dépassé l'impôt sur les sociétés et en représente 170 %, aujourd'hui.

L'expert regrette que « l'on annonce une politique de ciblage vers l'extrême pauvreté des subventions dont la finalité est les amoindrir en volume au profit des entrepreneurs ». Pourtant dit-il, la totalité des dépenses des transferts sociaux et de la Sécurité sociale représentent, à peine 14% du PIB, contre plus de 22 % en moyenne, dans les pays de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).

Et de souligner, avec amertume, au même titre que l'ensemble des syndicalistes, le fait que notre pays se prépare à supprimer le soutien aux produits alimentaires de large consommation qui représente, à peine 0,88% du PIB, contre 1,9% en Tunisie. Alors dit-il, que le montant annuel des surfacturations des importations a été évalué, par le ministre en fonction, à 18 milliards de dollars, ce qui représente, à lui seul, 8 fois le montant des subventions.

Et d'ajouter: «si l'on ajoute les impôts non recouvrés, estimés par la Cour des Comptes à 120 milliards de dollars, on aura, avec les économies d'une année, de quoi financer plus de 60 ans de subventions alimentaires». Bouderba dira que le gouvernement œuvre pour que la subvention aille, directement, dans les comptes des catégories sociales démunies «mais nous savons, tous, que le recensement de ces catégories est impossible», dira-t-il.

Et de s'interroger: «comment notre Administration qui n'a pas pu recenser les 5% des riches en Algérie (ceux qui doivent payer l'impôt sur la fortune), sachant que les signes extérieurs de richesse sont identifiables, arrivera-t-elle à recenser les pauvres, notamment, les 50 % qui travaillent dans l'économie informelle et ceux qui ne sont pas déclarés à la Sécurité sociale?»

Source : Le Quotidien d'Oran

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