Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

Enfants de Ouargla, cet été. Photo DR

Enfants de Ouargla, cet été. Photo DR

«Nous n’arrivons pas à imaginer le cheminement logique de la programmation de ce genre de soirées dans des régions comme les nôtres, sous 60°C, vivant une catastrophe écologique dans plusieurs quartiers, ou les besoins en santé, en transport, en eau potable et en assainissement sont tels que toute joie de vivre et de chanter s’en trouve coupée.». «le gouvernement est dans l’obligation d’écouter les doléances des populations locales et de leur conférer un droit de regard voire de veto sur la gestion des affaires de la cité».

A Ouargla, les nouveaux visages de la mobilisation citoyenne réfutent la vision centralisée

Par Houria Alioua, 24 août 2018

Le 26 juillet 2018 au matin, après une campagne virtuelle d’une semaine sur Facebook appelant la population ouarglie à boycotter les deux soirées musicales estivales programmées les 26 et 27 juillet au théâtre en plein air de Ouargla, le débat était au summum entre les pour et les contre quand Riad Souici, un des instigateurs de la campagne, a décidé de frapper fort en diffusant un live à partir du lieu prévu pour les soirées.

Dans cette vidéo de quelques minutes, Riad s’est non seulement montré à visage découvert avec Khaled Hasnaoui, son partenaire dans cette campagne, mais il a aussi filmé le théâtre et le groupe de jeunes venu de Mekhadma et Sokra, les premiers à venir les soutenir.

La vidéo, qui a fait le buzz sur Facebook, explique la situation de la ville, la démarche des jeunes qui voulaient profiter des spots médiatiques à l’occasion de la soirée de Kader Japonais pour passer leur message et envoyer l’ultime appel à la population via Facebook pour se déplacer le 26 juillet au soir au theatre de verdure non par pour chanter et danser mais pour manifester pour le dégel du CHU de Ouargla, de la dernière tranche du tramway, de la réalisation du centre des grands brûlés et la prise en charge des débordements chroniques des eaux d’assainissement.

«Nous n’arrivons pas à imaginer le cheminement logique de la programmation de ce genre de soirées dans des régions comme les nôtres, sous 60°C, vivant une catastrophe écologique dans plusieurs quartiers, ou les besoins en santé, en transport, en eau potable et en assainissement sont tels que toute joie de vivre et de chanter s’en trouve coupée.»

Riad nous parle d’une série de manifestations et sit-in qu’il a coorganisé ou suivi de plein gré, organisés tout au long de l’année 2018 pour réclamer, par exemple, une commission d’enquête sur les vices de réalisation des travaux des nouvelles urgences de l’hôpital Boudiaf ou du centre des grands brûlés suite à la mort dans d’atroces conditions des époux Messaoudi, l’hiver dernier.

Victimes d’un incendie qui a ravagé leur maison et hospitalisés pendant une semaine à Ouargla, ils n’ont pu être évacués vers Douera que dix jours après. Dix jours trop tard, malgré une grande mobilisation citoyenne en leur faveur. Ils ont succombé à leurs brûlures au bout de quelques jours, laissant derrière eux une fillette de 4 ans actuellement prise en charge par un chirurgien de Tizi Ouzou.

Pour Riad, Khaled et leurs camarades venus de tous les quartiers de Ouargla et soutenus pour la première fois par l’élite locale qui s’est alignée sur l’avis de la majorité, même si des voix dissidentes ont appelé à la liberté de conscience, «le gouvernement est dans l’obligation d’écouter les doléances des populations locales et de leur conférer un droit de regard voire de veto sur la gestion des affaires de la cité».

Ce droit de regard devrait passer, selon eux, par des canaux directs entre la société civile et le gouvernement étant donné que les instances locales, qu’elles soient élues ou exécutives, sont mises au bansdes accusés sous prétexte qu’elles n’entendent pas les choses de la même manière que la société civile. Riad estime de surcroît que «le message de la jeunesse de Ouargla est clair et limpide.

Il dit que jeunesse en chômage reste improductive et en dehors des circuits normaux de la société, que les résultats mitigés du mégaprojet centralisé de l’assainissement de Ouargla a prouvé que la société civile qui a relevé des lacunes en temps opportun avait raison, que la société civile de Ouargla n’a cessé d’attirer l’attention du gouvernement sur la divergence entre la réalité du terrain et les rapports de situation communiqués à la fois par l’administration locale et les services de sécurité».

Sur ce, les organisateurs du boycott des soirées musicales estivales estiment que «le 26 juillet fera date et sera désormais fêté comme il se doit, comme la journée du sursaut citoyen à Ouargla.

Source : El Watan

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article