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Publié par Saoudi Abdelaziz

Les crèches qui répondent aux normes sont rares. Photo DR

Les crèches qui répondent aux normes sont rares. Photo DR

Comment garder l'enfant dans de bonnes conditions lorsque la maman travaille ? La présidence et ses gouvernements n'ont pas intégré dans leurs programmes ce besoin né de l'intégration des femmes dans le monde du travail. Depuis de nombreuses années, les journalistes ont alerté sur les carences sans que cela débouche sur une mise en mouvement sérieuse des pouvoirs publics, qui semblent abandonner ce secteur au règne de l'argent facile.

"Plusieurs crèches à travers le pays menacées de fermeture, ne répondant pas aux normes d'hygiène et de sécurité titrait déjà en septembre 2011, le journal La Tribune , aujourd'hui défunt. Amel Bouakba écrivait dans son reportage : "Trouver une bonne crèche à Alger ou dans une autre ville du pays n'est pas évident. Une grande partie de ces établissements ne répondent pas aux normes requises en matière de sécurité et d'hygiène. Sans parler des moyens pédagogiques et de la qualité de l'encadrement qui y font le plus souvent défaut. Certaines crèches n'ont même pas d'agrément et activent dans l'illégalité."

Après les premières initiatives de remise en ordre, allons-nous assister à la mobilisation permanente des wali et autres pouvoirs publics?

Sept ans plus tard, sous le titre "Non-respect des normes, tarifs élevés et surcharge des crèches. Les "orphelins" de midi". Nadia Benakli constatera  en septembre 2018 dans l'Expression: "Des garages et des caves sont transformés en centres d'accueil. Pis encore, des appartements étroits sont exploités comme des crèches. Peu importe, l'essentiel c'est de monter son affaire".

En cette fin de 2018, avec l'accroissement de la demande, cette tendance semble s'être aggravée, selon un reportage à Oran: "L’ouverture de ce genre d’établissements est devenu un commerce fort juteux. Une situation qui a ouvert une brèche à toutes les anomalies possibles".

 

Oran : Des crèches activent dans des garages insalubres

Par RO, 19 octobre 2018

A Oran, le nombre des femmes qui travaillent ne cesse d’augmenter et pour pouvoir vaquer à leurs activités professionnelles, nombreuses sont celles qui déposent quotidiennement leur progéniture dans des garderies. C’est ainsi que l’ouverture de ce genre d’établissements est devenu un commerce fort juteux.

Une situation qui a ouvert une brèche à toutes les anomalies possibles. «On a tout le temps affaire à des structures d’accueil qui ne répondent pas aux normes minimums», dira Mme Sebou, chef de service des établissements spécialisés auprès de la direction de l’action sociale de la wilaya d’Oran. Tous les moyens s’avèrent bons, l’essentiel c’est de monter son affaire.

Certains gérants accueillent les enfants, parfois dans des conditions pas du tout convenables. Ils n’hésitent pas à transformer des garages et des caves insalubres en centres d’accueil. Pis encore, des appartements exigus sont exploités comme des crèches !

Notre interlocutrice n’a pas manqué de pointer un doigt accusateur envers certaines associations qui, «sous couvert d’autres activités, transforment leurs locaux, en général des garages ou des petits locaux situés sous des immeubles, en garderies». «Ne disposant pas de l’agrément des services de la DAS, ces associations n’offrent pas les conditions d’accueil permettant l’épanouissement des enfants.

Pour l’année en cours, une trentaine de garderies ouvertes dans des endroits non adéquats, qui travaillent au noir et dans des conditions non conformes dans leur majorité, ont été recensés». Les dossiers de quelques-unes de ces «garderies» ont été transférés à la justice.

Les agréments d’ouverture des crèches ne sont délivrés qu’à des demandeurs justifiant de diplômes liés aux secteurs de la santé ou du social, tels que des médecins, des psychologues ou encore des assistants sociaux. La wilaya d’Oran compte 312 crèches. Pas moins de 10% d’entre elles activent illégalement. Celles qui détenaient un agrément ne répondaient pas forcément aux normes en matière d’hygiène et d’espace.

Mme Sebou a tenu à préciser que «pour les crèches réglementaires, les dépassements sont liés au non-respect de la tranche d’âge autorisée dans l’agrément, le non-respect de la capacité d’accueil, l’embauche d’éducatrices non-qualifiées et qui n’ont reçu aucune formation spécifique. A cela s’ajoutent l’exiguïté de l’espace réservé aux enfants, le non-respect du programme pédagogique pour les enfants de plus de 3 ans, le mobilier qui laisse à désirer, etc.».

Normes bafouées

«Cette anarchie est due à l’insuffisance des crèches face à une demande sans cesse croissante. Une cinquantaine d’agréments d’ouverture de crèches et de garderies ont été délivrés par la direction de l’action sociale cette année. Aussi, une quarantaine de demandes sont toujours en cours d’étude», a conclu notre source.

L’aménagement des garages ou autres locaux dans plusieurs cités de la ville d’Oran et sa périphérie est réel et a pris de l’ampleur ces dernières années depuis la construction de plusieurs nouveaux ensembles immobiliers, notamment à Haï Sabah au niveau des sites Yasmine 1 et 2 ainsi qu’à Haï Es Salam.

De l’avis de certains riverains ainsi que des parents d’enfants allant à la crèche, rencontrés à Haï Yasmine 2 devant l’école primaire Latreche Mohamed, au vu de tous les garages aménagés en garderie sans aucune autorisation d’exercice dûment délivrée par la DAS après l’autorisation délivrée par la commission de wilaya.

Selon la responsable de ce service, tous les trois mois, des commissions techniques effectuent des tournées de contrôle pour veiller à l’application de la réglementation en vigueur et surtout au cahier des charges.

Des garages, qui ont été transformés en garderies, surtout à Haï Yasmine et Haï Es Salam, sont implantés dans des sites à forte densité de population et ne répondent pas aux normes de sécurité. Pour le gardiennage de 8h à 16h, les parents s’acquittent chaque mois entre 3000 et 4000 DA sans aucune commodité sur le plan de l’hygiène et autres.

Depuis qu’une opération de ronde a été effectuée par la police, deux garderies «clandestines» ont été fermées et leurs gérants poursuivis en justice. Selon la DAS, rien que pour les neuf mois de cette année, il a été proposé à la fermeture 13 structures pour manquement à la réglementation.

Source : El Watan

 

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