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Publié par Saoudi Abdelaziz

L'historienne, fille de harki

photo DR

L'historien Gilles Manceron relève un "fait notable" dans la récente manifestation officielle sur les harkis en France:

"Parmi les légions d’honneur attribuées, l’une ne l’a pas été à un ancien supplétif, mais à une historienne, fille de harki, Fatima Besnaci-Lancou.

Arrivée en France à l’âge de 8 ans, elle est devenue l’auteure de travaux importants sur cette guerre et ses suites. Sachant par son histoire familiale que des hommes, au sein d’une même fratrie, avaient pu se retrouver, l’un comme supplétif chez les Français et l’autre au maquis, elle a recueilli un grand nombre de récits de femmes et d’hommes de la « première génération », qui, à l’opposé des discours simplistes des adversaires de l’indépendance de l’Algérie, montrent la multiplicité et la complexité des trajectoires personnelles de ces hommes et de ces familles." Le site Histoire coloniale présente les travaux de cette historienne.

Ce que les riches pensent des pauvres

Quatre sociologues, Bruno Cousin, Camila Giorgetti, Jules Naudet et Serge Paugam, ont enquêté sur cette dimension souvent ignorée des rapports de classe. L’analyse comparée dans trois pays – le Brésil, la France et l’Inde – de la manière dont les bourgeoisies construisent une perception des pauvres. Ils ont publié le livre Ce que les riches pensent des pauvres (Le Seuil, 2017). Interview:

"Dans le livre, vous montrez que les riches qui vivent dans des ghettos dorés de São Paulo, New Dehli et Paris ne s’attellent pas seulement à se séparer des pauvres mais également à se démarquer des classes moyennes. On observe cependant des mobilisations de ces catégories supérieures à l’encontre de certains groupes qui semblent représenter une menace pour eux. Comment l’expliquer ? 

Ce qui semble en apparence être une contradiction s’explique en fait simplement par le fait qu’il existe deux dynamiques distinctes dans les processus de regroupement des riches au sein de ce que l’on appelle souvent les « beaux quartiers ». On peut en effet souvent distinguer dans les motivations de l’auto-ségrégation des plus riches, d’une part, ce qui relève de l’agrégation affinitaire et ce que la sociologie appelle « l’homophilie », c’est-à-dire l’attraction pour ses semblables, et d’autre part ce qui relève directement de la répulsion, de la distanciation et de la discrimination à l’égard de groupes considérés comme infréquentables.(...)

Mais cela ne signifie pas pour autant que leurs représentations des pauvres soient neutres ou sans effet. Parallèlement au souci de distinction vis-à-vis des classes moyennes, on observe des pratiques de rejet et de repli, motivées par la crainte et le dégoût des pauvres (...).

Souveraineté numérique

"Au milieu des lamentations que suscite l’inévitable progression du nationalisme et du populisme, on pourrait aisément passer à côté des changements surprenants et salutaires qui se sont opérés dans l’opinion publique au cours des deux dernières années. Bien malgré lui, même Donald Trump peut avoir des effets positifs, écrit Evgeny Morozov dans son dernier article : Souveraineté technologique : le grand réveil. Extraits

"Ce changement d’attitude transparaît notamment dans la manière dont nous appréhendons les dilemmes que soulèvent les mesures prises en matière de nouvelles technologies. L’idée même du « numérique », conçu comme un royaume magique et intouchable capable d’apporter à tous la prospérité grâce à une succession de « disruptions », est dépassée. Les questions épineuses posées par la technologie ne sont plus la prérogative des bobos du magazine Wired ou des conférences TED ; elles sont revenues sur leurs terrains d’origine : le commerce international, le développement économique et la sécurité nationale.

Après avoir fait le tour des évolutions récentes, le spécialiste international du mumérique conclut : "Le ton est monté d’un cran dans les débats actuels sur la technologie, car le « numérique » n’est plus la panacée qu’il représentait autrefois. S’ils semblent moins polis, ces débats ont au moins gagné en réalisme, au sens où les enjeux apparaissent désormais très clairement : il ne s’agit plus d’échanger sur les bienfaits abstraits de la « numérisation », mais d’aborder les risques qu’on encourt si on laisse des puissances étrangères prendre le contrôle de secteurs stratégiques.

Maintenant que la Maison blanche a entériné une cyber-stratégie autorisant son armée à entreprendre des cyber-attaques sans trop de restrictions, la résilience de l’infrastructure nationale numérique ne peut pas être tenue pour acquise. Si Barack Obama n’a pas eu de scrupules apparents à placer le téléphone d’Angela Merkel sur écoute, qui pourrait croire Donald Trump capable de résister à cette tentation ?

Réviser la gestion des eaux

"Avec le changement climatique, une intensification des pluies extrêmes et des crues éclair ?" Quatre chercheurs climatologues et hydrologues font le tour de la question et concluent :

"Nous avons aujourd’hui de fortes certitudes sur l’intensification des pluies au cours des dernières décennies ainsi que sur leur intensification future. Nos infrastructures (barrages, ponts, etc.) ont été conçues et planifiées sur la base de périodes de retour de pluies et de crues extrêmes, en faisant l’hypothèse d’un climat stationnaire. Or cette hypothèse de stationnarité semble intenable dans le contexte actuel. À titre d’exemple, l’ouragan Harvey a provoqué des cumuls de pluies entre le 25 et 28 août 2017 dans la région de Houston, Texas qui correspondent à des périodes de retour supérieures à 1000 ans dans le climat actuel. Pour réduire notre vulnérabilité face à ces aléas, nous devons réviser progressivement le dimensionnement des ouvrages hydrauliques, des infrastructures de gestion des eaux et de défense contre les inondations ainsi que les plans d’aménagement du territoire.

 

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