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Publié par Saoudi Abdelaziz

En septembre 2017, à l'assemblée populaire nationale. Photo DR

En septembre 2017, à l'assemblée populaire nationale. Photo DR

Par Madjid Makedhi, 6 septembre 2018

La présidentielle d’avril 2019 provoque une sérieuse division au sein de la classe politique nationale. Face à l’offensive des partisans du 5e mandat du président Bouteflika, l’opposition réagit et dénonce des manœuvres indécentes, menées en exploitant des moyens et des institutions de l’Etat.

En effet, les partis et organisations qui appellent le chef de l’Etat à rester au pouvoir à vie, dont le FCE qui s’est joint à la campagne depuis hier, n’hésitent plus à exploiter les médias lourds publics et parapublics ainsi que les institutions officielles pour faire le pressing en faveur du 5e mandat.

Après le siège du Premier ministère, qui a accueilli une rencontre de deux chefs de parti, en l’occurrence Djamel Ould Abbès (FLN) et Ahmed Ouyahia (RND), pour appeler à une nouvelle mandature du président Bouteflika, le Parlement a été aussi utilisé par des responsables de ces mêmes formations pour le même objectif. Le président de l’Assemblée populaire nationale (APN), Saïd Bouhedja, et celui du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah, n’ont fait preuve d’aucune réserve en appelant, au nom de tous les parlementaires siégeant dans ces deux Chambres, le chef de l’Etat à «continuer sa mission».

Les présidents des deux Chambres du Parlement ne se sont pas contentés de faire les louanges habituelles «des réalisations du président Bouteflika», mais ils se sont même permis de répondre aux initiatives des partis de l’opposition, qui les gênent visiblement. Une attitude qui suscite la colère de l’opposition.

En effet, le Parti des travailleurs (PT) a qualifié l’intervention du président de l’APN, Saïd Bouhedja, à l’occasion de l’ouverture de la session 2018-2019 de l’Assemblée, de «dérive politique». «L’utilisation partisane du perchoir de l’APN par le président de l’instance législative plurielle, faut-il le rappeler, est une dérive politique en nette contradiction avec la Constitution révisée en 2016, qui d’ailleurs est censée octroyer plus de prérogatives à l’opposition parlementaire», condamne le secrétariat du bureau politique du PT dans un communiqué rendu public hier.

«L’urgence d’aller vers un renouveau politique»

Pour la formation que préside Louisa Hanoune, le président de la Chambre basse du Parlement, «a outrepassé ses prérogatives et a usurpé celles du président de la République à qui est adressée la lettre du PT, signée par des centaines de milliers d’Algériens». «Ces éléments intervenus lors de l’ouverture de la session parlementaire 2018-2019 confirment la justesse et l’urgence d’aller vers le renouveau politique et institutionnel par les moyens de la démocratie», explique la direction du PT, en défendant son appel à une assemblée constituante.

Avant-hier, le mouvement Mouwatana (citoyenneté) a violemment taclé les présidents des deux Chambres du Parlement, qui «défendent un système basé sur la personnification du pouvoir». La coordinatrice du mouvement, Zoubida Assoul, affirme que ces deux caciques du système «usent et abusent de la langue de bois, vomie par les Algériens, pour invoquer la situation sécuritaire difficile à nos frontières, inviter au dialogue, appeler à ne pas impliquer les institutions de l’Etat et éviter les manifestations de rue».

«Ce discours vide de tout sens est indigne d’une institution législative qui prétend être indépendante, alors qu’elle est sous l’emprise du pouvoir exécutif», explique-t-elle, en rappelant aux deux responsables «leurs obligations d’exiger la présentation de la déclaration de politique générale du gouvernement qui est une exigence constitutionnelle».

S’exprimant sur le sujet, la députée du RCD, Fetta Sadet, estime que «les déclarations du président de l’APN sont dangereuses, car elles touchent à la Constitution et au principe de la séparation des pouvoirs». «Il a fait campagne pour le président Bouteflika (…). Il a porté atteinte au principe de la démocratie et au choix du peuple», explique-t-elle dans un post sur sa page Facebook.

Ayant boycotté l’ouverture de la session 2018-2019, le FFS a, lui aussi, chargé le Parlement.

«Les Algériens aspirent à un parlement souverain qui exerce son rôle constitutionnel et qui représente le peuple et légifère en son nom. Malheureusement, ce parlement, avec sa majorité factice, est très loin de ces aspirations», avait souligné le parti dans un communiqué rendu public le jour même. 

Source : El Watan

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