Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

Omar Belhouchet, directeur du quotidien El Watan. Photo DR

Omar Belhouchet, directeur du quotidien El Watan. Photo DR

Le projet de loi de finances revoit à la baisse le marché publicitaire tout en maintenant le monopole de l'Etat sur l'attribution des pages de pub déplore Omar Belhouchet, le directeur du quotidien El Watan.

Il explique sur Radio M à propos de ce projet de loi des finances : « Il y est, en effet, stipulé que les entreprises  n’ont pas le droit de dépasser 2% de leur chiffre d’affaires global en investissement publicitaire, alors que dans le monde des entreprises consacrent 12 à 13 % de leur chiffre d’affaires en publicité».

«Nous sommes l’un des rares pays au monde où l’on n’aide pas les médias. Le secteur de la presse est le plus lourdement fiscalisé ;  la TVA sur la vente du journal est de 9% alors qu’elle l’est universellement  à taux réduit (1%)», explique-t-il en revenant sur le projet de loi. « La publicité passe de 17% à 19%, alors que les éditeurs versent 1% de la publicité au développement du cinéma alors que la presse est aujourd’hui un secteur sinistré. La publicité internationale que l’on reçoit est, quant à elle, frappée du faramineux taux de  29%. (...)

«Avec toutes ces restrictions financières, le journalisme de qualité tend à disparaitre. Nous sommes réduits à compter nos sous. Il faut lever le système d’exception qui frappe la presse».

Merci mon colonel !

« Le monopole de l’Etat sur ce créneau est une machine de guerre utilisée par les pouvoirs publics pour punir ceux qui ne sont pas sur le droit chemin. Affaiblir l’expression dans notre pays et continuer à sévir», soutient Omar Belhouchet.

A la question de savoir à quoi serait due la baisse des revenus publicitaires, Omar Belhouchet affirme que ce marché est chahuté et brisé par les pouvoirs publics. Selon lui, le chiffre d’affaires du marché publicitaire en Algérie est ridiculement bas.

« Ce chiffre d’affaires est inférieur à celui de la Tunisie ou du Maroc. Il est de 250 millions de dollars alors qu’au royaume chérifien il est d’un milliard de dollars pour un nombre égal d’habitants. Idem pour le pays du jasmin qui affiche 300 millions de dollars pour 11 millions d’habitants.

Ce résultat s’explique par le monopole de l’Etat sur la publicité publique et institutionnelle. La rare publicité qui passe dans quelques journaux est celle orientée vers des titres « privés » crées de toute pièce par les autorités qui tentent de faire croire à une diversité médiatique», assène-t-il. 

« Un colonel s’occupe de la distribution des pages aux médias favoris dans les officines du DRS. L’Etat avec son monopole a cassé le marché de la publicité. C’est antiéconomique, ce n’est ni plus ni moins qu’une opération politique d’étouffement de la presse et de la liberté d’expression», conclut-il.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article