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Publié par Saoudi Abdelaziz

ALGERIE. «La continuité» risque de s'accompagner d'une rupture néolibérale franche.

Par Saoudi Abdelaziz, 30 septembre 2018

De larges secteurs de électorat populaire majoritaire, relativement indifférents jusqu'ici aux débats politiques encadrés par le système, commencent à comprendre que la continuité préconisée par la propagande officielle risque de conduire à la rupture néolibérale qui aura des conséquences dramatiques sur leur situation déjà fortement fragilisée.

Certes, le pouvoir se dépense sans compter pour bricoler médiatiquement le bilan des quatre mandats de Bouteflika. Que ce dernier soit candidat ou non, c'est sur ce bilan -et donc celui de la coalition d'intérêts qui l'a accompagné- que sera justifiée l'offre de continuité qui est déjà martelée en prévision des  élections de 2019.

Mais dans le système, derrière cette connivence de façade, les secteurs les plus résolument néolibéraux veulent créer les conditions pour rompre avec ce qui reste des gardes-fous sociaux et souverainistes du bouteflikisme. Ils pensent, avec le FMI et la Banque mondiale, avec l'UE et les Etats-Unis, que cette rupture est venue à maturité.

Les échéanciers sont prêts

 Liés organiquement à différents clans du régimes, les consortium oligarchiques émergent rapidement et modèlent la politique, les médias et les réseaux sociaux. Dans la classe politique présidentielle, les partis néolibéraux qui se sont développé sous le parapluie du DRS et d'El Moudaria , comme le RND et le MPA, l'islamiste TAJ et sans doute une fraction important du MSP situé dans l"opposition sont allergiques au Front populaire préconisé par un FLN. Lequel ne veut pas se défaire de son ancrage "social-populiste" traditionnel. On retrouve cette filiation sociale du FLN dans la consigne donnée par le chef de l'Etat au Conseil des ministres pour la loi des finances : "L'Algérie doit se mobiliser davantage dès à présent pour maintenir et améliorer le niveau de développement humain de la population". "Projet de loi de finances 2018. Les calculs politiciens prennent le dessus" répond le gros titre qui barre ce matin  la une du quotidien Liberté appartenant à l'oligarque Issad Rebrab.

Le Camp de l'ambition nationale

Pour d'autres raisons, la grande masse des habitants, des salariés, des jeunes chômeurs et des agriculteurs ne veulent plus continuer dans  la voie de la dégradation actuelle des conditions de vie et de cette continuité qui bouche les perspectives. Mais, à l'encontre de la sujétion internationale oligarchique au libre échange et au règne des plus riches, ils veulent que soit recréée dans l'action populaire unie la nouvelle ambition nationale consensuelle qui permettra de relancer le développement partagé, refusant la perpétuation du règne de l'argent facile et de l'égoïsme de caste. Et le sous-développement chronique que ces tares entraînent inévitablement.

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