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Publié par Saoudi Abdelaziz

Oxfam international regroupe les communautés luttant contre la pauvreté et les inégaliés. Photo DR

Oxfam international regroupe les communautés luttant contre la pauvreté et les inégaliés. Photo DR

Oxfam établit pour la deuxième année consécutive un classement mondial des États selon leurs actions concrètes pour s’attaquer à l’écart entre riches et pauvres. Cet indice repose sur une nouvelle base d’indicateurs, couvrant désormais 157 pays, qui mesure les actions prises par les États en matière de dépenses sociales, de fiscalité et de droit du travail : trois domaines qui se révèlent essentiels à la réduction de cet écart. Le rapport Oxfam 2018 de l’indice de l’Engagement à la réduction des inégalités (ERI) classe l’Algérie au 80e rang.

Cette seconde édition de l’indice de ERI révèle par exemple que des pays comme la Corée du Sud, la Namibie et l’Uruguay prennent des mesures significatives pour réduire les inégalités. Malheureusement, des pays comme l’Inde et le Nigeria affichent de très mauvais résultats dans l’ensemble, tout comme des pays riches tels que les États-Unis, ce qui témoigne d’un manque d’engagement dans la lutte contre les inégalités.

Selon Winnie Byanyima, directrice générale d’Oxfam International :

« Pour faire simple, les inégalités enlisent les populations dans la pauvreté. Des nourrissons meurent de maladies évitables dans des pays où les budgets de la santé sont privés de financement, alors que le manque à gagner fiscal imputable à l’évasion fiscale s’y élève à plusieurs milliards de dollars. Des femmes vivent avec des salaires de misère et souffrent de la faim, privées des fruits des richesses qu’elles génèrent. Rien de tout cela n’est inéluctable. Les États agissent souvent comme s’ils étaient engagés dans la lutte contre la pauvreté et les inégalités. Cet indice permet de savoir s’ils joignent les actes à la parole. »

L'Oxfam a publié son rapport dont nous mettons en ligne quelques extraits. Nous n'avons trouvé malheureusement aucune analyse sur l'Algérie dans ce rapport, en dehors du classement.

EXTRAITS DU RAPPORT

Inégalités économiques, mainmise des élites et participation politique.

Selon la célèbre expression de Louis Brandeis, juge à la Cour suprême des États-Unis il y a plusieurs décennies: «Nous pouvons ou bien avoir la démocratie, ou bien avoir de grandes richesses concentrées aux mains de quelques-uns, mais pas les deux à la fois.»

À travers le monde, face à l’écart croissant entre les élites et le reste de la société, la classe politique n’a de cesse de restreindre les droits démocratiques et l’espace d’expression de la société civile. Des processus d’élaboration de politiques inclusifs, respectueux des droits et de la voix de chacun, sont importants comme fin en soi, mais aussi pour veiller à adopter les politiques les meilleures.

À l’inverse, des processus d’élaboration des politiques dominés par les élites nuisent à la démocratie et se révèlent produire des politiques qui profitent principalement à ces mêmes élites. Les femmes pauvres et marginalisées, qui peinent à se faire entendre dans les processus politiques, sont souvent les plus durement touchées par la confiscation politique et le rétrécissement de l’espace civique.

Pour le moment, l’indice ERI ne comporte aucune mesure explicite de l’ouverture politique ou la corruption. Bon nombre des pays les moins bien classés se distinguent aussi par un fort degré de corruption et de faibles niveaux de participation politique. Ils sont marqués aussi par une forte mainmise des élites sur le gouvernement, les médias et les entreprises, qui tirent parti de vastes réseaux de favoritisme et de clientélisme.

Bien que l’indice ne mesure pas cet aspect de manière directe, il existe un rapport entre la médiocrité des résultats du gouvernement et les niveaux de corruption et de mauvaise gouvernance. DFI et Oxfam ont l’intention de se pencher de plus près sur ce lien dans les années à venir, éventuellement par l’inclusion d’indicateurs sur la corruption ou la gouvernance et sur la participation, ainsi que sur la participation des femmes

Marche arrière récente dans les pays riches

Le Danemark arrive en tête de notre indice, grâce à la fiscalité élevée et progressive du pays, à des dépenses sociales élevées et à un droit du travail protecteur. Toutefois, les gouvernements récents au Danemark ont fait marche arrière dans chacun de ces trois piliers, de manière plus ou moins marquée, en vue de libéraliser l’économie; des études récentes révèlent que les réformes de ces 15 dernières années ont conduit à un  accroissement rapide des inégalités, avec un bond de près de 20% entre 2005 et 2015.

