Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

Paul Jorion, anthropologue et économiste. Photo DR

Paul Jorion, anthropologue et économiste. Photo DR

"L’armée secrète trie dans les décisions de Trump, pour ne garder que les bonnes comme la dérégulation (ah ! la belle rouge !) ou la baisse des impôts (ah ! la belle bleue !)."

Par Paul Jorion, 6 septembre 2018

Voici donc que vingt-quatre heures à peine après que le Washington Post diffuse en avant-première quelques anecdotes croustillantes quant à la santé mentale – déficiente – et les capacités intellectuelles – réduites – du Président Trump, selon ses collaborateurs les plus proches, anecdotes extraites d’un livre intitulé Fear, à paraître le 11 septembre, soit dans cinq jours, livre de la  plume de Bob Woodward, fameux en raison de la manière dont il couvrit autrefois le scandale du Watergate, scandale qui signa la perte du président Nixon et dont les fins rouages furent communiqués au même Woodward par un haut fonctionnaire dans le rôle de l’informateur masqué.

Voici donc qu’un autre informateur masqué se dresse, porte-parole d’une cinquième colonne au sein-même de l’administration Trump, pour signer, dans le New York Times cette fois, une tribune libre émanant d’une armée secrète inconnue jusqu’ici :

la « Résistance au sein du Gouvernement Trump », dont les objectifs sont de « l’empêcher de mettre en oeuvre certaines parties de son programme et de suivre ses pires inclinations. »

Bigre, voilà qui est sérieux ! Qu’affirme ce combattant de l’ombre – pour ne pas dire « ce héros » ? Que Trump est immoral, incapable de mettre une idée derrière l’autre, l’ami des despotes et l’ennemi des régimes démocratiques – jusque-là rien que du déjà connu – mais que la « Résistance au sein du Gouvernement Trump » veille au grain !

Après avoir écarté la solution trop évidente peut-être qui consistait à mettre en application l’amendement 25 de la Constitution des États-Unis (j’en parlais justement hier) permettant au gouvernement de destituer le président, car complexe d’un point de vue constitutionnel (ah ! la paperasserie !),

l’armée secrète trie dans les décisions de Trump, pour ne garder que les bonnes comme la dérégulation (ah ! la belle rouge !) ou la baisse des impôts (ah ! la belle bleue !).

Ceci corrobore, notez-le, les propos d’un informateur de Woodward expliquant qu’il subtilisait adroitement du bureau de Trump les décrets à signer qui n’étaient pas dans l’intérêt de la nation, lequel président était trop con pour même s’en apercevoir.

J’ignore si cette nouvelle intrigante vous rassure sur l’avenir du monde, mais je sais qui l’appréciera à sa juste valeur : les électeurs du Parti républicain tentés de voter Démocrate aux élections du 6 novembre, car soit ils adorent Trump et voteront d’enthousiasme pour les candidats républicains, soit ils le détestent franchement, comme c’était le cas du regretté John McCain (abondamment cité d’ailleurs – qui l’eut cru ? – par le fier résistant auteur du billet), et ils voteront d’enthousiasme pour les candidats républicains afin de soutenir l’armée de l’ombre luttant (victorieusement selon ses propres dires) au sein-même du gouvernement !

Quelle est l’identité du combattant de l’ombre ? Il s’agit probablement de Mike Pence, le vice-Président, affirment les spécialistes : il n’y a que lui pour utiliser le mot « lodestar » = étoile guidant dans la nuit, présent dans le billet pour qualifier McCain. Vous avez dit « Général Alcazar » ou « Général Tapioca » ? Quoi qu’il en soit : ambiance !

Comment s’appelait-il encore ce résistant, d’une autre trempe, qui nous parlait autrefois des démocraties devenues « sociétés du spectacle » ?

Source : Le blog de Paul Jorion

POST-SCRIPTUM

En toute oligarchie…

Par François leclerc, 7 septembre 2018

Les grandes entreprises américaines devraient consacrer cette année plus de mille milliards de dollars au rachat de leurs propres actions.

Le phénomène n’est pas nouveau, mais il connait une accélération due à l’allégement des taxes décidé par Donald Trump, qui les incite à rapatrier les capitaux parqués dans des pays fiscalement plus accueillants en leur accordant un taux d’imposition préférentiel de 15,5%. 300 milliards de dollars ont ainsi déjà été rapatriés au premier trimestre de cette année, presque un tiers de leurs fonds logés à l’étranger.

De leur point de vue, les grandes entreprises ont deux bonnes raisons de procéder ainsi. Extrêmement profitables, elles croulent sous les bénéfices et ne trouvent pas suffisamment d’investissements répondant aux exigences des investisseurs, qui réclament un rendement de 15% du capital. Et elles soignent ainsi les intérêts de ceux qui sont déjà leurs actionnaires, et de leurs gestionnaires au passage, en faisant monter la valeur de leurs actions.

Texte intégral : Décodages

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article