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Publié par Saoudi Abdelaziz

La rentrée scolaire à Illizi. Photo DR

La rentrée scolaire à Illizi. Photo DR

 

la correspondante d'El Watan Houria Alioua rapporte ce matin : «Chaque rentrée, les classes se transforment en de vraies cocottes sous pression», note un des innombrables rapports circonstanciés envoyés au ministère de l’Education quasiment chaque année par la Fédération des associations des parents d’élèves de la wilaya de Ouargla, qui monte régulièrement au créneau pour dénoncer «la faiblesse des moyens de climatisation dans des classes en surcharge, comprenant 35 élèves au minimum et plus de 50 pour la plupart, et où les enfants passent un moment difficile même en matinée».

"Dans la classe où a été donné le premier cours de l’année, il faisait 44°C le matin, et malgré les deux climatiseurs en marche, nous suffoquions", confie ce matin, le président de la Fédération des parents d’élèves de la wilaya de Ouargla. Les parents sont alors obligés d'imposer leur rythme: les cours prennent fin à midi. Maamri Ammar déplore : " Nos enfants auront à subir cette canicule jusqu’au mois d’octobre. Elle est insoutenable autant à l’intérieur qu’à l’extérieur. La question de la réorganisation du calendrier scolaire est au point mort". Il explique :  "Nos efforts ont été laminés par l’actuelle présidente de la Fédération nationale, cautionnée par le ministère".

Au début de l'année le député FFS Chafai Bouaïche avait révélé que Djamila Khiar, la dite présidente, qui brandit habituellement avec zèle le "programme du président Bouteflika", n’a aucun enfant scolarisé en Algérie, toute sa progéniture résidant en France.

 

Maamri Ammar. Président de la Fédération des parents d’élèves de la wilaya de Ouargla :

Il faut instaurer un mécanisme de prise de décision et de validation locale pour avancer sur ce sujet

Interview par Houria Alioua, 7 septembre 2018

EXTRAIT

Comment expliquez-vous qu’aucun consensus n’ait été obtenu par rapport à cette revendication principale ?

Photo DR

Maamri Ammar. Personne ne veut en prendre la responsabilité. Après plusieurs rounds de discussion en tripartite, regroupant l’administration, les syndicats d’enseignants et les associations de parents d’élèves, nous étions partis sur la piste d’un consensus des parents d’élèves d’abord.

A Ouargla, nous étions les pionniers de cette démarche et pour nous l’adoption d’un rythme scolaire en conformité avec la réalité du terrain est la clé de voute de toute tentative d’amélioration des rendements et résultats scolaires dans le Sud. Nos efforts ont été laminés par l’actuelle présidente de la Fédération nationale, cautionnée par le ministère, et qui n’a rien à voir avec les problèmes des élèves et de leurs parents.

Le changement de calendrier pour le Sud n’a jamais été la priorité du ministère et toutes nos tentatives de changer la donne n’ont pas abouti malgré des rapports circonstanciés et des propositions claires et peu couteuses, mais qui peuvent métamorphoser le paysage scolaire au sud du pays.

Vous voulez dire qu’il n’existe pas de mécanisme d’adoption de vos résolutions ? Que les dizaines de réunions organisées aux échelons local, régional et national n’ont servi à rien ?

Ecoutez, d’un point de vue réglementaire, c’est l’administration qui organise les rencontres et convie les différentes parties concernées. Notre fédération a toujours répondu présente et participé au débat avec des solutions à la clé, les syndicats d’enseignants nous ont rejoint depuis plusieurs années sur ce volet purement pédagogique, et le consensus sur ce sujet est atteint.

Nous l’avons exprimé à maintes reprises et demandé à ce qu’une consultation régionale se fasse rapidement pour mettre en place un système qui réponde au mieux aux besoins. Avec feu l’ancien président de la Fédération nationale des associations de parents d’élèves, nous étions arrivés à une démarche des régionalisations, c’est-à-dire que nous devions créer une fédération des associations de parents d’élèves de la région sud qui porterait ce projet et aboutirait à un consensus pour l’ensemble des wilayas du Sud. Je vous parle de 2016, et depuis de l’eau a coulé sous les ponts.

Et la solution donc ? Pourquoi ne pas profiter de la rentrée scolaire pour soulever de nouveau ce problème ?

Vous savez comme moi que le coup d’envoi de la rentrée est un acte purement protocolaire et qu’il prend beaucoup de temps et de mobilisation. Ce sujet est soulevé dans toutes nos réunions, nos rencontres formelles et informelles, nous sommes allés jusqu’à faire des simulations au M3 des classes scolaires pour proposer des solutions aux insuffisances de la climatisation.

Nous sommes prêts à porter au sommet de l’Etat ce projet de refonte, mais il faut qu’un mécanisme de prise de décision soit mis en place pour valider ces décisions, en concertation avec les autorités locales de chaque wilaya concernée. Or, ce rouage n’existe pas et il ne tient qu’aux directeurs de l’éducation respectifs de sortir de leur carcan administratif pour appréhender le sujet comme un plus à leur gestion et les choses iront bien.

Source : El Watan

 

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