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Publié par Saoudi Abdelaziz

Sécurité: L'expertise de l'OTAN pour surveiller les frontières algériennes. Ce gros titre barrait hier la une du Quotidien d'Oran. Ghania Oukazi, qui se prévaut habituellement  de la proximité avec les "hauts responsables" algériens affirme d'emblée : "L'Algérie s'imprègne depuis près d'une année de l'expertise de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) pour mettre au point un projet «novateur» à même d'assurer une surveillance et une sécurisation optimales à ses frontières".

 

Après avoir fait le tour des financements otanesque dans divers pays, elle précise : "L'Alliance reconnaît qu'elle finance plus de projets aux pays du Dialogue Méditerranée «parce qu'ils leur sont utiles» et bien moins à ceux de l'Initiative de coopération d'Istanbul «parce qu'ils sont riches». Depuis la guerre de libération, puis l'affaire libyenne de 2011, l'OTAN est l'ennemi. Le tabou semble levé : dans un article intitulé «Un nouveau toit pour la famille OTAN», G.O. décrit avec délectation  le nouveau siège otanesque : «dont la forme évoque deux mains aux doigts entrecroisés»...

Le Maroc aura-t-il une place dans l’«OTAN» arabe voulue par Trump ? titre de son côté le journal électronique marocain Yabiladi.com. Mohammed Jaabouk écrit : "Si pour l’instant, Donald Trump n’a pas encore inscrit le Maroc dans le tour de table de son Alliance stratégique pour le Moyen-Orient (ASMO) une adhésion du royaume pourrait le rapprocher de l’actuelle administration à Washington et des dons des monarchies du Golfe."(...)

Israël pourrait être le 9e membre, non-officiel, de la coalition voulue par Trump. Des considérations politiques et religieuses d’ordre interne empêchent, pour l’instant, l’annonce officielle de la participation de l’armée israélienne dans des opérations militaires aux côtés de pays arabes. Tel-Aviv entretient d’excellentes relations avec la majorité des Etats appelés à prendre part à la MESA. Elle partage, également, avec eux la même méfiance envers l’expansion de l’Iran dans la région.

Quant au Maroc, il n’a pas encore assuré sa place dans le projet du locataire de la Maison blanche. Et pourtant, son adhésion à l’«Alliance stratégique pour le Moyen-Orient», concoctée par Trump, le rapprocherait davantage de Washington et des aides sonnantes financières des pays du CCG.

Des aides ayant enregistré une chute durant les dernières années, suite à la baisse des prix du pétrole. En juin dernier, l’Arabie saoudite, les Emirats et le Koweït avaient accordé un don de 2,5 milliards de dollars à la Jordanie en proie à des protestations sociales, sans compter les pressions de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international sommant Amman de réduire les dépenses publiques...

Pour le Maroc une pareille somme serait la bienvenue alors que les revendications des citoyens sont pressantes. La réalisation de grands projets sociaux annoncés lors du discours du trône du 29 juillet, tels les Programmes Tayssir et RAMED, ou encore le coût du dialogue social, nécessitent des moyens financiers conséquents.

NOTE

 Alliance stratégique pour le Moyen-Orient (ASMO)
 

L’effarant remède Kushner aux problèmes des réfugiés palestiniens

Par Juliette Rech, 6 août 2018. L'Orient Le Jour

Le magazine Foreign Policy a révélé samedi dernier des échanges de courriels entre Jared Kushner, conseiller et gendre du président américain Donald Trump, Jason Greenblatt, représentant spécial du président américain pour les relations internationales, et plusieurs autres diplomates américains actifs sur les dossiers liés au Proche-Orient. « Il est important de poursuivre un effort sincère et honnête pour interrompre les activités de l’Unrwa », écrit le gendre du président dans un e-mail daté du 11 janvier à propos de l’agence de l’ONU supervisant l’assistance humanitaire aux réfugiés palestiniens dans la bande de Gaza, en Cisjordanie, en Jordanie, au Liban et en Syrie. « Cette agence perpétue le statu quo, elle est corrompue, inefficace et n’aide pas à la paix », poursuit-il, avant de poursuivre plus loin : « Notre but ne peut pas être de conserver les choses stables et comme elles sont (…). Parfois vous devez prendre le risque stratégique de casser les choses. » L’argument qui ressort des courriels de Kushner est du type « l’assistanat crée les assistés », ou « soigner un malade le complaît dans sa maladie » : l’Unrwa perpétue le problème des réfugiés en les traitant comme tels.

