Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

Le présidentialisme, voilà l’ennemi!

Evoquant "ces éphémères rénovateurs" qui, prétendaient en soutenant la candidature de Macron "dégager le vieux monde politique" Edwy Plenel écrit aujourd'hui dans Mediapart sous le titre Le présidentialisme, voilà l’ennemi:

 

"Les voici aujourd’hui ravalés au rang d’un monde encore plus vieux que le précédent, ajoutant l’incompétence à la courtisanerie au point de perdre le sens de l’État, de sa tenue et de sa rigueur, de son exigence et de sa morale.

De génération en génération, la même malédiction se reproduit : ils ont beau avoir appris, à leurs dépens, que la clé de voûte du système est la clé de sa corruption, ils préfèrent le conquérir en l’état en se disant qu’il sera bien temps de le réformer. La tentation est trop forte : depuis soixante années qu’existe ce système organiquement déséquilibré, tous les présidents qui se sont succédé n’ont cessé d’envahir tous les autres pouvoirs, de les asservir ou de les conquérir, de les réduire ou de les annexer.

Un tel pouvoir, si peu limité et partagé, est un pousse-au-crime. Ceux qui y cèdent se font complices d’une République discréditée et désaffectée, tant, aux yeux de ses citoyens, elle est devenue principauté de l’irresponsabilité, de l’entre-soi et de l’entregent. Surtout, ils se font présomptueux, oubliant que ces institutions sont plus fortes qu’eux puisqu’ils se sont privés, par leur pusillanimité et leurs renoncements, du seul levier disponible : la force du peuple. D’un peuple constituant, mis en branle et au travail pour réinventer son bien commun, la démocratie."

Les aveux de Martin Luther King

Depuis la prison de Birmingham où il était emprisonné pour la treizième fois Martin Luther King disait :

« Tout d'abord je dois vous avouer que, ces dernières années, j'ai été gravement déçu par les Blancs modérés. J'en suis presque arrivé à la conclusion regrettable que le grand obstacle opposé aux Noirs en lutte pour leur liberté, ce n'est pas le membre du Conseil des citoyens blancs ni celui du Ku Klux Klan, mais le Blanc modéré qui est plus attaché à “l'ordre” qu'à la justice; qui préfère une paix négative issue d'une absence de tensions, à la paix positive issue d'une victoire de la justice; qui répète constamment: “Je suis d'accord avec vous sur les objectifs, mais je ne peux approuver vos méthodes d'action directe”; qui croit pouvoir fixer, en bon paternaliste, un calendrier pour la libération d'un autre homme; qui cultive le mythe du “temps-qui-travaille-pour-vous” et conseille constamment au Noir d'attendre “un moment plus opportun”.

La compréhension superficielle des gens de bonne volonté est plus frustrante que l'incompréhension totale des gens mal intentionnés. Une acceptation tiède est plus irritante qu'un refus pur et simple. »

Moshé Dayan comprenait la haine...

Shlomo Sand rapporte un discours funèbre, célèbre en Israël, de Moshé Dayan prononcé en 1956  au kibboutz Nahal Oz, implanté juste en face de Gaza :

« S’il vous plaît, n’injurions pas aujourd’hui les meurtriers. Qui sommes-nous pour nous étonner de leur haine violente à notre égard ? Cela fait huit ans qu’ils sont regroupés dans les camps de réfugiés à Gaza, avec sous leurs yeux, le fait que nous avons récupéré la terre et les villages où eux-mêmes et leurs aïeux ont vécu… Nous sommes une génération de colons, et sans casques ni canons nous ne pourrions pas planter un arbre ni construire une maison. »

Shlmo Sand commente : "Dayan était un adepte de la force, au plus mauvais sens du terme, mais il était moins hypocrite que la plupart des dirigeants et des habitants d’Israel passés et présents. En tant que chef du Commandement sud de l’armée, de 1948 à 1950, (...) Dayan connaissait parfaitement les raisons de la frustration et de l’hostilité des Palestiniens, et il n’a pas éprouvé le besoin d’inventer un récit mystificateur et justificateur. L’éloge funèbre qu’il a prononcé huit ans après la Nakba, n’a rien perdu de sa pertinence, soixante-dix ans plus tard" (Source : Le blog de Shlomo Sand)

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article