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Publié par Saoudi Abdelaziz

Avec la montée des exigences citoyennes, et la pression constante qui en découle désormais, c'est quasiment la même question existentielle qui revient en boucle. Le logiciel de l'Etat actuel est-il vraiment  formaté pour gérer convenablement l'Algérie et la vie sociale des Algériens? Nous assistons à une l'immense abstention civique, dite incivisme. Désobéissance civique?

Premier constat. En Algérie, en dehors des interventions prises dans l'urgence sous la pression médiatique nationale et internationale, les pouvoirs publics n'impulsent pas, ne contrôlent pas, ne réévaluent pas. Et n'écoutent pas! La dernière épidémie a révélé encore une fois que les pouvoirs publics sont toujours d'abord absents lorsqu'il s'agit de l'environnement quotidien des citoyens.

Carence congénitale

"La campagne nationale pour le nettoyage de l’environnement, lancée aujourd’hui à travers tout le pays, à l’initiative du ministère de l’Environnement et des Énergies renouvelables, devrait constituer un signal déclencheur fort, un signal d’alarme sur l’état de dégradation intolérable de l’environnement et du cadre bâti" annonce ce matin l'éditorial d'El Moudjahid qui ajoute : "L’initiative de Mme Zerouati, qu’il convient de saluer à sa juste valeur, aura indéniablement le mérite de mettre en lumière un paradoxe inacceptable".

Les bons citoyens en Algérie sont donc ceux qui font "preuve de civisme" décrète la ministre. Sans se poser de question sur les raisons pour lesquelles le Algériens refusent de se conformer au civisme version Zerouati.

Surtout pas sur les raisons persistantes désormais incompréhensibles de la carence congénitale de l'Etat algérien qui réussit encore, des décennies après l'indépendance, à mettre à l'écart de la chose publique les bons citoyens en général, et notamment les plus ingénieux.

Chose publique complètement régie par les injonctions d'en haut du pouvoir central qui s'arroge le pouvoir de programmer la vie quotidienne.

L'éditorial d'El Moudjahid insiste : "Cependant, et c’est là où réside le paradoxe, ces objectifs ne peuvent être réalisés en l’absence d’un minimum de civisme du citoyen. Il est alors curieux de constater que ce même citoyen qui se plaint de la dégradation de son cadre de vie est également le premier acteur de cette situation désolante et qui continue de perdurer". Et de conclure : "La culture du civisme n’est pas une politique que l’on décrète, elle se fonde sur chaque petit geste de chacun de nous, pour préserver l’environnement."

Les "petits gestes" de Mme Zerouati et Kamal Daoud

La ministre de l'environnement conclut enfin  : "La culture du civisme n’est pas une politique que l’on décrète, elle se fonde sur chaque petit geste de chacun de nous, pour préserver l’environnement."

Pourtant Les citoyens sont interdits d'intervenir dans la gestion de l'espace public et dans le choix des équipements et des Actions prioritaires. Ils sont privés du pouvoir de gérer de manière autonome les institutions d'immeubles, de lotissements, de cités et de communes qui sont en Algérie placées dans les faits sous la tutelle des dépendances officielles ou partisanes, et autres lobbys occultes.

C'est sur le même "geste simple" préconisée par la ministre que conclut le dernier prêche de Kamal Daoud qui énonce  : "Eviter les sachets en plastique, user des poubelles et pas du pays comme une poubelle, rappeler la vertu des paniers de nos ancêtres, respecter les horaires de ramassages...etc. Des gestes de la quotidienneté. Simples et utiles. Je suis responsable de mes gestes. Je n’ai besoin ni d’un imam, ni d’un policier, ni d’une amende ou d’un enfer pour me le rappeler. Ce n’est pas parce qu’un régime est pourri que je dois l’être aussi".

Vertu : il faudrait en quelque sorte "jouer le jeu" par automatisme. Quand aux "gestes simples" qui libéreraient l'Etat du logiciel périmé qui le fait fonctionner à vide...

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