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Publié par Saoudi Abdelaziz

Sit in de jeunes à Ourgla en 2016. Photo DR

Sit in de jeunes à Ourgla en 2016. Photo DR

Par Saoudi Abdelaziz, 2 août 2018

Les progressistes vont-ils encore une fois passer à côté de la question sociale, comme ils l'ont fait au lendemain des événement d'octobre 1988? Pour certains médiacrates, il est inconcevable que le mouvement social fasse annuler des événement artistiques, organisés à grands frais par les pouvoirs publics, alors que le minimum de survie n'est pas assuré par les pouvoirs publics.

De l'eau, de l'électricité!

Des millions de dinars sont investis d'en haut par le gouvernement dans des galas artistiques alors que pas un centime n'est mis dans l'aménagement de simples plans d'eau pour les enfants de Ourgla qui vivent sous 50% à l'ombre et que les pannes répétée de la distribution d'électricité prive de climatiseurs.

Les citoyens n'ont pas eu leur mot à dire sur le choix des priorités d'utilisation de l'argent public.

Pour certains sites électroniques d'information, les mouvements populaires à Ourgla se résument dans le titre de l'article de Abdou Semmar "Des manifestations artistiques annulées à cause des protestations : Où va-t-on comme ça ?" Ajoutant : "les autorités ont déjà annulé une tournée qui devait se dérouler à Ouargla, à cause de la protestation des habitants. Puis, à Oued-Souf, une soirée artistique a été annulée officiellement à cause de la chaleur. Mais il est évident, là aussi, que les autorités avaient peur de la réaction de la population. Ces comportements risquent de pousser vers l’annulation de toutes les manifestations artistiques. Surtout que les autorités semblent reculer à la première secousse !"

"De Ouargla à Tébessa: Ces islamistes qui reprennent la main" surenchère Le Matin. On lit : "Des islamistes toujours en embuscade pour profiter du malheur des jeunes pour opérer des récupérations politiciennes dans l’indifférence absolue des autorités. Et pour détourner l'attention du peuple, on organise des concerts de Rai, puis, on les annule pour satisfaire les gardiens de la morale comme on a annulé le festival de la chanson Amazighe à Bougie. "

Le Matin ne mentionne pas que cette décision a été prise par le maire de Béjaïa, membre du Front des Forces Socialistes (FFS) d'opposition! Le maire l'a annoncé dans une vidéo en expliquanr que le budget alloué à cette activité servira à financer la «récolte des ordures», vitale en cette saison estivale.

L'OPA islamiste sur le social en 1990 : La nature a horreur du vide

On se rappelle ces deux années qui ont suivi la révolte de l'automne 1988 en Algérie. Alors que les milieux progressistes de gauche, au sortir d'une longue clandestinité, s'épuisaient dans la recherche de stratégies et de mode d'organisation adaptés aux nouveaux contextes national et international (marqué par le démantèlement en cours du "Camps socialiste"), les milieux islamistes dans leur diversité mettaient tranquillement la main, sans vraie concurrence, sur les aspirations et revendications sociales des algériens les plus déshérités, s'assurant ainsi une large base de masse pour leurs succès à venir aux élections communales puis législatives.

Face à ces succès islamistes, ce n'est pas la reprise de la question sociale abandonnée. Les "progressistes" avaient plutôt mis à l'honneur la fameuse "lutte idéologique" qui glissera progressivement dans le marais du laïcisme.

Gare aux gros plans vidéos qui empêchent de voir l'essentiel.

La participation de militants d'inspiration religieuse aux mouvements sociaux actuels à Ouargla n'a pas le caractère décisif du début des années 90 où ils étaient quasiment les seuls à animer les mouvements de masse. A Ouargla, un tissu serré d'associations et d'initiatives militante est depuis de nombreuses années centré sur les revendications cruciales diverses communes : emploi, équipements publics de proximité, développement local. Une prière collective, ici ou là, peut-elle occulter ce large mouvement citoyen en développement?

 

POST SCRIPTUM

Houria Alioua (journaliste habitant au Sud):

"Ouargla continue de déchaîner les passions depuis une semaine. Et bien soit, maintenant que l'abcès est crevé, place au débat. Pour tous ceux qui connaissent la région, cette nouvelle manifestation est une continuité de la lutte de ceux qui ont choisi la rue depuis un quart de siècle. N'en déplaise à Hada et aux autres, chacun sa façon de lutter pour une Algérie meilleure. A Ouargla comme à In Salah, c'est le retour dans le giron national que les gens demandent. Ouargla la mal aimée vient de se découvrir des enfants aimants et des intellectuels qui prennent pour la première fois le parti de la rue. Weloveouargla, un slogan qui raisonnera désormais pour dire combien nous chérissons cette Algérie profonde et ce Sahara que nous n'aimons pas comme des touristes. Un sud que nous avons choisi d'habiter et de développer."

Source : Facebook

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