Les organismes de protection dont s’est dotée l’Allemagne depuis longtemps réduisent considérablement les inégalités. Toutefois, depuis le début des années 1990, la progression des salaires profite surtout à celles et ceux qui gagnent plus, conduisant à une augmentation des inégalités de revenus avant redistribution par l’État. Les réformes fiscales régressives des 20 dernières années ont elles aussi réduit l’impact redistributif des politiques gouvernementales. Tous ces facteurs concourent à un accroissement des inégalités

La France commence à chuter dans le classement à la suite de la réforme fiscale de 2017 qui a baissé le taux d’impôt sur les sociétés de 33% à 28%. D’autres coupes suivront bientôt jusqu’à ce que ce taux soit ramené à 25% en 2022.

Avec la suppression de l’impôt sur la fortune (ISF) et l’augmentation d’impôts régressifs, cette réforme fiscale en France illustre la tendance mondiale à opter pour des systèmes fiscaux plus régressifs. Ce point sera analysé plus en profondeur dans la prochaine édition de l’indice,une fois que les conséquences sur les recettes fiscales se feront sentir. De la même manière en Amérique latine, des gouvernements récemment élus ne sont pas aussi engagés que leurs prédécesseurs en matière de réduction des inégalités et prennent même (dans certains cas) des dispositions visant à contrer les politiques progressistes.

Cela dit, la majorité des données qui ont été recueillies pour l’indice sont récentes et issues des budgets nationaux: l’indice peut donc être actualisé tous les ans, le classement des pays évoluant en fonction de leurs changements de politiques. Si un pays prévoit dans son budget l’augmentation du salaire minimum ou des dépenses dans l’éducation, son indice ERI augmentera. Sur la durée, cette méthode permet de mieux évaluer l’engagement concret des gouvernements.

Israël

Ces chiffres portent sur le budget national, la fiscalité, les conditions de travail et l’égalité hommes-femmes en Israël, ainsi que les lois en la matière que le gouvernement d’Israël applique à ses citoyennes et citoyens. Cependant, il est à noter qu’Israël est le pouvoir occupant du Territoire palestinien occupé. En tant que tel, Israël exerce un contrôle à plusieurs niveaux sur la population palestinienne occupée. Par exemple, les personnes sous

contrôle israélien complet dans la Zone C de la Cisjordanie ne sont pas protégées par le droit du travail israélien, contrairement à la population des colonies israéliennes installées illégalement dans le même secteur géographique. Les principaux facteurs d’inégalité et d’injustice pour les Palestiniennes et Palestiniens de ce territoire sont l’occupation prolongée, les conflits récurrents et le déni systématique et continu des droits de la population palestinienne.

Bien que l’indice mesure l’équité de l’imposition, les niveaux de dépenses sociales et les conditions de travail, il n’est pas conçu pour prendre en compte des éléments liés à une situation d’occupation militaire. Les résultats de l’indice ERI d’Oxfam concernant le contrôle exercé par Israël sur le Territoire palestinien occupé doivent être interprétés à la lumière de ces éléments.

Territoire palestinien occupé

Ces chiffres font référence aux régions du Territoire palestinien occupé (TPO) qui dépendent de la juridiction de l’Autorité nationale palestinienne (ANP). Le TPO fait référence au territoire occupé par Israël depuis la guerre de 1967, à savoir la bande de Gaza et la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est. Le Territoire palestinien occupé est reconnu comme entité territoriale en vertu du droit international. Les principaux moteurs des inégalités et de

l’injustice pour les Palestiniennes et Palestiniens de ce territoire sont l’occupation prolongée, les conflits récurrents et le déni systématique et continu des droits de la population palestinienne. Bien que l’indice mesure l’équité de l’imposition, les niveaux de dépenses sociales et les conditions de travail, il n’est pas conçu pour prendre en compte

des éléments liés à une situation d’occupation militaire. Il convient d’observer que l’Autorité nationale palestinienne et l’économie palestinienne restent lourdement entravées par l’occupation actuelle. L’imposition dans le Territoire palestinien occupé est sujette aux Accords d’Oslo (Protocole sur les relations économiques ou Protocole de Paris) et l’Autorité nationale palestinienne ne détermine pas pleinement les politiques fiscales puisqu’elles dépendent de l’imposition indirecte, dont la majorité est collectée par la puissance occupante et transférée à l’Autorité nationale palestinienne. Cette dernière a en revanche toujours le pouvoir de prélever et de collecter les impôts directs sous son autorité. Les partenaires d’Oxfam cherchent par ailleurs à l’encourager à s’attaquer aux problèmes d’inégalités

fiscales le cas échéant, en dépit des contraintes susmentionnées. Les résultats de l’indice ERI d’Oxfam pour le Territoire palestinien occupé doivent être interprétés à la lumière de ces éléments

Source : Oxfam International

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