Novlangue diplomatique

La doctrine Kushner pourrait être résumée par « l’ennemi de la diplomatie est l’immobilisme ». Dans le corpus des e-mails fournis par Foreign Policy, l’adjectif « disruptive », « perturbateur » au sens innovant du terme, est couramment utilisé pour décrire l’attitude à adopter au cours du processus diplomatique. Pour Nathan Stock, ancien directeur du Carter Center’s Israel-Palestine Field Office, interrogé par L’Orient-Le Jour, Washington fait tout le contraire. « L’administration Trump prétend briser des tabous. En réalité, elle ne fait que geler le rapport de forces actuel, et écraser un peu plus les Palestiniens », remarque M. Stock.

Si l’on en croit des rapports d’officiels palestiniens, la révolution diplomatique de Jared Kushner consisterait en une sorte de novlangue : supprimer le mot qui désigne le problème pour faire disparaître le problème. Lors de sa visite en Jordanie, l’émissaire de Donald Trump aurait incité Amman à retirer aux plus de deux millions de Palestiniens habitant sur son sol leur statut de réfugiés. La majorité d’entre eux sont des citoyens jordaniens naturalisés, la Jordanie ayant annexé la Cisjordanie en 1950. Mais environ 140 000, la plupart originaires de Gaza, sont apatrides. Le statut de réfugié est leur seule identité administrative.

« Kushner fait une confusion considérable. Le registre tenu par l’Unrwa comprend les Palestiniens de 1948 et leurs descendants. Il sert au règlement final du conflit : qui indemniser matériellement à défaut de retour. Être recensé comme réfugié palestinien n’empêche pas d’être citoyen jordanien, français, etc. », explique Henri Laurens, professeur d’histoire contemporaine du monde arabe au Collège de France, interrogé par L’OLJ. « Kushner reproche à l’Unrwa d’entretenir une identité palestinienne spécifique. Mais ça n’est pas quelque chose qu’on supprime sur le papier. Les Palestiniens, quand bien même citoyens des pays où ils se trouvent, continuent d’être perçus comme Palestiniens et eux-mêmes se conçoivent comme tels. »

« C’est comme tirer une balle dans le pied d’Israël »

En juin dernier, le négociateur en chef pour l’Autorité palestinienne (AP), Saëb Erakat, déclarait au quotidien israélien Yediot Aharonot que les États-Unis étaient prêts à stopper complètement leur contribution à l’Unrwa, pour rediriger les 300 millions de dollars annuels directement aux gouvernements jordaniens et aux autres « pays hôtes ». « Tout cela pour liquider le problème des réfugiés palestiniens », fustigeait M. Erakat. Deux projets de loi portés par des élus républicains du Congrès consistent à « régler » le problème des réfugiés par un jeu d’écriture.

Le républicain Doug Lamborn du Colorado a présenté un projet de loi proposant d’allouer tous les fonds américains actuellement destinés à l’Unrwa à l’Agence américaine pour le développement international (USaid), un organisme actuellement régi par le Taylor Force Act. Cette disposition réduit drastiquement l’assistance humanitaire à l’Autorité palestinienne jusqu’à que cette dernière renonce à verser des pensions aux familles des terroristes tombés. Un projet similaire du sénateur James Langford suggère un transfert de fonds de l’Unrwa à d’autres agences locales et internationales traitant indistinctement tous les réfugiés.

Les deux textes s’en prennent au caractère héréditaire du statut de réfugiés palestiniens et suggère de reconnaître comme tels uniquement la première génération de 1948. Sur les 700 000 réfugiés originels, seulement quelques dizaines de milliers sont encore en vie. « Les Nations unies devraient fournir une assistance aux Palestiniens de façon qu’il soit clair que l’ONU ne reconnaît pas la grande majorité des Palestiniens actuellement enregistrés par l’Unrwa comme des réfugiés », affirme une première ébauche du projet législatif porté par James Langford.

« Ce pour quoi certains idéologues américains ou israéliens sont très enthousiastes, les militaires israéliens le sont beaucoup moins, pour la simple raison que ce serait une catastrophe sécuritaire. Stopper les activités de l’Unrwa, c’est potentiellement fermer des écoles et jeter des milliers de personnes supplémentaires dans la mouvance jihadiste et islamiste », remarque M. Laurens. « C’est comme tirer une balle dans le pied d’Israël », affirme le professeur.

Source : L'Orient Le Jour

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