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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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2 septembre 2018

M. Mourad Zemali, ministre du Travail, de l’emploi et de la sécurité sociale vient emboîter le pas au directeur général de la Caisse nationale de retraite (CNR) pour alerter qui veut l’entendre que cette dernière creuse son déficit pour atteindre 580 milliards de dinars en dépit de la mise en œuvre, début de l’année, de la loi qui relève le départ à la retraite obligatoirement à 60 ans et met fin au départ à la retraite anticipée.

Jusqu’ici il n’apprend rien à l’opinion publique de ce qui leur échappe.

En effet, voilà plusieurs années que les pouvoirs publics lorgnent pour responsabiliser les salariés du manque de cotisation comme s’ils étaient responsables du marasme économique, du nombre important de chômeurs et surtout du taux considérable de défection du secteur public de leur cotisation patronale. Le nouveau dans ses propos, certainement basés sur des chiffres qu’on lui a communiqués est «que ces déséquilibres financiers actuels sont dus aux départs massifs en retraite des travailleurs à l’âge de 60 ans». Et de souligner que "le travailleur peut continuer à travailler jusqu’à l’âge de 65 ».

Le secteur public emploie en 2018 une population active totale de 12.426.000 salariés. Or près de 4.597.620 salariés refusent dans la plupart des cas d’accéder à la demande des travailleurs qui expriment ce vœu de rester. Et ils sont nombreux. Les motifs invoqués sont variés : parfois pour permettre de recruter des jeunes, d’autrefois un simple règlement de comptes pour se débarrasser d’un travailleur gênant.

Si les travailleurs de 60 ans sont la cause de ce déficit, la solution est simple.

Que des instructions soient données à la fonction publique et les entreprises d’Etat pour créer des artifices afin d’inciter les salariés à rester jusqu’à l’âge de 65 ans et le problème est réglé. Il faut par ailleurs signaler que plus de la moitié de la population active algérienne est formée de fonctionnaires et de salariés dans un emploi précaire au secteur privé. Leurs conventions ne leur permettent pas du tout ou assez une prime de départ qui leur assure une vie professionnelle après la retraite. De fait ils considèrent la retraite donc comme une mort sociale. Leur souhait donc est de pousser au maximum l’âge de la retraite. La société algérienne réputée jeune n’a pas encore pensé à formuler ses attentes envers les retraités.

Enfin, peut-on imaginer que les pressions  sociales à l’égard des retraités puissent et ce paradoxalement provoquer un sentiment d’incapacité, d’inutilité et d’exclusion ?

La vraie cause du déficit de la CNR que l’opinion publique a le droit de savoir est l’incapacité et l’impuissance des pouvoirs publics, tous les niveaux compris, de maîtriser le contrôle des entreprises publiques et certaines privées qui encouragent les départs à 60 ans en dopant les salaires par des promotions déguisées pour imposer à la caisse une pension d’un montant qui s’écarte au plus haut de la moyenne.

Pourquoi la vague des "patriotes" admis en retraite figure-t-elle sur les registre de la CNR ?

Ces "patriotes ont bien travaillé avec l’armée, non ? Le fonds spécial de retraite (FSR) continue quant à lui à être alimenté en octroyant des privilèges sans limites aux retraités de l’Etat qui restent actifs au-delà d’une moyenne de 70 ans.

Alors ! Solidarité concitoyenne oblige. Il ne suffit plus de pleurnicher tout le temps mais d'agir pour arrêter ce fléau. Un responsable n’est pas là pour poser le problème mais pour trouver des solutions.

Source : Le Matin

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