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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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 Le sac, la poche et le siège

Par Slimane Laouari, 19 août

Un sénateur RND vient d’être pris la main dans le sac. Ou plutôt dans la poche d’un autre, parce que le «sac», personne n’y fait plus attention. D’ailleurs, il n’aurait peut-être jamais été attrapé, s’il avait contenu son «activité» là où il n’y a pratiquement plus de risque de se faire démasquer.

Mais on a beau dire, partout où la rapine et la prébende se généralisent, il y a parfois de désagréables surprises pour les acteurs qui, en plus de leur avidité sans limites, se croient tellement intouchables qu’ils ne prennent plus aucune précaution. Mais leur nonchalance dans «la conduite des affaires» ne fait pas que les exposer parfois à la «chute», elle est également un gage de «performance» qui leur ouvre pignon sur rue et attire vers eux les partenaires les plus entreprenants et peut-être bien les plus… généreux.

Tout comme elle renforce chez l’opinion publique la conviction que tout ceci est «normal». Il s’en trouvera même qui diront que 5 millions de dinars, c’est dérisoire dans ce genre de «transaction».

La suite est inévitable, fatale. Sous la forme de la déduction «logique» et perspicace d’abord : quand on met sur la place publique une telle «broutille», c’est toujours pour brouiller les cartes en vue de cacher des affaires autrement plus volumineuses.

Sur le ton des interrogations «spécialisées» ensuite : combien de scandales étouffés pour une affaire révélée ? Y a-t-il vraiment des entrepreneurs susceptibles de livrer ceux qui les soumettent au racket alors que la formule «il n’y a pas de corrompu sans corrupteur» est usée jusqu’à la corde ? La police, consent-elle à entreprendre des souricières du genre de celle qu’elle vient d’organiser pour faire tomber le sénateur RND de Tipasa dont les états de service ne doivent tout de même pas s’arrêter à cette affaire ? Il y a enfin le reste, parce que les mêmes interrogations peuvent être formulées à l’endroit du parti politique pour lequel il est encarté.

Parce qu’on a beau dire que le sénateur véreux a été rapidement viré, la direction du RND n’a rien dit sur l’essentiel, surtout pas que si un parlementaire monnaie ses «interventions», c’est parce que la corruption est organiquement au cœur des institutions de l’Etat et de leur périphérie.

Mieux, c’est- à- dire… pire, il n’y a plus grand monde pour croire qu’il y en a en dehors ! Sinon, le communiqué du parti du… Premier ministre aurait été tout de même un peu plus consistant. Et la chambre parlementaire où siège le sénateur aurait peut-être accéléré la procédure pour lever l’immunité, face au niveau de flagrance du scandale. Et, bien évidemment, ils doivent être rares ceux qui croient à la régularité, voire la sincérité de l’interpellation.

Les accumulations en la matière sont telles que chaque scandale cache forcément d’autres, d’une autre ampleur. En l’occurrence, on est déjà dans la certitude : les quelques mois que prendra la procédure pour la levée de l’immunité parlementaire serviront à ce à quoi ont servi d’autres procédures, les commissions d’enquête en premier. Et par-dessus tout, ce sentiment terre-à-terre que tout se passe «comme d’habitude», parce que monsieur le sénateur sera libre en attendant. Enfin, s’il y a encore quelqu’un pour croire qu’il sera inquiété un jour.

Source : Le Soir d'Algérie
 

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