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Publié par Saoudi Abdelaziz

polypropylène.

polypropylène.

Après avoir signé avec la multinationale Total l'accord pour la construction à Arzew d’une usine de déshydrogénation de propane pour le le transformer en plastique polypropylène, le Pdg de Sonatrach annonce pour la fin de l'année la signature d' un contrat de la compagnie algérienne avec des partenaire turques pour  la réalisation d’une unité de propylène en Turquie. On peut parier que d'une manière ou d'une autre Sonatrach est le sous-traitant sur le marché turc du savoir faire de Total...

Sur la dernière décennie, les humains ont produit plus de plastique que durant tout le XXe siècle, estime l’ONU. L'Algérie relaie l'envahissement du monde par le plastique

Ce futur contrat algéro-turc ne va sans doute pas plaire à l'éditorialiste du journal libanais L'Orient Le Jour qui appelle les Libanais à jouer le rôle de l'oiseau colibri face au désastre annoncé.

Alerte au plastique

L’ÉDITO

« L’Orient-Le Jour », 18 octobre 2018

Cela fait près de 95 ans que L’Orient-Le Jour mène sans relâche des combats pour la sauvegarde de certaines valeurs, d’une certaine vision du Liban et de sa place dans la région. Au nombre de ces combats, figurent la préservation de l’environnement et la stigmatisation de toute dégradation de notre richesse écologique.

C’est dans cet esprit que nous entamons aujourd’hui une campagne, étalée sur plusieurs jours, pour dénoncer un fléau qui prend de plus en plus d’ampleur : l’usage démesuré et irréfléchi du plastique dans les faits et gestes de notre vie quotidienne. Une telle campagne nous paraît d’autant plus vitale que le plastique a ceci d’exceptionnel qu’il est passé, en quelques décennies, de symbole de modernité et d’avenir à un fléau environnemental, tant au plan local qu’international.

En Occident, au début des années 60, le plastique paraissait fantastique du fait des avancées technologiques qui avaient permis de faire chuter drastiquement le coût de sa fabrication, ouvrant la voie à une production de masse. Bouteilles de lait, seringues, chaises… Léger, transparent, imperméable, façonnable, le plastique séduisait la ménagère, faisait rêver les industriels, inspirait les artistes.

« Pour la première fois, l’artifice vise au commun, non au rare (…). Le monde entier peut être plastifié », écrivait Roland Barthes dans ses Mythologies.

Il ne croyait pas si bien dire. Entre 1950 et 2015, près de 8,3 milliards de tonnes de plastique ont été produites, selon les chiffres de Science Advances. Aujourd’hui, chaque minute dans le monde, un million de bouteilles en plastique sont vendues. Un chiffre qui devrait croître de 20 % d’ici à la fin de la décennie.

Problème : seules 9 % des 8,3 milliards de tonnes de plastique ont été recyclées et 12 % incinérées. Le reste, 79 % de cette production donc, est passé à l’état de déchets.

Selon une étude publiée dans la revue Science, huit millions de tonnes de plastique finissent, chaque année, dans les océans. Soit 250 kg par seconde. En 2050, non moins de 99 % des oiseaux marins auront ingéré du plastique, selon l’association Cleanseas.

Les dégâts sont colossaux… et la production à la hausse. Sur la dernière décennie, les humains ont produit plus de plastique que durant tout le XXe siècle, estime l’ONU.

Et dans un rapport publié début octobre, l’Agence internationale de l’énergie qualifiait la croissance de la demande de plastique, dans le monde, de « fulgurante ». La demande explose notamment dans les pays émergents qui ont un bon train de retard, en matière de consommation de plastique, sur les pays occidentaux. Aujourd’hui, en Afrique, la consommation de plastique atteint tout juste 4 kg par an et par habitant. Dans les pays occidentaux, elle dépasse 60, voire 80 kg.

Que faire, dès lors, face à cette « plastification du monde »?

Éradiquer totalement le plastique n’est ni possible ni, probablement, souhaitable. Mais limiter la consommation de ce matériau polymère, et surtout des produits en plastique à usage unique, est non seulement indispensable, mais aussi tout à fait réalisable.

Voilà pourquoi nous, à L’Orient-Le Jour, lançons cette campagne contre le plastique. Une campagne qui s’inscrit donc dans la ligne de nos précédents engagements pour la préservation de l’environnement. Il y a quelques mois, nous vous avions montré, images édifiantes à l’appui, les dégâts provoqués par les carrières au Liban.

Aujourd’hui, nous vous donnons les moyens d’agir contre une autre calamité environnementale. Il ne s’agit pas de chambouler votre mode de vie. Mais, tout simplement, de refuser le petit sac que le pharmacien vous donne avec votre boîte de vitamines ; de préciser, quand vous commandez un plat, que vous n’avez pas besoin de couverts en plastique ; de bannir les pailles, gobelets et autres assiettes en plastique; de remplacer ces sacs qui scient les doigts par un grand cabas… Rien de bien sorcier, vous en conviendrez. Et pourtant, ces microchangements d’habitudes auront un impact.

Certains d’entre vous, d’entre nous, pourraient être tentés de baisser les bras avant même de commencer. Étant donné l’état du Liban, de son sol, de son air et de son eau, que va changer l’élimination de quelques pailles ?

Aux sceptiques, à ceux qui ont perdu toute illusion, nous raconterons la légende amérindienne du colibri, rendue célèbre par Pierre Rabhi. Un jour, un terrible incendie ravageait une forêt. Tous les animaux, terrifiés, regardaient les flammes détruire la végétation et se sentaient totalement impuissants. Dans le ciel, seul un minuscule colibri s’activait. Il allait chercher quelques gouttes et les jetait sur le feu. Observant les va-et-vient du colibri, un tatou, irrité, lança à l’oiseau : « Colibri ! Tu n’es pas fou? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre l’incendie ! »

Le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »

Source :  L’Orient-Le Jour 

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