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Publié par Saoudi Abdelaziz

 Ben M’hidi, joué par Khaled Benaissa, fait un discours dans le film de Bachir Derrais (DR)

Ben M’hidi, joué par Khaled Benaissa, fait un discours dans le film de Bachir Derrais (DR)

Le film « Ben M’hidi » de Bachir Derrais, qui devait sortir ce mois de septembre, est interdit de projection en salles en Algérie par le ministère des Moudjahidine, à travers un mystérieux Centre national d’études et de recherches sur le mouvement national.

 « Ils n’ont pas approuvé le contenu du film et interdisent sa projection dans la version actuelle", explique le réalisateur à  Fayçal Métaoui dans TSA-Algérie.

"Ils ont trouvé qu’il n’y avait pas beaucoup de violence, pas assez de scène de guerre alors que j’ai fait un film politique (...). Ils demandent de refaire le film. Ils m’ont demandé pourquoi j’ai montré les désaccords entre les chefs de la Révolution. J’ai notamment montré les différends entre Abane et Ben Bella, entre Ben M’hidi et Ben Bella, entre les gens de l’intérieur et ceux de l’extérieur. Et j’ai évoqué la guerre de leadership. On m’a reproché de porter atteinte aux symboles de la Révolution. Je n’ai rien inventé. Tout est écrit dans les livres de Khider, de Ferhat Abbas et de Benyoucef Benkhedda ».

«Je ne toucherai pas au plan du film. Je suis un homme libre qui a toujours défendu la liberté d’expression. À la limite, ce que je peux accepter est le visionnage du film par un comité d’historiens indépendants comme Daho Djerbal, Mohamed Harbi ou Benjamin Stora, pas les fonctionnaires du ministère des Moudjahidine. Si ces historiens indépendants me disent d’enlever des choses, je peux vous assurer que j’appliquerai. Cela dit, je rassure les Algériens que le film leur sera montré par tous les moyens. Nous n’allons abandonner cinq ans d’efforts… »

Dans une déclaration faite à El Watan en septembre 2017, Bachir Derrais expliquait déjà franchement sa démarche :

«Ce film n’est pas un produit fait sur commande, ou un film d’occasion. Il a été réalisé minutieusement en se basant sur des faits historiques et des témoignages crédibles. Je n’ai pas fait un film de fiction ou une version officielle, et je ne sais pas les faire»,

«Je me suis basé aussi dans ce film sur l’aspect politique de la Révolution. Car j’ai constaté que les films sur cette partie de l’histoire d’Algérie étaient injustes, on a occulté l’aspect politique de la guerre, de sa genèse et de ses initiateurs. Je veux dire l’élite politique.» 

 

 

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