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Publié par Saoudi Abdelaziz

En 2013, les Indiens Mapuches d'Argentine interdisent leur territoire à la fracturation hydraulique. Photo DR

En 2013, les Indiens Mapuches d'Argentine interdisent leur territoire à la fracturation hydraulique. Photo DR

La mise en exploitation des gisements de gaz de schiste se fera à l'horizon 2025 ou peut être plus tôt, selon les déclarations volontairement floues du Pdg de Sonatrach. En pratique, les choses semblent déjà engagées. Au cours d'une conférence organisée par Sonatrach jeudi à Alger, il a été question des aspects juridiques, techniques et économiques de l'exploitation du gaz non-conventionnel, révèle le quotidien l'Expression qui titre Exploitation du gaz de schiste. L'Algérie en "mode" argentin

"Hors des Etats-Unis, le modèle qui sied le mieux est celui de l'Argentine a indiqué Florent Rousset le directeur régional «Amériques» du cabinet de conseil en énergie «Gaffney, Cline & Associates», au cours de son intervention à cette conférence intitulée «Le potentiel du gaz de schiste algérien: forces, faiblesses, opportunités et risques». «Il y a plus de similitudes pour le cas de l'Algérie avec celui de l'Argentine qu'avec celui des Etats-Unis, c'est la raison pour laquelle nous avons exposé le modèle argentin», a-t-il soutenu.

Quelles sont ces similitudes? "La disponibilité pour les deux pays d'infrastructures (axes routiers, réseau de transport de gaz), des zones de potentiel exploitation peu ou inhabitées et un positionnement géographique, surtout pour l'Algérie, qui leur offre un meilleur accès aux marchés, ont été mis en exergue par le conférencier".

Zones peu habitées?

Inutile de rappeler la levée de masse qui s'est exprimée dans le sud du pays classé par l'expert  comme "zone peu ou inhabitée" , après les manifestations des habitants de In Salah contre les forages engagés par Halliburton. A la même période la communauté indienne des Mapuche se met en mouvement contre YPF (l'équivalent de Sonatrach pour l'Argentine) et Chevron qui commençaient à forer sur la zone de Loma Campana. C'est en en 2013 que la Confédération mapuche de Neuquén, regroupant une soixantaine de communautés indiennes, lance l’occupation de ces champs d’hydrocarbures pour manifester contre l’utilisation de la fracturation hydraulique.

Des dirigeants de compagnies branchés sur le schiste

Sonatrach et YPF ont toutes deux mis en veilleuses les forages en 2014-2015, lorsque la chute du prix du baril avait mis en cause la rentabilité des investissements.

Deux ans plus tard, le président argentin Macri anticipe la remontée du prix du baril en nommant un spécialiste du gaz de schiste à la tête de la compagnie pétrolière publique YPF en juin 2016. Ricardo Darré est un ancien dirigeant de Total aux Etats-Unis.

Six mois plus tard, en janvier 2017, Mauricio Macri signe un accord qui ressuscite l'exploitation de  Vaca Muerta, la formation qui couvre 30 000 km2, mise en veilleuse depuis 2014. Il obtient dans la foulée, grâce à des syndicats maison, la baisse des salaires des pétroliers pour "stimuler les investisseurs".

En Algérie, Abdelaziz Bouteflika suit les traces de son collègue argentin, avec un peu de retard. Il attendra mars 2017 pour nommer à la tête de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, un ancien de Halliburton, grand spécialiste américain des forages de schiste. On se rappelle qu'Halliburton qui forait à In Salah fut chassés par les manifestants. Très rapidement les priorités définies en 2015  sont abandonnées. Le projet de production de  4 050 MW d'électricité photovoltaïques est relégué au fond des tiroirs...

Total en pole position

En Argentine, comme en Algérie, la multinationale Total est désormais en pôle position pour le gaz de schiste. Total avait annoncé, en avril 2017, sa participation accrue à l'exploitation de Vaca Muerta, en portant sa participation au permis de 27,3 % à 41 %.

Argentine, Algérie: Quelles représentativités?

En Algérie il n'existe pas de sondage pour mesurer la manière dont la population juge la politique du président Bouteflika. Mais les Algériens savent sans doute ce qu'ils pensent. En août dernier l’impopularité de Mauricio Macri avait atteint un niveau record: 34 % des Argentins approuvaient son action, contre 66 % en octobre 2017.  Ces derniers mois, un seul dirigeant mondial lui a témoigné sa confiance, en tweetant «Macri fait du très bon boulot». Le compliment émane de Donald Trump.

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